Mansi, op, cit., t. m, col
et exempt de danger, mieux vaut rester tranquille que de vivre dans l'agitation. Mais puisque, en ces matières, Dieu exige de nous la vigilance et que la longue coutume des Eglises nous engage à informer Votre Sainteté, je vous écris par nécessité 1. » Et après avoir rapporté la conduite tenue à l'égard de l'hérésiarque il ajoute : « Nous n'avons pas voulu nous séparer ouvertement de la communion de Nestorius avant de vous avoir communiqué tout cela. Daignez donc déclarer ce qui vous semble bon. Faut-il rester en communion avec lui ou proclamer publiquement que personne ne communique avec celui qui professe et enseigne de telles erreurs ? Il faut que la sentence de votre Piété soit aussi envoyée par écrit aux évêques de la Macédoine et à tous ceux de l'Orient. Ce sera leur donner l'occasion désirée de s'affermir dans l'unité et de venir au secours de la foi orthodoxe qu'on attaque 2 . » Le pape Gélestin réunit un concile à Rome (430) dans lequel il condamna Nestorius, déléguant Cyrille d'Alexandrie à l'exécution de la sentence. « Revêtu de l'autorité de notre Siège, écrit le pape à Cyrille, et agissant en notre place, vous exécuterez cette sentence avec une rigoureuse fermeté... Nous avons écrit les mêmes choses à nos frères et co-évêques Jean, Rufîn, Juvénal et Flavien, afin que l'on connaisse bien notre sentence ou plutôt la sentence divine de Jésus- Christ. 3 »
Eutychès. — Quand, après trois assignations, Eutychès se décida à comparaître devant le concile siégeant àConstantinople (448), ce fut pour s'entendre excommunier et déposer de sa qualité d'archimandrite. Si on s'en rapporte à Eutychès lui-même, il aurait, aussitôt après la lecture de sa sentence, interjeté appel au pape ; mais ce fut d'une voix si faible quepersonne ne l'entendit que deux ou trois évêques. Néanmoins cet appel fut transmis à saint Léon Ier par l'hérésiarque. « J'ai recours à vous, disait-il, vous le défenseur de la religion et l'ennemi des cabales... et je vous demande que, sans égard à ce qui a été machiné contre moi, vous prononciez sur la foi ce que vous jugerez à propos 4. »
Saint Flavien et Eusèbe de Dorylée. — En 449, au conciliabule d'Ephèse, à l'instant où Dioscore d'Alexandrie venait d'achever la lecture de la sentence de déposition de Flavien de Constantinople, celui-ci cria à haute voix : HapaiToujxai ce, je te récuse (la version latine porte : Appelle- te 5), et il écrivit un appel au pape qu'il remit aux légats. Ce dernier détail a été passé sous silence par les secrétaires du concile, gens aux gages de Dioscore d'Alexandrie, mais il n'est pas douteux néanmoins, puisqu'il est