QUATRIÈME CONCILE d'oRLEANS
Grammaticus de Vindonissa. Voici, en résumé, les trente-huit canons du concile.
1. La fête de Pâques doit être célébrée par tous en même temps et conformément au comput de Victorius i ; le jour de la fête de l'Epiphanie, l'évêque doit annoncer au peuple l'époque de la fête de Pâques ; s'il s'élève des doutes sur la date de la fête, les métropolitains doivent en demander la solution au Siège apostolique 2.
2. Dans toutes les églises, on doit uniformément célébrer une quadragesima et non, comme le font certaines, une quinquagesima, ou une sexagésimal. Quiconque n'est pas malade, doit jeu-
royaumes de Childebert et de Théodebert. Elle y comptait treize membres sur cinquante, presque tous présents en personne. En tête vient Cyprien de Toulon, évêque depuis 517, et à qui son ancienneté donnera le privilège designer le premier de tous les simples ovêques. Césaire d'Arles, alors âgé de soixante et onze ans, était absent, ce qui valut à l'évêque de Bordeaux l'honneur de la présidence. Au jugement de M. Malnory, les exhortations de Césaire n'ont certainement pas été étrangères à l'empressement avec lequel ses comprovinciaux ont répondu à l'acte de convocation. C'est par là que ce concile se rattache à son œuvre, et peut être considéré comme le couronnement de ceux qu'il a tenus en personne. (H. L.)
1. Victorius Aquitanus ; cf. D. Rivet, Hist. littér. de la France, t. n, p. 426; Br. Krusch, Einfùhrung d. griechischen Paschalritus im Abendlande, dans Neues Archiv, t. ix, p. 125. Un des prineipaux motifs de la réunion du concile de 541 parait avoir été cette question toujours renaissante du comput pascal. Le fait qu'elle est abordée dans le premier canon semble indiquer qu'elle tenait la principale place dans les préoccupations des Pères du concile d'Orléans, Au milieu du vie siècle, la célébration de la Pàque était en Gaule l'occasion de profondes divergences, depuis qu'au cycle de Victorius d'Aquitaine, Rome avait substitué celui des Alexandrins, remanié par Denys le Petit. Une partie des Eglises gauloises était restée fidèle à l'ancien comput, pendant que l'autre partie s'accommodait du comput d'importation romaine ; quelques-unes enfin étaient allé chercher en Espagne un comput qui ne fût ni aquitain, ni romain, ni alexandrin. De là, dans le même pays, deux et parfois trois dates différentes presque chaque année pour la célébration de la Pâque. Le concile prescrivit à tout le monde de se ranger aux indications envoyées de Rome, ce qui mettait Arles en évidence ; car c'est par elle que ces indications étaient transmises. Malgré ce canon, les récits de Grégoire de Tours nous montrent encore pour longtemps la fréquence d'une double fête de Pâques annuelle, jusqu'à ce que le comput breton, introduit par saint Colomban à la fin du siècle, ajoute encore quelque chose à la complication. (H. L.)
2. Can. 1 d'Arles (314); S. Léon, Epist., cxxxvm, P. L., t. liv, col. 1101 sq. (H. L.)
3. Can. 24 d'Orléans (511) ; cf. Baûmer, Hist. du bréviaire romainy in-8, Paris, 1905, t. i, p. 223. (H. L.)
ner les samedis de carême ; il n'y a d'exception que pour le dimanche 4.
3. Il n'est pas permis aux laïques de distinction de célébrer la fête de Pâques en dehors de la ville épiscopale (c'est-à-dire dans leurs oratoires privés). Les fêtes solennelles doivent être célébrées en présence de l'évêque ; s'il en est empêché, il sollicitera la venue d'un collègue 2.
4. Pour l'oblation du calice on ne doit employer que du vin de raisin mêlé avec de l'eau ; il y a sacrilège à faire d'autre façon 3.
5. Un évèque élu doit être consacré dans l'église qu'il aura à gouverner 4.
6. Les clercs de paroisse (parochiani clerici) 5 doivent recevoir des évêques les canons qu'il leur est nécessaire de connaître 6.
7. Dans les oratoires situés dans des propriétés rurales on ne doit pas admettre de clercs étrangers, sans la permission de l'évêque [781] dans le diocèse duquel se trouve l'oratoire 7.
8. L'évêque devra décider quand et comment seront admis à la communion ceux qui, après leur baptême, sont tombés dans l'hérésie, mais qui ont fait pénitence de leur faute 8.
9. Si au mépris des canons, un évêque a vendu ou distribué en largesses une partie des biens de l'Église, et n'a rien laissé à l'Église de ses biens propres, on doit revendiquer les biens perdus 9. S'il a donné la liberté à quelques esclaves de l'Eglise, ceux-ci resteront libres 40.
1. Can. 12 d'Agde ; can. 28 d'Orléans (511) ; can. 29 d'Orléans (588) ; cf. Duchesne, Origines du culte chrétien* p. 235.
2. Can. 15 de Clermont (535) ; cf. Loening, op. cit., t. n, p. 459, n. 3 ; Hinschius, op. cit., t. iv, p. 803, n. 2 ; G* du Molinet, Réflexions historiques et curieuses sur les antiquités des chanoines, Paris, 1674, Ire série, réflex.3. (H. L.)
3. Cf. Conc. de Carthage, dans Denys,can. 37 [Brev. Hippon., c. 23 ; conc. Carthag. III, collectionis Hispan., c. 24). (H. L.)
4. Can. 2 de Clermont (535); can. 3 d'Orléans (538) ; cf. Loening, op. cit., t. il, p. 174, n. 2 ; Hinschius, op. cit., t. i, p. 101, n. 6 ; t. n, p. 519, n. 3 ; Thomassin, Ane. dise, de l'Eglise, part. III, 1. Il, t. xvm, n. 1. (H. L.)