‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 67 sur 544 · NEUVIÈME ET DIXIÈME SESSIONS · texte numérisé non relu

NEUVIÈME ET DIXIÈME SESSIONS

à ses amis, ils buvaient et avaient toujours d'excellent vin. Ceci se passait sous les veux de l'archidiacre, qui a le devoir de faire des représentations à l'évèqUe. L'archidiacre n'ayant pas voulu les faire, nous avons dû les faire à sa place ; mais elles n'ont rien produit sur Ibas, et beuucoup ont été scandalisés.

11. Ibas est nestoricn et qualifie saint Cyrille d'hérétique.

12. L'évèque Daniel a ordonné quelques clercs aussi mal famés qUe lui.

13. Le prêtre Pevrozos ayant donné tout son bien aux églises pauvres, Ibas en fut très irrité et prétendit avoir de Peyrozos une reconnaissance de 3,200 pièces d'or, cherchant par là à entraver

[48o] le projet de ce prêtre et à le troubler,

14. L'évèque Daniel, ayant fait son testament, a donné à Challoa et aux parents de cette personne tous les grands biens acquis en pillant les églises, et Ibas n'a fait à ce sujet aucune réclamation.

15. Challoa, qui auparavant n'avait rien, pratique maintenant l'usure avec les biens de l'Eglise.

16. Un diacre nommé Abraham ayant reçu un grand héritage, l'évèque Daniel lui avait persuadé de le lui abandonner, jurant qu'il voulait le distribuer aux pauvres. Cette clause fut même insérée dans le testament. Quand Daniel eut l'héritage, il en fit cadeau à Challoa.

17. Lorsque, contrairement aux canons, les païens Continuaient a faire des offrandes (à l'autel), Daniel acceptait d'eux ce casuel, et, à cause de cela, ne leur reprochait rien.

18. Dans un bois appartenant à l'Eglise d'Edesse on avait coupé des bois de construction et on les avait apportés a Challoa d.

Les juges qui siégèrent à Béryte demandèrent aux accusateurs de se borner à soutenir les principales accusations, et comme il s'agissait d'un clerc, il importait surtout de savoir :

a) S'il était orthodoxe ;

b) S'il était mal famé ; a) S'il était simoniaque.

Maras fit, sur la pfemière accusation, la déclaration suivante i « Ibas est hérétique, car il a dit : Je ne suis pas jaloux du Christ

de ce qu'il est devenu Dieu, car je le suis devenu tout autattt que

lui. »

1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vii, col. 222 sq. ; Hardouin, Coll. coîicii, t. Il, col. 518 sq.

Interrogé sur ce point Ibas jeta l'anathème à quiconque parlerait ainsi. 11 n'avait rien dit de pareil et était prêt à se faire tuer mille fois plutôt que de parler ainsi. Le second accusateur, Samuel, affirma qu'lbas avait prononcé ces paroles dans l'église, environ trois ans auparavant, lors de la fête de Pâques, quand, suivant la coutume, il distribuait à ses clercs des présents de fête. Trois témoins, les diacres David, Maras et Sabbas, certifiaient la vérité de ce fait ; tous les clercs, du reste, avaient entendu ces paroles, et on pouvait produire d'autres témoins. Ibas répondit que son clergé tout entier qui comprenait environ deux cents personnes, avait témoigné, par écrit, de son orthodoxie à Domnus d'Antioche et aux juges ; un témoignage rendu par un nombre si imposant, valait plus que celui de trois clercs, ses accusateurs à Constantinople qui, par conséquent, ne pouvaient être reçus comme des témoins impartiaux. Les juges trouvèrent juste de luire citer comme témoins, non seulement ces trois clercs, mais encore tous [486 ceux d'Edesse qui avaient entendu les paroles d'Ibas. On eut alors l'impression que les accusateurs, après avoir eux-mêmes demandé ces témoins, cherchaient maintenant à éluder cette proposition, sous prétexte que la plupart des clercs d'Edesse n'oseraient pas venir déposer devant le tribunal, à cause de la brutalité bien connue de l'évêque Ibas. Ce dernier avait, disaient-ils, déjà excommunié les quinze clercs qui avaient refusé de signer le mémoire justificatif, tout en sa faveur, envoyé à Antioche. Ibas rectifia cette déposition, en disant qu'il s'était borné à demander que les signataires du libelle écrit contre lui par Samuel, Cyr, etc., s'abstinssent de communiquer avec lui jusqu'à l'achèvement de l'affaire. Ils s'étaient donc eux-mêmes excommuniés, car, pour lui, il n'avait lancé ancune excommunication. Les accusateurs protestèrent contre cette manière de présenter les choses, et dirent que deux clercs seulement, et non pas quinze, s'étaient séparés volontairement d'Ibas Mais les juges revinrent au point capital et demandèrent de nouveau à Ibas s'il s'était réellement exprimé de cette manière à l'égard du Christ. Il répondit : « Je n'ai rien dit de pareil et j'anathématise quiconque s'exprime de cette manière. Je n'ai rien entendu de semblable, pas même de la part d'un démon. » Les accusateurs en appelèrent de nouveau à leurs trois témoins et à plusieurs autres qui étaient absents. On passa ensuite à la question de savoir si Ibas avait qualifié Cyrille d'hérétique. Ibas répondit qu' « il ne s'en souvenait pas, mais que, s'il l'avait fait, c'était à une

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