Deuxième session, le 10 octobre
Lors de la deuxième session qui comme toutes les autres se tint dans l'église de Sainte-Euphémie 2, Dioscore, Juvénal et les
1. Hardouiu, Collcct. concil., I. il, col. 271 sq. ; Mansi, Concil. ampliss. collccl.y l. vi, col. 935 sq.
2. Dans beaucoup de manuscrits on réunit la leconde et la m0 session;
quatre autres évêques dont la déposition avait été prononcée par les commissaires impériaux, n'étaient déjà plus présents *. Les commissaires ouvrirent la session en demandant au concile de faire connaître quelle était la vraie foi 2, pour que l'on pût ramener dans le sentier de l'orthodoxie ceux qui étaient dans l'erreur. Les évêques protestèrent que nul ne pouvait faire un nouveau formulaire de foi (s^6s<7iç) ; on devait s'en tenir à celui qui avait été défini par les Pères. Nul ne devait contrevenir à cette loi. On applaudit les paroles suivantes de Cécropius, évêque de Sébastopol : « Sur la question d'Eutychès, l'archevêque Léon nous a donné un type que nous (c'est-à-dire lui et ses plus proches collègues) avons déjà signé. » Tous les autres évêques s'écrièrent alors : « C'est aussi ce que nous disons, la déclaration donnée par Léon est suffisante; il n'est pas nécessaire d'en faire d'autres concernant la foi. »
Les commissaires impériaux et les sénateurs ne se contentèrent pas de cette réponse, ils revinrent à la charge voulant que chacun des patriarches (oi caiw-ocTct xonpiâoyai Stoix^aewç sxokjtiqç) se joignît à
Tilleraont a prouvé, en donnant les dates chronologiques de chaque session, que l'ordre que nous suivons est bien l'ordre historique (Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, t. xv, not. 45, sur saint Léon, p. 916). Les Bnllerini ont voulu prouver au contraire, en s'appuyant sur Facundus, que ces dates n'étaient pas certaines et étaient d'une origine relativement récente, et que, en fait, notre ne session a été la me et vice versa. Cf. Ballerini, dans S. Léon, Opéra, t. n, col. 502, note. Les actes de la ne session se trouvent dans Mansi, Sacrorum canciliorum nova et amplissima collectio, Florentiœ, 1756, t. vi, col. 938-975; Hardouin, Coll. concil., t. ii, col. 274-310.
1. Les évêques égyptiens en corps firent également défaut; depuis lors ils s'abstinrent de paraître aux séances. (H. L.)
2. Cette demande s'explique sans peine dans les circonstances actuelles. Théodose II avait rendu une loi prescrivant l'adoption du faux concile d'Ephèse. Marcien avait aboli cette loi ; mais il voulait mettre quelque chose à la place. Il comprenait que la grande agitation théologique au sein de laquelle on vivait justifierait une fois de plus l'axiome : on ne supprime que ce qu'on remplace. Quel dogme imposer donc comme le critérium de la foi orthodoxe ? Ce que demandait Marcien aux Pères du concile n'était autre chose que ce que Constantin avait réclamé des Pères de Nicée. Les évêques n'étaient pas moins dans leur rôle, au surlendemain des disputes qui avaient occupé une partie de la première session du 8 octobre, en se refusant à entamer une discussion délicate dans laquelle les intérêts opposés aggraveraient encore les opinions contraires. (H. L.)