‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 463 sur 544 · S. Vailhé, op. cit., col · texte numérisé non relu

S. Vailhé, op. cit., col

satisfait par la persécution, l'exil, la déposition, les haines accumulées de l'épiscopat oriental contre les évêques latins, principalement ceux de la Gaule et de l'Italie. En 359, l'épiscopat d'Orient tient enfin sa formule et sanctionne dans une sorte de concile œcuménique à deux degrés, tenu en dehors de toute participation du pape, l'abandon radical de la tradition et du symbole de Nicée. Après les règnes éphémères de Julien et de Jovien, qui l'arrêtent un moment, il reprend, mais en Orient seulement, et son influence officielle et l'abus qu'il est accoutumé d'en faire, jusqu'au moment où, combattu par une réaction orthodoxe, menacé par un empereur dévoué à la foi de Nicée, il s'incline de bon ou mauvais gré et subit la loi des événements 4.

La crise dogmatique prit fin en 381 et laissa le champ libre aux passions qui s'agitaient autour de la question disciplinaire devenue, dès lors, prépondérante. A ce moment, Gonstantinoplese trouva incarner les sentiments de presque tout l'épiscopat oriental à l'égard des Eglises de Rome et d'Alexandrie avec lesquelles l'accord était plus apparent que réel. Ces sentiments étaient agressifs et leur expression passablement discourtoise. Si ce n'était pas le schisme, c'était un malaise qui y ressemblait fort, des rapports extrêmement tendus, d'autant plus tendus que tout prétexte doctrinal étant pour le moment impossible, on mettait atout instant la plaie à vif dès qu'on commençait à traiter de l'unique affaire qui restait en suspens.

Le concile de 381 avait trop accordé au siège de Gonstantinople pour que le doute restât possible sur le but poursuivi par ses titulaires. Ceuxci mettaient d'ailleurs une sorte de satisfaction à braver l'opinion et à précipiter les explications décisives.

Cette prééminence d'honneur concédée aux évêques de Constantinople n'était pas faite pour les satisfaire si on n'y attachait une extension de juridiction et surtout une indépendance définitive non à l'égard de l'évêque d'Héraclée^ dont il n'était plus même question, mais à l'égard des grands sièges. L'historien Socrate a donné des deux canons de 381 une interprétation éminemment contestable. D'après lui, l'évêque de Constantinople aurait, dès cette époque, exercé son autorité sur la Thrace 2 ; mais il ajoute desdétails qui, loin de confirmer cette assertion, la rendent inacceptable. En effet, d'après lui, Hellade de Césarée, Grégoire de Nysse et Otreius de Mélitène en Arménie se partagèrent la juridiction sur le Pont, tandis qu'Amphiloque d'Iconium gouvernait l'Asie de concert avec Optimus d'Antioche de Pisidie. Prises à la lettre ces paroles excluraient ni plus ni moins Ephèse du gouvernement de l'Asie ; un fait de ce genre contredisant à la certitude historique acquise ne permet pas de prendre en con-

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