‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 436 sur 544 · Monum. German. histor., epist., t. m, part. 1. p · texte numérisé non relu

Monum. German. histor., epist., t. m, part. 1. p

5. Boniface, Epist. ad Stephanum, dans Monum. German. histor., t. m, part. 1, p, 395.

truction et l'examen des clercs, la visite des paroisses rurales, mais encore ils les chargent de l'administration solennelle des sacrements dans les villas et les vici, c'est-à-dire là même où l'usage requérait la propre présence de Pévêque pour la réconciliation des pécheurs, la confirmation des enfants et des adultes, la consécration des églises, la collation des ordres mineurs et parfois même des ordres majeurs. Il arriva même par une sorte de revanche inconsciente que le chorépiscopat se releva assez dans l'esprit du peuple pour être égalé à Pépiscopat et on ne mit pas de distinction entreles désignations de chorepiscopus eteoepiscopus 1comme si on ne faisait plus de différence entre Pévêque de la cité et celui du vicus. Vers le temps de la renaissance carolingienne on se prit à soulever des objections et des doutes sur le caractère épiscopal du chorépiscopat, on le nia et il en résulta que les coadjuteurs pourvus du titre de chorévêque ne pouvaient exercer leurs fonctions qu'à la condition d'avoir été ordonnés par trois évêques. Les chroniqueurs ne manquent pas de spécifier l'ordination ainsi conférée, ce qui indique que telle n'était pas de leur temps la pratique ordinaire.

La confusion entre chorepiscopi et coepiscopi a eu pour résultat de faire imaginer l'institution du chorépiscopat en Espagne où elle n'a jamais été connue. Un fait notable, c'est que la mise en circulation en Occident de la traduction des conciles grecs aurait dû y vulgariser, en Espagne principalement, le titre et la fonction de chorévêque. Or, il n'en est rien ; la collection de canons grecs adaptée en 572 par Martin de Braga à la discipline des Églises d'Espagne omet toute mention des chorévêques 2. Une lecture fautive d'un texte de Redemptus a fait croire à l'existence de chorévêques en Espagne au temps d'Isidore ; or ce ne sont pas des chorepiscopi, mais ses coepiscopi,} eanet Eparcius, que le saint convoqua à son lit de mort3. Autre erreur quand il s'agit du chorépiscopat de Turibius (vers

1. Mabillon, Annales O. S. B.tt. n, col. 585 : Aldricus ejusdem urbis antistes [Cenomani], convocalo cleroy présente sui quoque coepiscopo vel chorepiscopo nomine David. Agobard de Lyon fait consacrer l'église de Santenay par Audin, coévêque ou chorévêque de Lyon, qui signe en qualité de chorévêque au concile de Valence. Parfois cependant on distingue les deux titres : Vulfarius préside, en 814, le concile de Noyon, auquel assistent ses huit coepiscopi avec deux chorévêques Wallarius et Spernus. Charlemagne y envoie Amalaire de Trêves avec son coepiscopus Hisiland. Flodo&rd, Histor. Eccles. Bemensis, nf 18, P. L., t. cxxxv, col. 126. On donnait aux uns et aux autres le titre de « prélat ». Théganus, biographe de Louis le Pieux, était chorévêque de Trêves, il reçoit de Walafrid Strabon le titre de prxsul et se donne à lui-même celui d'antistes.

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