‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 466 sur 544 · Ibid., t. vu, col · texte numérisé non relu

Ibid., t. vu, col

blable politique devait contrarier d'ambitions et froisser d'intérêts. Il est assez vraisemblable qu'une partie des embarras soulevés contre les évoques de Constantinople sur des questions de doctrine ont pour origine des questions de préséance et de juridiction. C'était pour l'évêque d'Alexandrie un appoint considérable dans sa lutte contre l'évêque de Byzance que ces mécontents désireux de prendre leur revanche des humiliations qu'on leur infligeait à mesure que le siège de Constantinople devenait plus fort et plus intangible. La conduite de Memnon d'Ephèse au concile de 431 n'eut apparemment pas d'autre mobile et, chose infiniment plus grave, au Brigandage d'Ephèse (449), tout l'épiscopat d'Asie, emporté par sa rancune, se rangea derrière le patriarche hétérodoxe d'Alexandrie et lutta avec lui contre l'évêque orthodoxe de Constantinople 4.

Désormais le conflit était entré dans la période aiguë : il n'eût servi de rien de le dissimuler, les évêquesde Constantinople n'y tâchèrent même pas. Leurs entreprises se firent au grand jour, elles obtinrent des succès mêlés de revers, suivant que le théâtre de l'action était à Rome, à Alexandrie ou à Antioche.

A Rome, ce fut un échec. La tentative était prématurée et la manœuvre vraiment bien maladroite. Le 14 juillet 421 une loi de Théodose II détacha de la juridiction de l'évêque de Rome les provinces de PIllyricum qu'elle transféra sous la juridiction de l'évêque de Constantinople 2. Le coup porté resta sans effet. Les réclamations du pape Boniface, ses protestations furent si énergiques qu'on n'osa passer outre 3.

A Alexandrie, ce fut un désastre suivi d'un triomphe éclatant. Les évêques du concile de 381 étaient dans la pure tradition constantinienne en travaillant à l'indispensable indépendance complète de l'Eglise de la capitale de l'Empire. D'une main un peu lourde ilsavaient essayé de fermer la communication entre Constantinople et Alexandrie où on n'entendait pas que les choses se passassent de la sorte. Un canon proclamait que les évêques d'Alexandrie et d'Antioche axaient à ne pas étendre leur juridiction en dehors de leurs circonscriptions respectives, de même les évêques de Pont, d'Asie et de Thrace s'occuperaient chez eux de leurs affaires. C'était ajouter la bravade à l'incorrection dans le procédé, car on n'est jamais dispensé d'être poli. L'évêque de Constantinople devenait un grand personnage, mais l'évêque d'Alexandrie n'était pas encore un petit compagnon et, surtout, il ne souscrivait pas à des mesures qu'il sentait dirigées contre lui seul, son collègue d'Antioche n'était plus de taille à provoquer un pareil déploiement d'offensive. Ainsi c'était la lutte

1. Gelzer, Pergamon unter Byzantiniern und Osmanen, in-4, Berlin, 1903, p. 8-16 ; S. Vailhé, dans le Dict. de théol. cathol., t. ni, col. 1324.

2. Code justinicn, 1. I, t. n, 1. 6 ; Code théodosien, 1. XVI, t. il, 1. 45.

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