DEUXIÈME SESSION
r4421 ment ce passage du chapitre ive : « Quoiqu'il n'y ait dans le Christ qu'une seule personne Dieu et homme, les humiliations et la magnificence communes aux deux natures ont cependant une origine différente ; il a de nous l'humanité, qui est inférieure au Père, et il a du Père la divinité, qui est égale au Père. » Théodoret fit alors remarquer que saint Cyrille s'était exprimé d'une manière analogue, et il récita ce passage : « Il est devenu homme, et sa manière d'être n'a pas changé ; mais il est resté ce qu'il était ; il est constamment conçu comme étant l'Unique, habitant dans un autre, c'est-à-dire la nature divine dans l'humanité1. »
Les commissaires impériaux et le sénat demandèrent alors : « Quelqu'un a-t-il encore des doutes? » Les évêques répondirent: « Personne n'en a. » Cependant les évêques de l'Illyrie ne parurent pas satisfaits : l'un d'eux, Atticus, évoque de Nicopolis en Epire, demanda quelques jours de délai pour permettre aux évêques de bien réfléchir à cette affaire et de bien disposer les choses. Ils réclamèrent encore que, comme on avait lu la lettre du pape Léon à l'archevêque Flavien, on voulût bien aussi leur communiquer un exemplaire de la lettre de Cyrille à Nestorius, à la suite de laquelle se trouvaient les douze anathèmes, afin qu'ils pusseut se préparer à la discussion. Les autres évêques s'émurent: « Si nous devons avoir un délai, nous demandons que tous les évêques assistent à la délibération demandée. » Les commissaires impériaux et les sénateurs, entrant dans cette pensée, déclarèrent l'ajournement de la réunion à cinq jours ; pendant ce délai les évêques devaient se réunir chez Anatole de Constantinople, pour s'y occuper de la foi, afin que ceux qui doutaient encore fussent convertis. Les commissaires furent soudain interrompus par ce cri des évêques : te Aucun de nous ne doute, nous avons déjà signé (tous cependant n'avaient pas signé). » Les commissaires reprirent: « Il n'est pas nécessaire que tous se réunissent ; mais Anatole peut choisir parmi ceux qui ont déjà signé la lettre de Léon, les évêques qui lui paraîtront les plus aptes à convertir ceux qui ont des doutes. »
Au moment de lever la séance, quelques évêques, probablement Illyriens, saisirent cette occasion pour intercéder en faveur des chefs du Brigandage d'Ephèse. Ils crièrent : « Nous intercédons en faveur des Pères. Qu'on les admette de nouveau dans le concile !
1. Cyrille parle de même dans la lettre synodale citée plus haut. Hardouin, op. cit., t. r, col. 1286; Mansi, op. cit., t. iv, col. 1071 sq.
Que l'empereur et l'impératrice entendent nos prières 1 Nous avons [443] tous péché, tous nous demandons pardon I » Il s'éleva aussitôt un grand tumulte et des clameurs pour et contre cette demande. Les clercs de Constantinople dirent : « Il n'y a que quelques personnes à crier ainsi, le concile lui-même ne dit rien. » Les Orientaux reprirent : « Que l'Egyptien soit exilé ! » et les évêques d'Illyrie : « Nous vous en prions, pardonnez à tous. » Les Orientaux : « Que l'Egyptien soit exilé ! » ceux d'Illyrie : « Nous avons tous péché, ayez pitié de tous ! que ces paroles soient rapportées à l'empereur orthodoxe! Les Eglises seront déchirées (c'est-à-dire il s'élèvera des schismes à l'occasion de ces dépositions). » Les clercs de Constantinople crièrent : « En exil Dioscore ! Dieu l'a rejeté ! Quiconque l'admet à sa communion est un juif. » Les évêques d'Illyrie, et les orientaux, continuant à crier, les commissaires levèrent la séance, en disant : « Ce que nous avons demandé plus haut, c'est-à-dire la consultation chez Anatole, doit être exécuté *. »