‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 3 sur 544 · NOMBRE ET LIEU DES SESSIONS · texte numérisé non relu

NOMBRE ET LIEU DES SESSIONS

Beaucoup d'anciens manuscrits ne contiennent que les six premières sessions, qui, traitant de la foi, peuvent seules prétendre, ainsi

idibus. Facundus d'Hermiane croit que ce bouleversement a été fait dans les manuscrits contre la foi des pièces originales et juge que Yactio de Dioscoro fut jointe à Yactio prima. Voici ses paroles : Proplerea quia in actione prima judicatus erat idem Dioscorus episcopatus honore privandus, ut ejus condemnatio proxima sequeretur. Il ajoute : Cseterum non sola dierum prxnotatio verum etiam ténor ipsarum actionum (la 2e et la 3e) cum legitur, docet quod in codicibus tertia (de Dioscore) fuerit secundse prœposita, et c'est peut-être sur cette raison de Facundus que Rusticus et les autres ont rétabli l'ordre ancien. Tillemont a étudié ce point : Que la séance contée pour la seconde lest véritablement, dans Mém. hist. ecclés., t. xv, S. Léon, note xlv : «On remarque, dit-il, qu'il y a des manuscrits qui transposent la seconde session datée du 10 octobre, la mettent après celle du 13 octobre, où Dioscore fut déposé, et en font ainsi la troisième. Dès le temps de Facundus il y avoit quelques copies qui les plaçoient ainsi, et c'est l'ordre que suit Evagre. Le jour où elle fut tenue se lit en effet différemment, y en ayant qui la marquent le 15 d'octobre, d'autres le 14 qui estoit un dimanche. Mais 1° les officiers y citent d'abord ce qui s'estoit fait le 8 d'octobre comme fait dans la séance précédente t*j icpettottat, au lieu que s'ils eussent voulu marquer la première, ils eussent dû dire tyj rcpo-épa, ou plutost r?j upÔTY] ; 2° Liberatus la met la seconde et avant la condamnation de Dioscore ; 3° Facundus mesme reconnoist qu'elle fut tenue le dixième d'octobre ; 4° quoy que l'on puisse contester sur la fin de cette séance, où il semble d'unepart queDioscore estoit déposé, et de l'autre qu'il nel'estoitpas, néanmoins en supposant mesme qu'il ne l'esloit pas, il est aisé de concevoir pourquoi les ecclésiastiques de Gonstantinople en parloient comme d'un homme déposé, puisqu'il avoit esté convaincu dans la première séance d'avoir soutenu l'hérésie d'Eutyche et d'avoir condamné saint Flavien par une injustice toute visible, puisqu'il estoit déjà déposé par le suffrage des officiers et sans doute dans l'opinion publique. Mais qu'après qu'il eust esté déposé par tout le concile et par les évesques d'Illyrie comme par les autres, ces évesques aient osé demander son rétablissement et qu'on l'ait souffert sans le trouver mauvais ; c'est ce qui ne paroist nullement probable. Aussi cette raison a paru convaincante à M.Valois : on assure que l'exemplaire des acémètes dont s'est servi le diacre Rustique, suivoit sur ce point l'ordre de nos éditions. Pour l'autorité d'Évagre, elle est combatue par celle de Libérât, qui suit l'ordre que nous avons aujourd'hui, et Facundus croit que quelques-uns n'avoient joint la troisième à la première que pour avoir de suite toute l'affaire de Dioscore. M. Valois cite un endroit des actes du concile qui semble dire que la séance du 13 octobre estoit la seconde. Je pense qu'il marque celui où Dioscore parlant de la première l'appelle la précédente r/jv upb Taû-rv)ç, et celle du 13 rr,v Seuxépav. Mais c'est qu'il ne s'agissoit alors que de ce qui le regardoit, et point du tout de la seconde, a laquelle il n'avoit pas assisté et où l'on n'avoit proprement rien l'ait qui le regardoit. » Autre difficulté au sujet de Yactio qui contient vingt-sept canons. C'est ordinairement celle qu'on classe comme actio XV suivant le calcul de Liberatus et de Rusticus. Les manuscrits grecs de Saint-Marc à Venise donnent

que nous le verrons plus loin, au caractère d'œcuménicité ; d'autres manuscrits contiennent, dans une vne session, les canons disciplinaires du concile de Chalcédoine ; d'autres enfin, plus complets encore, donnent ce qui a trait aux affaires personnelles et particulières et ce qui fut discuté dans les sessions postérieures. Parmi les manuscrits de cette dernière classe, il y a une grande divergence : les uns contiennent le compte rendu de telle ou telle affaire, les autres, celui de telle ou telle autre ; mais aucun ne renferme toutes les négociations. Nous trouvons un égal désaccord chez les historiens. Evagrius compte quinze sessions {Hist. Ecoles., 1. II, c. xvm) ; Liberatus, qui s'est servi d'un manuscrit alexandrin des actes synodaux, a donné en tout (c. 13) 12 secretaria avec 16 actîones ; ce qui prouve que, comme Evagrius, il a ignoré plusieurs affaires privées qui ont été agitées h ce concile, par exemple au sujet de Photius de Tyr et de Carausus. A la suite du travail

les canons à Yaclio VII. Également un ras. latin que cite Rusticus dans sa note à Yactio XV. Il le désigne sous le nom de Codex Acumitensis et il ajoute : Termini ecclesiastici promulgati a sancta et magna et universali synodo qux Chalcedone collecta est. Codex idem, Actio VII. Un ms. de la bibliothèque capitulaire de Vérone, n. 55, contenant une version de canons faite sur le grec, leur donne ce titre: Acta septimx cognitionis Chalccdoncnsis. Un ms. de Paris et un autre ms. du fonds de la Reine, cité par Baluze, mettent les canons à Yactio VI. Ce qui concorderait avec ce que nous apprend Evagrius, Hist. eccles.f 1. II, c. xlviii, que les canons furent établis, sur l'incitation de l'empereur, pendant Yactio VI. Le pape Pelage II dans sa lettre à Elie et aux évêques d'Istrie, n. xvn, soutient l'attribulion à Yactio VU. In sexla illius actione, dit-il, sanctx fidei professio consummatur : moxque in septima ad institutionem j am fidelium régula canonum figitur ; ulterioribus vero actionibus nihil de causa fidei^ sed sola negotia privala versantur ; quod cum responsales vestri ita esse ambigerent, curx nobis fuit exploratis multis hoc codicibus demonstrare. Une lettre d'Anatolius au pape saint Léon (Epist., M, n. 4) rapporte ce que les actes de Chalcédoine contiennent relativement à la foi dans Yactio VI et continue ainsi : Quoniam vero etiam de aliis rébus oportebatnos considerare, ut tant a synodus omnia videretur agere sine ulla omissione, qux correctionis indigent atqite approbationis tum incanonicis, tum in ecclesiasticis capitibus, etc.

Les autres actiones n'offrent plus de difficultés comparables à celles des actiones II et ///. Les actiones relatives à Photius de Tyr et à Carausus et Dorothée ne se trouvent que dans les mss. grecs, bien qu'elles soient fixées au XIII des kalendes de novembre, jour de Yactio V d'après les mss. ordinaires tandis que le ms. de Saint-Marc de Venise les classe après la dernière actio ; c'est ce que, de son côte, a fait Balsamon, Schol. ad can. 29 Chalcedonensum qui relègue Yactio de Photio par ces mots in finem quartx synodi. Même disposition dans deux mss. grecs anciens, n. 831, 1138. (H. L.)

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