Philosophumenay 1. IX, xn, P. G., t. xvi ter, col
4. EÙ7rp£7TY)ç (Aoi/eta. Athénagore, Légat., c. xxxm,/\ G., t. vi, col. 965 ; Théophile, Ad Antolicum, 1. III, c. xv, P. L.f t. vi, col. ll'il ; Minucius Félix, OctaviiiSy c. xxii, P. L.f t. m, col. 352.
détourner de l'étude de la Loi. A Rome, les maximes d'Etat étaient à peine plus indulgentes pour le célibat 4.
Le souci de se distinguer du judaïsme, avec lequel le différend s'accusait de plus en plus, put n'être pas étranger au progrès d'une pratique qu'il réprouvait. D'autres raisons foncières durent s'y ajouter. L'attente de la Parousie du Seigneur rendait superflu le souci de la génération, puisque le monde, croyait-on, allait finir. « Les patriarches, disait-on, eurent raison de veiller à la multiplication de leur postérité ; le monde était jeune alors ; maintenant au contraire, toutes choses déclinent et tendent vers leur fin 2. » Les sectes gnostiques et manichéennes s'emparèrent de cette idée et condamnant l'acte générateur interdirent le mariage. L'Église chrétienne plus mesurée ne sut cependant pas toujours dissimuler sa préférence pour l'état de continence même dans le mariage, laissant planer ainsi une sorte de défaveur sur l'état consacré par un sacrement 3. L'état du mariage fut lui-même soumis à des règles d'une modestie exagérée, puisqu'elle provoquait la rougeur pour les actions les plus légitimes et strictement obligatoires. Tantum abest incesti cupido ut nonnullis rubori sit etiam juridica conjunctio, écrit Minutius Félix 4, tandis que Tertullien dit de son côté : Pênes sanctos officia sexus, cum honore ipsius necessitatis, tanquam sub oculis Dei, modeste et moderate transiguntur ^ ; ailleurs il parle d'une certaine modesta in occulto matrimonii dissimulation et saint Ambroise donnera bien la mesure du raffinement en honneur au ivc siècle quand il parlera de la sorte : Licet bona conjugia, tamen liabent quod inter se ipsiconjuges erubescant 6.
Dès les débuts du christianisme on avait très probablement pratiqué la continence, mais ce n'est qu'à partir de la seconde moitié du ne siècle que le célibat commence à prendre les allures d'une institution. Le montanisne, outrancier en cela comme en tout le reste, prétend de bonne heure que les sacrements administrés par un prêtre marié sont nuls. De là à conclure à l'obligation du célibat il n'y a qu'un pas à faire. Tertullien, nous l'avons vu, imagine de transformer tous les apôtres en continentes ou spadones et l'auteur des Philosophumena prend soin de remarquer que le prêtre Hyacinthe est un arcàSwv upeaêuTspo; 7. Le célibat s'appelle communément chez les auteurs chrétiens suvouxta 8, et le vieux Polycrate d'Éphèse
1. S. Augustin, De civitate Dei, 1. XIX, i, 2, P. L., t. xli, col. 622.