P. L., t. ex, col
2. Le fait venait de se représenter deux fois, coup sur coup, à Reims : Scripsit autem prsefatus pontifex ad eumdem papam Leonem... In hac vero epistola de his quos temeritas chorepiscopalis ordinare, vel quod Spiritum sanctum consignando tradere prxsumebat, requisivit. Et quod terrena potestas hac materia ssepe offenderet, ut videlicet episcopo quolibet defuncto, per chorepiscopum solis pontiflcibus debitum ministerium perageretur, et res ac facultates
LA LÉGISLATION CONCILIAIRE RELATIVE AUX CHOIlÉVÈQUES 1233
adressée à Raoul de Bourges, favorable aux choréveques 4. Cette décision est assez inattendue. Elle reconnaît la validité des ordinations faites en Gaule par les choréveques et proclame leur caractère épiscopal. « Institués à l'exemple des Soixante-dix, qui peut douter qu'ils n'aient eu les fonctions épiscopales2 ? » Néanmoins, par respect pour les canons, on ne devra pas amoindrir l'autorité des évêques.
Cette décision ambiguë ne retarda pas la ruine du chorépiscopat dont l'abrogation s'obtint désormais par voie d'extinction successive. On n'ordonna plus de choréveques, du moins dans la plupart des Eglises franques. La lettre de Nicolas Ier fut, pratiquement, considérée comme non avenue. Les fidèles furent obligés de se faire confirmer de nouveau s'ils l'avaient été par un chorévêque. Et non seulement on ne tient aucun compte de la lettre de Nicolas Ier, mais on ressuscite l'apocryphe mis jadis sous le nom de Léon III, d'où on prend prétexte de retirer le droit aux fonctions épiscopales à ces dignitaires que poursuivait une si implacable hostilité 3.
La dernière mention conciliaire relative aux choréveques est celle d'un concile de Metz, tenu en 888. Il n'est plus question dès lors de les abroger, c'est chose faite presque partout, mais on veut une fois encore prescrire la reconsécration des basiliques consacrées par eux antérieurement 4.
Le chorépiscopat acheva lentement de disparaître et s'obstina à durer en certains lieux, jusqu'au xie et au xne siècle. De fausses lettres pontificales continuaient à surgir périodiquement contre cette institution poursuivie avec tant d'acharnement 5. En France et en Allemagne, on ne rencontrait plus guère de choréveques ; cependant, vers 970, on trouve à Limoges un chorévêque nommé Gauzebert. En 1040, Gontran, chorévêque, souscrit la charte de Guy, archevêque de Reims, en faveur du monastère de Saint-Rémi 6. La même année Hairnon, archevêque de Bourges,
Ecclesix sxcularium usibus expenderentur, sicut et in nostra Ecclcsia iam secundo actum fuisset. Flodoard, Hist. Ecoles. Remens. , 1. III, c. x, P. L., t. cxxxv, col. 131.