G. lvi, P. L., t. cxxx, col
3. Florez, Espaîia sagrada, in-4, Madrid, 1860, t. ix, p. 221 ; Acta sanctorum, t. i d'avril, p. 316. F. Fita y Colomé, Santa Eulalia de Barcelona. Una de sus basilicas en el siglo V, dans le Boletin de la real Academia de la Historia, 1903, t. xliii, p. 250-255, croit découvrir dans l'inscription de Mon-
LA LÉGISLATION CONCILIAIRE RELATIVE AUX CHOREVEQUES 1229
554) qui est simplement qualifié coepiscopus 1. Le texte d'un canon du II* concile de Séville, malgré la triple mention qu'il fait des chorévêques, n'a pas plus de valeur, car cette triple mention a le caractère d'une interpolation. Si l'établissement, par Agapius de Gordoue, de certains prêtres, auxiliaires épiscopaux, chargés d'érigerdes autels et de consacrer des églises était un essai d'introduction du chorépiscopat, le décret du IIe concile de Séville (619) en serait la proscription positive 2.
Le canon du IIe concile de Séville servit à la fabrication de documents apocryphes, des lettres pontificales destinées à aider à la suppression du chorépiscopat. Nous le retrouvons encadré de formules épistolaires dans une soi-disant lettre de saint Léon Ier « à tous les évêquesde Germanie et de Gaule » * et qui n'est qu'une maladroite mise au point de la lettre de saint Léon Ier à Rustique deNarbonne,à laquelle on a ajouté une suscription d'époque évidemment carolingienne. Puis c'est une fausse lettre de Damase aux évêques d'Afrique 4, dans laquelle le faussaire impute aux Eglises africaines une institution qu'elles ont toujours ignoré. On voit d'ailleurs la tendance reparaître partout dans ce document trop grossièrement forgé qui nie que les chorévêques soient autre chose que des prêtres, ni qu'ils aient ordonné des sous-diacres, et affirme que les évêques du monde entier les ont abrogés. Autre lettre pontificale apocryphe mise sous le nom de Jean III (560-573) « aux évêques de Gaule et d'Allemagne », dans laquelle on veut retirer aux chorévêques le pouvoir de confirmer 5. Tous ces documents sont tardifs et ne remontent pas plus haut que le vine siècle ; ils nous montrent quelle ardente hostilité soulevait alors l'institution tant combattue et qu'on désespérait de détruire en se servant des seules armes honnêtes. Cette levée de boucliers s'expliquait — si elle ne se justifiait pas — par le retour de puissance que les chorévêques avaient tiré des dispositions des conciles grecs invoqués par eux comme le fondement unique et exclusif du droit. De plus en plus ils s'efforçaient
tady (Hérault) un chorévêque dans la personne du prêtre Othia dont il est dit qu'il construisit et dédia (?), con(s)tr(uxit) et d(e)d(i)c(avit), une basilique en l'honneur de trois martyrs. La conjecture du P. Fita nous paraît bien difficile à admettre étant donné l'état du marbre sur lequel la lecture du sigle D D G est extrêmement douteuse.