‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 30 sur 544 · DEUXIÈME SESSION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SESSION

[440] un ou deux des évêques de son diocèse i pour délibérer ensemble sur la foi. Ils feraient connaître les résultats de ces délibérations, afin qu'on les acceptât partout et qu'ainsi il n'y eût plus de doutes possibles au sujet de la foi ; ou que si, contre toute attente, il se

(trouvait des dissidents, on les connût sans plus tarder. — Les évêques répondirent : « Nous ne donnerons pas de professions de foi écrites, parce que c'est contraire aux règles (aux prescriptions du IIIe concile œcuménique). » Florentius, évêque de Sardes, dit alors, pour essayer de terminer le débat : « Comme il serait impossible à ceux qui sont instruits de rédiger instantanément de nouvelles formules d'accord avec les ordonnances du concile de Nicée et celles du pieux et orthodoxe concile d'Ephèse, conformément à la foi du saint Père Cyrille, du pape Célestin et à la lettre du très saint pape Léon, nous vous prions de nous accorder un plus long délai ; quant à moi, je crois que la lettre de Léon suffit. » Sur la proposition de Cécropius de Sébastopol, on lut les anciens documents dans lesquels la foi traditionnelle était exposée ; et d'abord a) le symbole de Nicée avec l'anathème contre l'hérésie d'Arius. Les évêques répondirent aussitôt: «C'est la foi orthodoxe, à laquelle nous croyons tous, dans laquelle nous avons été baptisés et nous baptisons, c'est ce qu'a enseigné Cyrille, et ce que croit le pape Léon 2. » b) Le symbole de Constantinople fut reçu avec les mêmes acclamations. 6') Vint ensuite le tour de la lettre de saint Cyrille à Nestorius, déjà approuvée au concile d'Ephèse, et de la lettre à Jean d'Antioche. Ces deux documents avaient été déjà lus dans la session de Tavant-veille, parmi les actes du concile de Constantinople. Ces lectures furent accueillies par de chaleureuses acclamations et on passa à la lettre dogmatique du pape Léon à Flavien ; on en lut une traduction grecque sans citations patristiques 3. Après cette lecture, les évêques crièrent: « C'est la foi des Pères, c'est la foi des apôtres ! Nous croyons tous ainsi ; les orthodoxes croient ainsi ! Anathème à celui qui croit autrement ! Pierre

1. Mansi, op. cit., t. vi, col. 953 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 285. Les métropolitains supérieurs des grands districts (des diocèses civils) sont déjà dans ce passade appelés patriarches.

2. Hardouin, op. cit., t. n, col. 286 sq. ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 955.

3. Mansi, op. cit., t. vi, col. 962 sq., et Hardouin, op. cit., t. n, col. 299 sq., donnent, il est vrai, les citations des Pères, mais tout en remarquant qu'elles ne se trouvent pas dans la plupart des manuscrits ; les Ballerini ont prouvé que ces citations n'avaient pas été lues dans cette seconde session.

a parlé par Léon ; c'est renseignement de Cyrille ! C'est la vraie

foi ! Pourquoi n'a-t-on pas lu cela à Éphèse (au Brigandage d'E- [^41]

phèse) ? Dioscore l'a caché 1 ! »

Trois passages de la lettre du pape Léon avaient surpris et paru moins orthodoxes aux évêqnes d'Illyrie et de Palestine2 ; les actes de la ive session nous les font connaître. D'après eux, la lettre établissait dans le Christ une sorte de séparation entre le divin et l'humain, et par conséquent ne s'éloignait pas assez du nestorianisme ; ces passages étaient, a) dans le chapitre m: «Pour expier nos fautes, la nalnre immuable s'est unie avec la nature passible, afin de devenir, comme l'exigeait notre rédemplion, un médiateur entre Dieu et les hommes, étant, d'une part, immortel, et, de l'autre, sujet à la mort. » Pour tranquilliser ces évoques, Aétius, archidiacre de Constantinople, lut un passage de la seconde lettre de Cyrille àNestorius, où ce Père disait à peu près de même : « Comme la chair (l'humanité) du Seigneur est morte pour nous, on dit qu'il est mort; non pas dans ce sens que sa nature divine ait souffert la mort, mais parce que la chair l'a soufferte 3. » b) Ces mêmes évèques réclamèrent contre ce passage du chapitre ive : « Chacune de ces deux formes (natures) fait en union avec l'autre ce qui lui est propre, c'est-à-dire que le Verbe (de Dieu) opère ce qui est du Verbe, et que la chair accomplit ce qui est de la chair. L'une brille par ses miracles, et l'autre est couverte d'opprobres. » Comme pendant à ce passage, Aétius lut une phrase de saint Cyrille extraite de la lettre synodale à Nestorius, qui accompagnait les douze auathèmes. Elle portait : « Certains passages de la sainte Ecriture conviennent très bien à Dieu, et d'autres à l'humanité ; enfin d'autres expressions tiennent le milieu, faisant voir que le Fils de Dieu est Dieu et homme tout ensemble 4. » c) On incrimina égale-

1. Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 306 ; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vi, col. 971.

2. Ces évèques, on s'en souvient, avaient l'avant-veille quitté en masse le parti de Dioscore et s'étaient ralliés au côté gauche. (H. L.)

3. Mansi, op. cit., t. vi, col. 663 ; t. vu, col. 971 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1275 ; t. ii, col. 118, 307.

4. Mansi, op. cit., t. vi, col. 971 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 307. C'est le résumé d'une très longue explication dans Cyrille. Hardouin, op. cit., t. i col. 1290 ; Mansi, op. cit., t. iv, col. 1078. Dans une lettre qu'il écrivit à Acacc de Mélitène, saint Cyrille se servit des mêmes expressions. Mansi, op. cit., t. v, col. 322.

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