‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 373 sur 544 · CONCILES A CONSTANTINOPLE ET A JERUSALEM · texte numérisé non relu

CONCILES A CONSTANTINOPLE ET A JERUSALEM

foi orthodoxe, à l'encontre de toutes les opinions monophysites, prononçaient l'anathème contre Anthime, Sévère d'Antioche et Pierre, autrefois évêque d'Apamée, et sollicitaient l'empereur de /'"J chasser les hérétiques 1.

Le second document, également adressé à l'empereur, était une supplique des moines de Constantinople, de Jérusalem, de la Syrie et de la Palestine, sollicitant de l'empereur l'ordre au patriarche Menas et au concile de tenir une nouvelle session afin de punir Sévère, Pierre et Zooras2. On lut ensuite le mémoire" de ces mêmes moines à Menas présenté à la fin de la quatrième session. S'ils y expriment leur joie delà condamnation d'Anthime, ils ajoutent que Satan a encore deux partisans actifs : Sévère et Pierre, qui ont anathématisé le concile de Ghalcédoine et le pape Léon, poursuivi les orthodoxes, maltraité un grand nombre de personnes, en ont même tué quelques unes et se sont emparés de vive force, au mépris de tout droit, des sièges d'Antioche et d'Apamée. Sévère avait sacrifié jadis au démon, à Béryte, il n'était pas encore tout à fait dégagé du paganisme. Aussitôt après son baptême, il s'était joint aux acéphales et, comme leur chef, avait rejeté YHénotique ; plus tard, il avait usurpé un siège épiscopal, et avait semblé accepter ce même Hénotique et marcher d'accord avec Pierre Monge ; il avait même fait écrire son nom dans les diptyques d'Alexandrie quoiqu'il eût précédemment réclamé l'expulsion d'Alexandrie de ce même évêque. Pour ajouter au désordre, il avait appelé à lui Pierre l'Ibère et avait été en communion avec les autres acéphales 3.

Déposés et excommuniés, lui et ses partisans, ils avaient échappé au châtiment par la fuite et, plus tard, ils avaient même cherché à ravager Constantinople. Pierre d'Apamée et Sévère y avaient tenu leurs conventicules et administré leurs baptêmes; ils avaient séduit un certain nombre de personnes et déshonoré plusieurs femmes ; tout cela avait été, du reste, prouvé à Rome, sous le pape Hormisdas. Menas et le concile devaient donc prononcer de nouveau l'anathème contre Sévère, contre Pierre et ses partisans, sans en excepter le Syrien Zooras, qui avait condamné les saints Pères, célébré

1. Mansi, op. cit., t. vin, col. 980-984 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1270-

2. Mansi, op. cit., t. vin, col. 984-996 ; Hardouin, op. cit.f t. n, col. 1274-

3. Sur ce Pierre l'Ibère, évêque de Gaza, déposé et exilé avec Timothée Élure, cf. Walch, Ketzerhist., t. vi, p. 960.

sans permission le service divin et administré le baptême ; enfin |/'l on devait condamner au bûcher les livres impies de Sévère *.

Sur le désir des évêques italiens et des diacres romains, on lut ensuite deux lettres d'Hormisdas (l'une en latin et l'autre dans une traduction grecque). La première, datée du 10 lévrier 518, et adressée aux prêtres, diacres, archimandrites et à tous orthodoxes de la Syria II, contient la réponse à un mémoire incriminatif envoyé par les moines de Syrie cruellement maltraités par Sévère (à l'époque de l'empereur Anastase). Le pape les engage à se montrer fermes et fidèles dans la foi, les avertit de se garder des partisans d'Eutychès, de Dioscore et de Pierre d'Alexandrie, d'Acace de Constantinople (l'inspirateur de YHénotique), de Pierre d'Antioche, de Sévère, de Xenajas, de Pierre d'Apamée, etc. 2.

La seconde lettre d'Hormisdas avait été adressée le 26 mars 521 à Epiphane, le nouveau patriarche de Constantinople, après le rétablissement de la paix entre l'Eglise grecque et l'Eglise romaine, le pape y indique au patriarche les conditions de réintégration dans l'Eglise des monophysites et, en particulier, de ceux qui avaient été trompés par Sévère 3.

Sur l'ordre de Menas, les notaires de son Église lurent ensuite tous les documents relatifs à cette affaire, conservés aux archives de Constantinople, et d'abord, le mémoire adressé en 518, par le clergé d'Antioche, au sujet de l'intrusion de Sévère, à Jean, patriarche de Constantinople, et au concile réuni autour de lui. On y raconte comment Sévère s'est emparé, au mépris des canons, du siège d'Antioche, comment il a blasphémé Dieu, rejeté les conciles, emprisonné les orthodoxes, offert des holocaustes au démon et volé les colombes d'or et d'argent placées au-dessus des autels et des fonts baptismaux, sous prétexte qu'il ne convenait pas de représenter le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe 4.

Viennent enfin les actes du concile de Constantinople en 518, savoir : a) La lettre synodale adressée au patriarche Jean 5, conte-

1. Mansi, op. cit., t. nu, col. 996-1021 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1283-

2. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1024 sq ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1306 sq.

3. Mansi, op. cit., t. vin, col, 1029 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1311.

4. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1037 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1317.

5. Mansi, op. cit., t, vin, col. 1041-1049 ; Hardouin, op. cit., t. u, col. 1322-

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