CONCILES A CONSTANTINOPLE ET A JÉRUSALEM
liant les décisions du concile dont il fut donné lecture ; b) la sup- [772] plique des moines de Constantinople * ; c) la description des scènes tumultueuses de Constantinople, avant la convocation du concile de 518, au cours desquelles le peuple réclama si énergiquement l'anathème contre Sévère 2 ; d) deux lettres de Jean, patriarche de Constantinople, en 518, aux évêques Jean de Jérusalem et Epiphane de Tyr, les engageant à adhérer aux conclusions de concile, et à prononcer l'anathème contre Sévère 3 ; é) les réponses des évêques de Jérusalem et de Tyr au nom de leurs conciles provinciaux : ils expriment leur adhésion au jugement rendu contre Sévère, en 518, et en rapportent longuement les impiétés 4 ; f) le récit de ce qui s'est passé à Tyr, avant l'ouverture du concile de 518, et comment le peuple avait exigé de l'anathème contre Sévère 5. g) Dans le concile que les évêques de la Syria IIa avaient tenu en 518, sur l'invitation de Jean de Constantinople, ils ne s'étaient pas contentés de prononcer l'anathème contre Sévère, mais l'avaient aussi porté contre Pierre d'Apamée, après quoi ils avaient envoyé à Jean de Constantinople et à son concile leur propre lettre synodale en y joignant les nombreuses plaintes portées contre Pierre d'Apamée. Ces documents furent également lus en 536 6.
Menas invita alors le concile à prononcer son jugement; les Latins d'abord, ensuite les autres membres du concile donnèrent leurs [/y 3] avis par l'organe d'un orateur7; puis Menas exposa longuement la
1. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1049-1056 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1327 sq. Voir plus haut, § 233..
2. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1057-1065 ; Hardouin, op. cit., t. il, col. 1334 sq. Voir plus haut, § 233.
3. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1065 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1342.
4. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1068 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 13'j2 sq. Voir plus haut, § 233.
5. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1081-1092 ; Hardouin, op. cit., t. Il, col. 1354- 1362. Voir plus haut, § 233.
6. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1093-1136 ; Hardouin, t. n, col. 13621394. Voir plus haut, § 233.
7. Le vote des évêques grecs et orientaux porte cette suscription : sententia Epiphanii patriarchx et synodi. Mnnsi, op. cit., t. vin, col. 1137 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1394. Il y a là évidemment une erreur : car tout le contexte de cette sententia prouve qu'avant de la composer on avait lu un grand nombre de documents présentés au concile de Constantinople ; il est donc incontestable que cette sententia n'a pas été rendue par Epiphane, patriarche de Constantinople (520-535). Peut-être faut-il lire Hypatii au lieu de Epiphanii : car ce fut précisément cet évoque qui, dans la quatrième session, porta la pa-
décision du concile. Sévère, Pierre Zooras, et leurs partisans, avec tous ceux qui avaient tenu des conventicules et avaient baptisé sans autorisation, étaient frappés d'anathème, eux et leurs écrits. Cette sentence fut signée par tous, et le concile terminé.
Deux mois plus tard, le 6 août 536, Justinien publia contre Anthime, Sévère, Pierre d'Apamée et Zooras un édit en forme de lettre confirmant la sentence ecclésiastique, interdisant aux condamnés le séjour à Constantinople, aux environs, ou dans une grande ville ; leur défendant de répandre leur doctrine, de baptiser, etc. Il est dit de Sévère qu'il défend d'étrange façon tantôt le nestorianisme et tantôt l'eutychianisme, quoique ces deux erreurs fussent contradictoires. Tous leurs partisans devaient être exilés, quiconque possédait les ouvrages de Sévère devait les brûler. Celui qui recevrait les bannis dans sa maison et leur prêterait secours, verrait cette maison et ces biens confisqués et donnés à l'Eglise. Enfin Menas devait communiquer cet édit aux autres métropolitains 1.
Menas communiqua cet édit aux moines de la Palestine revenus dans leur patrie, et y joignit une lettre pour Pierre patriarche de Jérusalem. A cette occasion, Pierre réunit les évêques des trois provinces de la Palestine en concile dans le secretarium de son évêché le 10 septembre 536. On y lut les deux lettres de Menas ainsi que les documents concernant les cinq sessions de Constantinople, ensuite le concile adhéra à la déposition d'Anthime qui fut souscrite par tous les moines présents, au nombre de quaranteneuf ; la sentence fut également signée par tous 2. Les actes du concile de Jérusalem ne contiennent pas de sentence contre Sévère d'Antioche et Pierre d'Apamée. Walch suppose que les évêques [774 de Palestine ne prononcèrent pas de sentence contre ces deux hérétiques qu'ils avaient déjà condamnés. Ce n'est pas exact.
rôle au nom de la majorité grecque et syriaque (Mansi, op. cit., t. vin, col. 961, et Hardouin, op. cit., t. n, col. 1258), et il le fît «au nom du synode », comme dit ce document.
1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vm, col. 1149 sq. ;Hardouin, Coll. concile t. ii, col. 1046 sq.
2. Baronius, Annales, ad ann. 526, n. 114-115 ; Coll. regia, t. xi, col. 461 ; Labbe, Concilia, t. v, col. 275-287; Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 1409- 1419 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 1451 ; D. Geillier, Hist. génér. aut. ecclés.y 2e édit., t. xi, p. 854; Mansi, Conc. ampliss. eoll., t. vin, col. 1164-1176.