‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 505 sur 544 · TU., i · texte numérisé non relu

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d'une seule femme, que ses enfants soient fidèles et qu'ils ne soient pas accusés d'aucune impureté ni de désobéissance. » Dans le texte de l'épître à Timothée les termes employés ont donné lieu à diverses interprétations. Au lieu de traduire ainsi que nous l'avons fait, quelques-unes ont fait porter l'accent de la phrase sur le premier mot Bzi, ce qui changeait le sens de la recommandation de l'apôtre et lui attribuait le commandement fait à tout prêtre d'avoir une femme. Dès le ive siècle cette interprétation, nous dit saint Jean Ghrysostome. avait ses partisans 1. En réalité l'accent de la phrase porte sur pua? et il faut entendre la recommandation dans le sens d'une interdiction jetée sur ceux qui se sont mariés deux fois et plus d'accéder aux ordres. Cette interprétation est courante dès le début du me siècle, ou pour parler plus exactement c'est l'interprétation pratiquement donnée par les clercs, puisque Terlullien condamnant les secondes et les troisièmes noces loue le prêtre monogame : sacerdotem de monogamia ordination 2. Dans son horreur pour les secondes noces, Tertullien s'efforce d'étendre la pratique en vigueur parmi les prêtres chez tous les chrétiens 3. La monogamie marque la première étape vers le célibat, toutefois ce n'est qu'à la fin du ive siècle que nous la voyons imposée aux clercs inférieurs : sous-diacres, chantres, lecteurs et portiers : uurjpé-:aç Se xal ^aXxwSoùç xal àvayvaxTTa:; xal TiuXtopoùç xal ayxoy; {xev pLovoyap-oyç stvou x£Xeyop.£v 4.

L'importance donnée au baptême par les fidèles avait abouti à le faire considérer comme une nouvelle naissance. On trouve des chrétiens qui en arrivent à ne compter au nombre des années de leur vie que celles qui ont suivi leur baptême. Par une conséquence inattendue mais logique, on prétendit que le mariage contracté et consommé avant le baptême ne comptait pas et la prescription de saint Paul se trouva reculée jusqu'après le baptême, ce qui était une manière de l'esquiver. Cette subtilité a laissé sa trace dans le 17e canon apostolique : f0 8u<rl yàp.(n; <xyp.TcXax£l(; piSTa-rà pàuTia^a ri 7caXXaxï)v XTï)<xàp.£vo; où 8-jvoctou eïvai èrctexorro; r\ upecrêyrepoç r{ oiâxovoç 7$ oXto; ?oy xaraXdyoy toj tepanxoy 5. «Si quelqu'un, après le baptême, a contracté des secondes noces ou bien a pris une concubine, il ne peut devenir évêque, ni prêtre, ni diacre ni faire partie de ceux qui desservent le ministère sacré .» Les « Canons apostoliques » représentent une attestation d'une pratique en vigueur, au ive siècle, dans certaines Eglises de l'Orient. Nous rencontrons une confirmation utile dans un texte de saint Jérôme qui ne

1. S.Jean Chrysostome, In Epist. I ad Timoth., m, horail. x, 1, P. G., t. Util, col. 547 : -rivèç 8é, ïva pua; yyvaixô; àv^p Y), <pa<xc toSto eîpf,<T8ac.

2. Tertullien, De exhortatione castitatis, c. XI, P. L., t. 11, col. 926.

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