DEUXIÈME CONCILE DE VA1SON
compta onze ou douze évêqnes, et s'ouvrit et se termina le jour [741] des nones de novembre 529, c'est-à-dire le 5 de ce mois i. Vaison étant ville épiscopale de la province d'Arles 2, l'archevêque Césaire y présida, quatre mois après le second et célèbre concile d'Orange. Ainsi qu'il est dit en la préface du procès-verbal, le concile de Vaison n'avait d'autre but que de conserver l'amour et la concorde parmi les évêques, et de remettre en mémoire les anciennes règles ecclésiastiques 3. Il n'y avait pas de différend à juger ; aussi se contenta-t-il de lire les anciens canons et d'en décréter cinq nouveaux d'inégale importance, dont il attendait beaucoup de bien pour le développement de la vie ecclésiastique.- Le premier traitait de l'éducation des futurs clercs ; le second s'occupait d'encourager et d'introduire partout la prédication ; le troisième visait à conserver avec Rome une étroite union ; enfin les deux autres concernaient des détails du culte.
1. Dans les paroisses, tous les prêtres doivent 4, ainsi que la coutume s'en est introduite dans toute l'Italie, prendre dans leurs maisons les jeunes lecteurs non mariés, afin de les instruire dans le chant des psaumes (psalmos par-are) 5, dans les leçons de l'Eglise et dans la loi du Seigneur, pour se préparer d'habiles successeurs.
1. On ne sait pourquoi cette nouvelle réunion qui aurait dû, d'après l'assignation faite à Carpentras, se tenir à Vaison dès 528, fut ajournée au mois de novembre 529, quelques mois après le concile d'Orange. Dom Ceillier, Hist. aut. ecclés., t. xvi, p. 691, et Richard, Analysis conciliorum, t. i, p. 515, le placent à tort le 7 novembre. Le président du synode dit explicitement dans sa signature : die nouas novembr. Decio juniore C. V. consule ; les nones de quelques mois (octobre, mars, mai, juin) tombent, il est vrai, le 7 du mois, mais les nones de novembre et de 1* majorité des mois ne tombent que le 5. (H. L.)
2. A. Longnon, Géographie de la Gaule au V/e siècle, in-8, Paris, 1878, p. 440 : c Cette cité obéissait encore aux Bourguignons en 517, date à laquelle Genellus, l'un des successeurs de Fonteius, assista au concile d'Épaone ; mais peu d'années après, elle reconnaissait l'autorité du roi d'Italie, et Akthius, évêque de Vaison, signait les actes des synodes ostrogotlis de Carpentras en 527 et d'Orange en 529. » (H. L.)
3. Dans les collections conciliaires, sauf celle de Maassen, le concile est désigné sous le titre de Concilium Vaseuse III. (H. L.)
4. Cf. Conc. d'Épaone, can. 25, et Loening, op. cit., t. II, p. 331, n. 4; p. 347, n. 1. (H. L.)
5. Parare ne se trouve pas dans du Cange dans ce sens ; il dit cependant (Glossarium, t. v, p. 164 et 166) que parare a souvent le sens de metare. [Cf. Hinschius, op. cit., t. iv, p. 492 sq. (H. L.)]
Toutefois si plus tard ce lecteur veut se marier, on ne devra pas lui en refuser la permission 4.
2. Les prêtres doivent prêcher non seulement dans les villes, mais dans toutes les églises de la campagne 2. Si le prêtre en est empêché pour cause de maladie, le diacre doit lire une homélie d'un Père de l'Eglise 3.
1. Ce premier canon est relatif au recrutement et à la formation du clergé en vue desquels le concile prescrit la création des écoles presbytérales auxquelles se rattachent jusqu'à nos jours quelques institutions analogues qui ont survécu dans quelques villes sous le nom de psallettes. Dans chaque paroisse le curé réunira dans sa maison tous les jeunes lecteurs, iuniores lectores quantoscamque sine uxoribus habitèrent, pour leur donner l'instruction et les préparer à leurs futures fonctions cléricales. Ceux qui, arrivés à l'âge d'homme se marieront, y sont autorisés sous la réserve non exprimée, mais dès lors de droit général, de rester désormais dans les degrés inférieurs de la cléricature. Ces écoles, on le voit, n'ont rien de commun avec l'enseignement public. Elles sont réservées aux jeunes clercs et l'instruction qu'on y donne est réduite presque exclusivement au chant d'église et à l'Ecriture sainte. C'était néanmoins une innovation. On se guida sur l'exemple de l'Italie. S'il n'est pas fait mention des écoles épiscopales, il n'est guère douteux cependant qu'on ne s'inspirât de l'idée dont celles-ci procédaient. (H. L.)