Hardouin, op. cit., t. vi, part. 1, col
2. Le pape Jules avait élevé deux basiliques, l'une près du Forum et l'autre sur la via Flaminia. L. Duchesne pense que c'est une salle du palais du Latran. (H.L.)
3. Nous devons ces noms, et en général tous ces renseignements, au Liber pontificalis imprimé clans Mansi, op. cit., t. vin, col. 729. Cf. Baronius, Annales, ad ann. 529, n. 2.
core, qui arriva le 15 octobre. Celui-ci s'était fait un parti par la simonie et par d'autres procédés semblables *. En conséquence le sénat romain décréta qu'à l'avenir, toute élection pour la papauté serait nulle de plein droit, si l'élu avait fait ou fait faire des promesses 2. Dès ce moment, Boniface ne connut plus de compétiteurs ; et, comme le roi des Goths ne lui en suscita pas, mais, au contraire, lui parla dans les termes les plus honorables, et ne le traita pas de la manière brutale dont il avait traité ses prédécesseurs, on en peut induire comme nous l'avons dit, que Boniface avait été, dès l'origine, le candidat du roi. Le Liber pontificalis rapporte que ce pape avait déployé un grand zèle, et que zelo et dolo ductus, cum grandi amaritudine, il avait ramené le clergé à l'obéissance. Il fit déposer dans les archives de l'Église un édit portant l'anathème contre son ancien adversaire Dioscore, et réclama pour ce document la signature de tout le clergé. D'après le texte, assez obscur il est vrai, du Liber pontificalis, aucun évêque ne consentit à signer ; par contre, dans la notice du pape Agapet, ce même Liber pontificalis dit que Boniface avait obtenu de force et contrairement aux canons, que les évêques et les prêtres anathématisassent Dioscore ; mais que dès son élection (535), le pape Agapet avait fait solennellement brûler dans l'église le document contenant ces anathèmes 3.
Il s'est tenu trois conciles à Rome et plusieurs autres en divers lieux pendant le court pontificat de Boniface. Le pape réunit le [744 premier de ces conciles romains dans la basilique de Saint-Pierre, pour empêcher dans l'élection des souverains pontifes le retour des abus qui avaient signalé sa propre élection, et peut-être aussi pour délivrer le Siège apostolique de la tutelle qu'exerçaient sur lui les rois Goths hérétiques. Il promulgua dans ce concile un Constitutumy qui lui abandonnait le choix de son successeur. Les Pères l'ayant souscrit et juré d'observer, il déclara, sur le tombeau des apôtres Pierre et Paul, choisir le diacre Vigile pour son successeur. Ce procédé, qui était en contradiction avec les anciens canons, dut soulever des résistances, surtout de la part des rois Goths. Mais peu après, le pape lui-même le regretta et réunit un second concile romain, dans lequel, par déférence pour le Saint-
1. C'est ce qui ressort d'une lettre écrite plus tard par l'empereur Justinien au pape Jean. Cf. Mansi, op. cit.) t. vin, col. 731, not. d.
2. Cassiodore, Variarium, lib. IX, Epistol., xv, et dans Baronius, Annales, ad ann. 529, n. 4.