Tertullien, De monogamia, c. vin, P. L., t. n, col
7. S. Jérôme, Contra Jovinianum, 1. I, xxiv, P. L.f t. xxm, col. 257.
Enfin Clément d'Alexandrie fait observer que les femmes qui accompagnaient les apôtres ne contribuaient pas seulement aux soins temporels, mais qu'elles s'employaient à l'instruction des personnes de leur sexe que les apôtres n'eussent pu atteindre dans la retraite du gynécée *.
La préoccupation naissante du célibat commençait à inspirer des actions parfois grossières, à moins qu'il faille plus simplement les mettre au compte des narrateurs tendancieux qui nous les ont fait connaître. Un certain Nicolas que, dans la suite, on identifia, sans l'ombre d'une hésitation ou d'un remords, à un personnage du même nom ayant fait partie du groupe des sept premiers diacres, devint le héros d'un récit que Clément d'Alexandrie et Epiphane ont rapporté d'après des légendes diverses. D'après Clément 2 suivi par Eusèbe 3, les apôtres firent un grief à Nicolas de sa jalousie envers sa femme laquelle était fort belle. Nicolas pour montrer son détachement manda sa femme et donna, à qui en voudrait, permission de l'emmener et de l'épouser. Clément reconnaît dans cette action immorale un témoignage de chasteté et il nous apprend que les filles ou le fils de Nicolas vécurent dans le célibat. Saint Epiphane présente l'épisode sous un jour très différent. Nicolas, dit-il, essaya d'abord d'imiter ceux qu'il voyait garder le célibat. Mais il ne put se contenir longtemps. Ainsi que le chien retourne à son vomissement, il chercha des prétextes et reprit la vie commune avec sa femme 4. Si on devait accorder quelque crédit à cette histoire, on pourrait admettre qu'après l'inconvenante bravade rapportée par Clément, Nicolas se trouva incapable de renoncer à la vie conjugale, suivant la version d'Epiphane.