‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 328 sur 544 · conciles d'orange et de valence · texte numérisé non relu

conciles d'orange et de valence

[736] a) Le libre arbitre a été affaibli par le péché d'Adam de telle sorte qu'à l'avenir, nul ne peut d'une manière satisfaisante aimer Dieu, croire en lui et faire quelque chose à cause de lui, si la grâce ne précède. C'est ainsi que cette foi admirable dont se glorifie l'apôtre,

tum et Noe et Habraham et Isaac et Jacob et omnem antiquorum sanctorum multitudinem illam prseclaram fidem, quant in ipsorum laude prxdicat apostulus Paulus, non per bonum naturœ quod prius in Adam datum fuerat, sed per gratiam Deicredimus fuisse colatam. Quant gratiam etiam post adventum Domini omnibus, qui baptisari desiderant, non in libero arbitrio habere, sed Christi novimus simul et credimus largitate conferri, secundum illud quod iam ssepe dictum est et quod prxdicat Paulus apostulus : « Vobis donatum est pro Christo non solum ut in eum credatis, sed etiam ut pro eo patiamini » (Philipp., i, 29) ; et illud : « Deus, qui cœpit in vobis bonum opus, perficiet usque in diem Domini nostri Jesu Christi » (Philipp., i, 6) ; et illud : « Gratia salvi facti estis per fidem, et hoc non ex vobis ; Dei enim donum est » (Ephes., ii, 8) ; et quod de se ipso ait Apostulus : « Misericordiam consecutus sum, ut, fidelis essem i> (I Cor., vu, 25 ;) non dixit : « quia eram », sed : « ut essem ; » et illud : « Quid habes, quod non occipisti ? » (1 Cor., iv, 7) ; et illud : « Omne datum bonum et omne donum perfectum desursum est, descendens a Pâtre luminumy) (Jac, i,17) ; et illud : « Nemo habet quicquam, nisi illi datum fuerit desuper » (Joann., ni, 27). Innumerabilia sunt sanctarum Scripturarum testimonia qux possunt ad probandam gratiam proferri, sed brevitatis studio prxtermissa sunt, quia et rêvera, cui pauca non sufficiunt plura non proderunt.

Hoc etiam secundum fidem catholicam credimus, quod acceptam per baptismum gratiam omnes baptisari Christo auxiliante et coopérante, qux ad soluté animx pertinent, possint et debeant, si fideliter laborare voluerint, adimplere. Aliquos vero ad malum divina potestate prxdistinatos esse solum non credimus, sed etiam, si sunt, qui tantum malum credere velint, cum omni detestatione illis anathimam dicimus.

Hoc etiam salubriter profitemur et credimus, quod in omni opère bono non nos incipimus et postea per Dei misericordiam adiuvamur, sed ipse nobis nullis prxcedentibus bonis meritis et fidem et amorem sui prius inspirât, ut et baptismi sacramenta fideliter requiramus, et post baptismum cum ipsius adjutorium ea, qux sibi sunt placita, implere possimus. Unde manifestissime credendum est, quod et illius latronis, quem Dominus ad paridysi patriam revocavit et Cornelii centurionis, ad quem angélus Domini missus est, et Zacchxi, qui ipsum Dominum suscipere meruit, illa tam admirabilis fides non fuerit de natura sed divinx gratix largitate donata.

Et quia difinitionem nostram, qux supra scripta est, non solum religiosis, sed etiam lahicis medicamentum esse et disideramus et cupimus, placuit, ut eam etiam inlustris ac magnifici viri, qui nobiscum ad prxfatam festviitatem eonvenerunt, propria manu subscriberint. — Sur cet appendice aux vingt-cinq capitula, cf. Noria, Hist. pelag., lib. II, c. xxm, dans l'éd. des OEuvres complètes du cardinal Noris, 1729, t. i, p. 524.

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a été accordée à Abel, à Noé, à Abraham, à Isaac et aux autres anciens Pères, non per bonum naturœ, ainsi que cela avait eu lieu pour Adam, mais par la grâce de Dieu (c'est précisément le contraire de ce que Fauste avait enseigné).

b) Après avoir reçu la grâce par le baptême, tous peuvent avec la coopération de Dieu accomplir ce qui est nécessaire au salut de leur âme.

c) Notre foi n'enseigne pas que quelques-uns soient prédestinés au mal par Dieu ; mais, lorsque quelqu'un a de si mauvaises croyances, nous lui disons avec indignation, anathème.

d) Dans chaque bonne œuvre, le commencement ne vient pas de nous, mais de Dieu qui, sans aucun mérite antérieur de notre côté, suscite en nous la foi et l'amour pour lui, de telle sorte que nous [737] désirons le baptême, et après le baptême nous pouvons, avec son secours, accomplir la volonté de Dieu.

e) Cette doctrine des Pères et du concile étant aussi un moyen de salut pour les laïques, les laïques de distinction qui ont assisté à la réunion souscriront à cette doctrine. — A la suite de cette demande, le préfet du prétoire Libère et sept autres viri illustres signèrent avec les évêques h

Nous voyons, par une lettre du pape Boniface II à Césaire d'Arles 2, qu'en qualité de président du concile d'Orange, celui-ci avait envoyé à l'issue de ce concile l'abbé Arménius à Rome, et lui avait remis, entre autres choses, une lettre pour son ami Boniface, archidiacre de l'Eglise romaine. Césaire mandait à Boniface de lui obtenir du pape Félix une confirmation qui lui tenait fort à cœur. Sur ces entrefaites, Félix mourut, et ce même Boniface lui succéda. Devenu pape, Boniface ne différa pas de satisfaire au désir de Césaire et lui envoya la lettre dont nous avons parlé plus haut. Elle est datée de vin kal. febr. Lampadio et Oreste V. C. coss., c'est-à-dire du 25 janvier 530 ; mais comme le pape Félix IV n'est mort que le 18 septembre de cette même année 530,

1. Voir la note 9 dans Sirmond et les notes c et ce de Binius dans Mansi, op. cit., t. vin, col. 720 sq. [Maassen, op. cit., p. 531 sq. « Quoique purement honorifique, la signature de ces laïques puissants devait donner du poids aux décisions du concile. » Malnory, op. cit., p. 153. (H. L.)]

2. Mansi, op cit., t. vin, col. 735 sq. ; Hardouin, op. cit.t t. Il, col. 1109 ; Sirmond, Concilia Gallix, t. i, col. 223, et dans le t. x de l'édition des OEuvres de S. August. par les bénédictins de Saint-Maur, 1790, éd. Gaume, t. x, col. 2455.

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