‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 441 sur 544 · Id., col · texte numérisé non relu

Id., col

6. Opusc. ii, P. L., t. ex, col. 1195-1206 ; Labbe, Concilia, l. vin, col. 1852,

diacres ordonnés sous leurs prédécesseurs par les chorévêques, ou bien ils reconsacraient les églises auparavant consacrées. Un parti si radical provoquait l'approbation des uns, le blâme des autres ; de là, des disputes, des factions, des schismes. Raban Maur prétendait justifier l'existence et le caractère des chorévêques par le témoignage de l'antiquité et il remontait jusqu'au temps des apôtres. Diaprés lui Lin et Clet avaient fait des ordinations sur l'ordre de saint Pierre, qui les considérait comme chorévêques ; c'est donc, concluait-il, qu'ils ont toujours possédé le pouvoir d'ordre et c'est par un étrange mépris de la tradition qu'on leur refuse ce dont ils sont en possession depuis tant de siècles. Une telle conduite qui ravale les chorévêques presque au rang des simples prêtres ne peut se justifier par aucune autorité ancienne ni nouvelle. Et il rappelle les évêques au respect des canons d'Ancyre et d'Antioche *. Cet opuscule contenait trop de choses sous sa modération calculée pour qu'on ne fît pas l'impossible afin de le réduire à néant. Les actes pontificaux se trouvaient infirmés par le fait seul que l'auteur ne daignait pas les exploiter ni en tenir aucun compte ; la réponse prétendue de Léon III si avidement exploitée par les adversaires du chorépiscopat était ramenée à sa condition véritable, elle était si évidemment juste qu'on ne pouvait s'y soustraire.

Pour ces causes et d'autres encore peut-être l'intervention de Raban Maur ne produisit pas la réaction souhaitée en faveur du chorépiscopat dont les adversaires poursuivirent leur campagne acharnée. On attribue au concile de Paris, en 849, un décret de suppression des chorévêques ; mais on ne connaît ce décret, semble-t-il,que par un récit de la Chronique d'Albéric, relatif à Andrade, chorévêque de Sens, sous l'archevêque Vilon. Andrade assista à ce concile où il fut déposé avec tous les autres chorévêques.

Mais, une fois encore, cette mesure générale ne devait pas prévaloir contre l'avantage particulier. Les chorévêques supprimés apparaissent à quelques années de là et font rohjet de consultations adressées au pape par les évêques francs. En 853, Hincmar demande à Léon IV la conduite à tenir à l'égard des fidèles confirmés et des clercs ordonnés par les chorévêques ; en outre il signale des cas où les chorévêques remplissent la vacance des sièges épiscopaux pour le compte des princes laïques qui pendant ce temps touchent les revenus 2. En 864, consultation de Nicolas Ier,

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