‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 402 sur 544 · conciles d'antioche et de gaza · texte numérisé non relu

conciles d'antioche et de gaza

que cTAncyre en Galatie, et Théodore Askidas, archevêque de Césarée en Cappadoce,où il succéda au fameux Soteric. Les deux évê-

même les moines, qui acceptèrent le concile tant de fois et si hautement maudit. Deux ans plus tard, pour une affaire de tout autre nature, Justinien fut obligé de se débarrasser de ce collaborateur dangereux ; il s'en remit, cette fois encore, sur Pelage du soin de présider la commission d'enquête et de diriger le concile de Gaza qui déposa Paul et lui désigna un successeur (542). Théodora, contrainte par l'indomptable volonté du pape Agapet de sacrifier, en apparence, se.« alliés monophysites Sévère et Anthime, n'avait pas renoncé à prendre sa revanche. Elle en jugea l'instant venu quand elle apprit, au lendemain du concile de 586, la mort d'Agapet. Son calcul était de placer sur le trône pontifical un pape de son choix prêt à transiger avec les monophysites et à réaliser l'union rêvée entre l'orthodoxie romaine et l'hérésie orientale. Celui qui eut le triste honneur de fixer le choix de Théodora fut l'apocrisiaire du pape de Rome à Gonstantinople. le diacre Vigile. Avant d'être pape il avait rêvé de le devenir, mais le rêve avait peu duré. Issu dune famille sénatoriale, fils d'un consul, il imagina de faire renouveler à son profit ce qui s'était fait peu de temps auparavant, lorsque le pape régnant Boniface II avait été désigné par son prédécesseur Félix IV. Vigile imagina de se faire lui aussi adopter et désigner comme successeur de Boniface, ce qui eut lieu, non sans solennité. Mais le pape ayant assuré sa succession ne se jugea pas obligé de l'ouvrir ; on causa, on calcula, finalement on fit revenir Boniface sur sa décision et quand il mourut, le 17 octobre 532, Vigile ne pouvait songer à poser sa candidature. Ainsi évincé, il songea à recommencer sa vie et se fit nommer nonce à Constantinople où il résidait lors du voyage et delà mort du pape Agapet (22 avril 536). Vigile rentre à Rome en grande hâte, peu soucieux de se compromettre dans les difficultés qu'il pressentait, mais Théodora avait manœuvré et quand Vigile débarqua en Italie il était porteur pour Bélisaire et sa femme Antonine de lettres qui ne souffraient aucune objection. C'est Vigile qui devait succéder à Agapet. Théodora comptait que, sur le siège pontifical, il serait l'instrument dévoué de sa volonté. Le lui avait-il promis formellement ou laissé entendre, on n'a aucune preuve pour ni contre ; « Vigile, d'après M. Duchesne, était capable de tout promettre ou du moins de tout laisser espérer. » Il comptait sans doute sur son adresse et sur le temps. Plus tard on vit circuler sous le nom de Vigile une lettré adressée aux trois grands chefs du monophysisme, Théodose, Anthime et Sévère, dans laquelle le pape leur manifestait son entière conformité de vues avec eux et condamnait les principaux articles du dogme orthodoxe ; on raconta même que pour prix des services attendus, Vigile avait reçu la promesse d'une grosse somme d'argent. (Liberatus, Breviarium, c. xxn ; Victor de Tonnenna, Chronicon, ad ann. 543). Mais avant d'accueillir ces accusations il faut se rappeler que la moralité des adversaires de Vigile n'était guère scrupuleuse sur le choix des moyens d'action et que le document invoqué n'a aucune preuve d'incontestable authenticité.

Quelque célérité qu'eût mis Vigile à son retour, à son arrivée Home avait un pape, l'ancien diacre Silvère, fils du pape llormisdas, nommé par la volonté de Théodat, roi des Goths. Le clergé romain ayant refusé de signer le décret

ques résidèrent très souvent à la cour *. Grâce à leur appui, les origénistes obtinrent le dessus dans les monastères d'où ils chassèrent leurs adversaires, appelés sabaïtes. Six d'entre eux en particulier Etienne et Timolhée, s'adressèrent à Ephrem, patriarche d'Antioche. Le principal historien des luttes origénistes de cette époque, le prêtre Cyrille de Scythopolis, laisse entendre, dans la biographie de son maître saint Sabas, que le patriarche Ephrem tint en effet à Antioche, en 592 2, un concile sur cette question. Voici ce qu'il en dit : « Ephrem publia une lettre synodale dans laquelle il anathématisa les principes d'Origène 3. » Le Libellus synodicus mentionne ce concile d'Antioche, et ajoute qu'Ephrem d'Antioche, archevêque de la Syrie, avait anathématisé, dans un concile, les partisans de la doctrine d'Origène nouvellement introduite en Palestine 4. Nous n'avons pas d'autres données sur ce concile dont les actes sont perdus ; nous savons seulement, grâce au prêtre Cyrille, que pour se venger d'Éphrem les origénistes de la Palestine forcèrent Pierre, patriarche de Jérusalem, à effacer des diptyques le nom de son collègue d'Antioche.

Vers la même époque (541 ou 542) 5, il se tint à Gaza en Palesd'élection, Théodat fit brusquer l'ordination, Silvère fut intronisé et peu à peu clergé et peuple de Rome se rallièrent à lui sans arrière-pensée. Silvère fut victime d'une accusation odieuse : on prétendit avoir trouvé une lettre de sa main proposant au roi des Goths de lui livrer une porte de Rome assiégée par son armée. Silvère refusa de se prêter à une intrigue conçue par Bélisaire qui, quoique Grec, répugnait à de pareilles infamies. Silvère refusa donc de faire à Théodora les concessions que celle-ci attendait de Vigile, ce qui eût, pour un temps du moins, fait échouer la manœuvre dans laquelle on ne peut guère ne pas voir la main de l'ambitieux diacre deux fois évincé du pontificat. Vers le milieu du mois de mars 537, Silvère mandé au palais de Bélisaire fut introduit seul avec Vigile devant le général byzantin. On appela ensuite deux sous-diacres qui arrachèrent au pape son pallium, lui jetèrent sur les épaules un habit de moine et vinrent annoncer au clergé romain retenu dans l'antichambre la déposition du pape et sa profession monacale. Quelques jours plus tard, Bélisaire convoqua le clergé et lui enjoignit de procéder à une élection ; après quelques résistances, le 29 mars, Vigile fut ordonné pape. Théodora avait sa revanche. (H. L.)

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