‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 534 sur 544 · LA COLLECTION CANONIQUE DU DIACRE THÉODOSE · texte numérisé non relu

LA COLLECTION CANONIQUE DU DIACRE THÉODOSE

10* Canons d'Antioche dans la version de Denys le Petit.

Les feuillets contenant les canons des apôtres furent offerts au pape Benoît XIII par un évêque deVérone ; le pape les fit déposer à ]aiBiblioteca Casanatense à Rome, où ils sont encore.

11° Série de huit documents relatifs au concile de Sardique, tous publiés, sauf le deuxième, par les Ballerini, dans S. Léon, Opéra. Appendix, t. m (1757), col. 508-616, P.L ., t. lxi, col. 832-856. Ces documents sont les suivants :

a) Symbole du conciliabule eusébien de Philippopoli.

b) Cycle pascal inédit : De pascha autem scribsimus... Le cycle donne la pleine lune depuis la première indiction de Constantin (313) pour un cycle juif de seize ans et un cycle chrétien de trente ans ; il ne présente aucune relation particulière avec les débats de Sardique ni avec les documents émanés de ce concile.

c) Defînitiones apud Sardicam. Sous ce titre sont groupés : Osii Corduhensis et Protogenis Sardicensis epistola ad Julium papam.

d) Synodica concilii Sardicensis. Cf. Theodoret, Hist. eccles., 1. II, c. vi ; P.L., t. liv, col. 839, note f.

e) Canones synodi iSardicensis ,non dans le texte latin original, mais dans une traduction latine du texte grec.

f) Item S. AUianasii ad Ecclesiam Alexandrinam.

g) Concilii Sardicensis ad Mareoticas Ecclesias epistola . h) S. Athanasii ad easdem Ecclesias epistola.

12° Biographie d'Athanase.

13° Item symbolus sanctœ synode Sardici, qui n'est autre que le symbole de Constantinople dans une version particulière.

14° Lettre de Constantin à l'Eglise d'Alexandrie : Gaudete fratres dilectissimi.

15° Édit de Constantin contre l'arianisme : Malivolus et impius Arius.

16° Deux lettres sur l'origine du schisme mélétien, ce sont :

a) Lettre des évêques Hesychius, Packhôme, Théodore et Philéas à Mélèce.

b) Lettre de Pierre d'Alexandrie : Petrus in fîde Dei stabilitis dilectis fratrihus in Domino salutem.

17° Diifmitio dogmatum ecclesias ticorum doinini Gennadi presbyteri Massiliensis ; les deux derniers chapitres manquent.

D'après C. H. Turner, les numéros 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 pourraient ne se trouver dans cette Collection qu'à titre de documents introduits à une date postérieure à celle du noyau primitif, en vue d'obtenir un répertoire canonique plus complet, suivant la tendance qui a inspiré la composition de la plupart des manuscrits canoniques. Défalcation faite de ces numéros additionnels, on constate que la collection dans sa partie essentielle se rapporte aux conciles de Nicée et de Sardique et spéciale-

ment dans leurs rapports avec l'Eglise d'Alexandrie et avec saint Athanase Le caractère de la Collection saute aux yeux ; ce qui est moins évident c'est la raison qui a engagé à traduire en latin cette Collection d'un intérêt tout local et à faire d'elle l'embryon d'une Collection canonique.

A ces questions, M. C. H. Turner adonné unetrès ingénieuse réponse.

En 418, le pape Zosime répondit à l'appel formé devant lui par Apiarius de Sicca, excommunié par son évêque Urbain, en s'appuyant sur le canon 3e de Sardique qu'il attribuait au concile de Nicée. C'était une conusion qui fut vertement relevée par le concile de Carthage dépositaire de l'exemplaire rapporté de Nicée un siècle auparavant par l'évêque Ceci-lien. On trouva cependant un terrain d'entente et on convint d'aller vérifier le texte des canons de Nicée conservé dans les principales églises d'Orient : Constantinople, Antioche, Alexandrie. Nous ignorons les résultats obtenus par la délégation à Antioche, mais à Constantinople, le sous-diacre carthaginois Marcellus reçut de l'évêque Atticus une version rédigée en grande hâte — pour satisfaire l'impatience du messager, par les scribes Philon et Evariste : ils lui donnèrent un texte revisé du symbole et des canons, sans documents annexes. A Alexandrie, saint Cyrille fit remettre au prêtre Innocent une transcription fidèle des documents originaux, transcription garantie par l'examen du contexte historique : fldelissima exemplaria ex authentica synodo, quod et in ecclesiastica historia requirentes invenietis. Ces transcriptions furent délivrées aux messagers pendant le cours de l'année 419 et apportées par eux-mêmes à Rome, au nouveau pape Boniface.

Or, la version de Nicée, de Cécilien, n'a été conservée que dans le manuscrit de Vérone LX (58) et dans legroupe de mss. germains mentionné plus haut. Mais il est arrivé communément dans les collections canoniques que les canons de Nicée ayant été produits dès le début dans une version quelconque, on se réfère simplement à cette première copie lors de la production des actes africains. Par exemple, dans le texte commun qui est la seconde édition, revisée, de Denys le Petit, il est dit que le notaire Daniel lut le symbole et les canons de Nicée, c'est-à-dire la version cécilienne sicut in superioribus inveniuntur scripta. De même, à l'occasion delà correspondance avec Boniface, on n'a que le symbole sous le titre : Incipiunt exemplaria Nicseni concilii directa Bonifacio urbis Romse episcopi, et la note de renvoi : quœ nos hic iterum conscribi necessarium non esse credidimus. — De la même manière la versio Attici n'a été conservée parmi les actes africains que par deux témoins qui sont : la première édition de Denys le Petit dans le ms. Vatic.Palat. 511 (provenant d'Heidelberg) et la Collection Hispana. Enfin, on propose maintenant de voir dans le ms. de Vérone, contenant la Collection théodosienne, la réponse même de saint Cyrille d'Alexandrie.

Et, de fait, une fois débarrassé des documents adventices, le noyau du

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