LETTRE SYNODALE DES ÉVÊQUES AFRICAINS
235. Lettre synodale des évêques africains bannis en Sardaigne, en 523.
Thrasamond, roi des Vandales, avait exilé en Sardaigne plusieurs évèques africains, parmi lesquels se trouvait saint Fulgence de Ruspe *. La gloire que ces hommes, et surtout ce dernier, s'étaient acquise par leur profond savoir théologique, amena des étrangers à les consulter sur les questions les plus importantes. C'est ce que firent, en particulier, les moines d'origine scythe qui se trouvaient à Constantinople, avec Jean Maxentius à leur tête. Ils écrivirent aux africains au milieu et au sujet de leur lutte contre le semipélagianisme, et contre les écrits de Fauste de Riez qui était déjà 698] décédé 2. Nous avons encore de ce Maxentius un écrit 3, qui adonné lieu au livre de Fulgence intitulé : De incarnatione et gratia Domini nostri Jesu Christi ; une seconde lettre de ce moine, qui a eu des résultats encore plus considérables, n'est pas parvenue jusqu'à nous. En envoyant cette lettre aux évêques de l'Afrique relégués en Sardaigne, les moines scythes leur envoyèrent également les écrits de Fauste de Riez, afin de les réfuter. Fulgence composa trois livres De veritate prœdestinationis et gratise Dei, et sept livres Contra Faustum. Ces derniers ne nous sont pas parvenus, mais les trois premiers se trouvent dans toutes les éditions des œuvres de Fulgence *. Son élève et biographe dit qu'il avait encore en Sardaigne les sept livres contre Fauste, et rapporte qu'il avait recopié en Afrique, après son retour de l'exil (c'est-à-dire après la mort de Thrasamond arrivée le 28 mai 523), les trois livres De ve~ ritate prœdestinationis 5. Cette lettre des moines donna lieu à un
1. Cf. H. Leclercq, L'Afrique chrétienne, in-12, Paris, 1904, t. i, p. 200. (H. L.)
2. Le cardinal Noris a raconté en détail cette lutte dans son Historia pelagiana, lib. II, c. xvm sq.
3. Parmi les œuvres de saint Fulgence, et dans l'appendice aux OEuvres de S. Augustin, dans P. /,., t. xlv, col. 1772.