‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 294 sur 544 · CONCILES A ARLES, A LERIDA, A VALENCIA EN · texte numérisé non relu

CONCILES A ARLES, A LERIDA, A VALENCIA EN

me, avec une partie de la Gallia Narbonensis i . En outre, il était régentde tout le royaume espagnol des Wisigoths pendant la minorité d'Amalaric En 524, il se tint dans son vaste empire trois conciles: un à Arles, un à Lérida et un troisième àValencia. Le concile d'Arles, souvent appelé le troisième, mais qu'il vaudrait mieux appeler le quatrième des conciles tenus dans cette ville, fut célébré le 6 juin 524 et compta treize évêques et quatre fondés de pouvoirs d'évêques absents 2. Les actes de ce concile, qui sont assez laconi-

1. Gallia christ., t. i, col. 535; Sirmond, Conc. Gallix, t. i, p. 604; Mansi, op. cit., t. vin, p. 632.

2. Sirmond, Conc. Gallix, t. i, col. 207; Coll. regia, t. xi, col. 33 ; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1622-1626 ; Pagi, Critica, ad ann. 524, n. 5 ; Hardouin, Coll. concil., t. ii, col. 1069 ; D. Rivet, Hist. litt. de la France, t. ni, col. 114- 115; Gallia christiana (nova edit.), 1715, t. i, col. 864-865 ; Colcti, Concilia, t. v, col. 763 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vin, col. 625; Gonzalez, Concilia, t. i, p. 203 ; Maassen, Conc. x\i merovingici, p. 35-39. Dans les collections de Crabbe et de Merlin, comme dans Y Hispana, ce concile est désigné sous le titre de Arelatense III. Sirmond ayant été le premier à donner un concile d'Arles relatif à Fauste de Lérins (Conc. Gall., t. i, col. 120) lui donna le titre à' Arelatense III et celui que nous donnons ici prit le titre de Arelatense IV, que lui ont maintenu les collecteurs venus après Sirmond et qui ne se sont pas bornés à suivre la seule collectio hispana. Toutefois, remarque M. Malnory, Saint Césaire, évêque d'Arles, in-8, Paris, 1894, p. vi : « la cote du 1V« concile d'Arles, sous laquelle le concile d'Arles de 524 est inscrit dans les collections modernes, ne se trouve pas dans les plus anciennes, et elle suppose l'authenticité du Ile concile d'Arles qui doit être repoussée. Les souscriptions épiscopales de ce concile portent déjà les signatures des évêques du pays au nord de la Durance, d'où l'on tire la preuve que Théodoric prit possession de ce pays quelque temps avant la bataille de Vézéronce, où succomba Clodomir. Césaire semble n'avoir pas été moins empressé que son souverain à y faire acte d'autorité. Césaire présidait à Agde, mais ce concile est moins complètement sous l'action du primat que les cinq réunions d'Arles (524), de Carpentras (537), Ile d'Orange (529), Ile de Vaison (529), de Marseille (533). Eu égard aux matières discutées, ces conciles se divisent en trois classes. Trois d'entre eux (lre} 2*, 4e) s'occupent de règlements disciplinaires ; un autre (3e) s'occupe d'un point de dogme qui est devenu règle de foi, enfin le 5e est convoqué pour juger un évêque scandaleux. Les décrets des ler^ 2e et 4e conciles s'adressent exclusivement au clergé. Le seul caractère original, fait remarquer M. Malnory, op. cit., p. 133, consiste dans l'attention dont est l'objet le clergé des églises rurales, attention qui dénote le développement considérable pris par le service paroissial en dehors des cités. Le concile de 524 permet de faire cette constatation qui concorde bien avec ce que nous savons de la préoccupation très vive de saint Césaire dans son gouvernement épiscopal : le zèle pour la diffusion des ressources et des pratiques religieuses dans les campagnes. (H. L.)

1062 LIVHE XIII

ques, ne donnent pas les noms des sièges épiscopaux ; mais ils disent que le concile fut présidé par Césaire, qui ne peut être que le célèbre Césaire d'Arles. La préface de ces actes indique que ce concile se tint à l'occasion de la consécration de la basilique de Sainte- Marie à Arles. Afin de rétablir l'ancienne discipline ecclésiastique, le concile rendit quatre canons qui, à proprement parler, ne sont que d'anciennes ordonnances remises en vigueur.

1. Nul ne doit être ordonné diacre s'il n'a vingt-cinq ans, et aucun [704] laïque ne doit être ordonné évêque ou prêtre s'il n'est converti1,

ou s'il n'est âgé de trente ans.

2. Aucun laïque ne doit être ordonné évêque, prêtre ou diacre, s'il n'est converti depuis au moins un an (c'est-à-dire s'il n'a pas fait vœu de continence). Autrefois on demandait un temps plus long, mais aujourd'hui le nombre croissant des églises rend nécessaire un plus grand nombre de clercs 2.

3. Celui qui a été soumis à une pénitence 3, ou qui a été marié deux fois, ou qui a épousé une veuve 4, ne peut devenir ni évêque, ni prêtre, ni diacre. Un évêque qui fait une pareille ordination sera privé de dire la messe pendant un an 5, et s'il la dit, il sera exclu ab omnium fratrum caritate 6. Cf. Corpus juris canonici, dist. LV, c 2.

4. Si, pour échapper à une peine ecclésiastique, un clerc vient à s'enfuir, nul (c'est-à-dire aucun autre évêque) ne doit le recevoir et encore moins le défendre et cela sous peine d'être excommunié 7. Cf. Corpus juris canonici, causa XXI, quaest. v, c. 4.

Gratien, Burchard et d'autres historiens attribuent à ce concile et à plusieurs autres de cette époque d'autres canons rendus par des conciles plus anciens, ou bien qui ne sont pas authentiques 8.

1. Conversio signifie ordinairement l'entrée dans la vie monastique; mais ce mot signifie surtout le vœu de renoncer au monde et de mener une vie ascétique. Conversio est donc synonyme de professio continentiœ . [Can. 22 d'Orange (441) ; can. 2 d'Arles (442-506). Thomassin, op. cit., part, i, 1. II, c. lxviii, n. 1 ; Hinschius, op. cit., t. 1, p. 17, n. 6. (H. L.) ]

Page 1