‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 7 sur 544 · NOMBRE ET LIEU DES SESSIONS · texte numérisé non relu

NOMBRE ET LIEU DES SESSIONS

phore, sur une colline peu élevée vis-à-vis de Conslantinople et d'où on avait une vue magnifique sur la mer et sur la campagne. Evagrius consacre un chapitre à la description de cette belle église et au récit des miracles qui s'y accomplissaient1. Baronius a reproduit ce chapitre, auquel il ajoute des détails pris dans saint Paulin de Noie 2. Baronius a cru à tort que les Pères du concile avaient tenu leurs sessions dans le pre&byterium de cette église ; induit en erreur par une fausse variante de son exemplaire du Breviarium de Libcratus 3, il a lu : adçeniens Marcianus imperator ad secre- TA1UUM cum judicibus, etc. Baronius savait que le secretarium est un bâtiment accessoire de l'église, et que beaucoup de conciles

digne de cet encadrement par la beauté de son architecture. On y entrait par une vaste cour rectangulaire, garnie d'une colonnade, et formant péristyle à un ensemble d'édifices. L'église, de la même dimension et d'une ordonnance pareille, conduisait à un oratoire circulaire surmonté d'une coupole qu'entourait une galerie d'où l'on pouvait entendre l'office. C'était là le martyrium proprement dit, lequel contenait dans sa partie orientale le tombeau de la sainte et son corps enfermé dans une châsse d'argent. La croyance générale était qu'il s'opérait dans ce lieu beaucoup de miracles. Dans les temps de désastres ou de dangers publics, l'archevêque de Conslantinople, averti par certains signes, prévenait à son tour l'empereur, et l'on se rendait processionneUement à l'oratoire, l'empereur et l'impératrice en tête, puis les magistrats, le clergé et tout le peuple de Constanlinople. Entré seul dans le sanctuaire, l'archevêque s'approchait du tombeau, et, par une petite ouverture, pratiquée au côté gauche du monument, il introduisait une tige de fer portant une éponge qu'il retirait pleine de sang, et ce sang, considéré comme un préservatif contre tous les maux, était ensuite distribué par gouttes et envoyé dans des fioles jusqu aux extrémités de l'empire. Evagrius, Hist. ecclés., I. II, c. llltP.G., t. lxxxvi, col. 2492 sq. Sous un portique couvert attenant à l'oratoire, se trouvait un grand tableau sur toile dû au pinceau d'un peintre célèbre et représentant la vie et la mort d'Euphémie martyrisée au temps de Dioclétien. On l'y voyait brillante de jeunesse et de beauté, revêtue du manteau brun des philosophes. Saisie par des soldats et conduite devant le juge, livrée ensuite aux bourreaux, elle traversait d'étape en étape, à travers la flamme et le fer, le chemin qui la menait à sa fin glorieuse. La vierge Euphémie, patronne de Chalcédoine, en était aussi l'oracle et jouissait auprès des fidèles d'une confiance et d'une autorité illimitées en toute matière. Nous verrons plus lard les Pères du concile venir la consulter au fond de son tombeau sur une des interprétations les plus délicates du dogme chrétien. » Am. Thierry, Nestorius et Eutychès, p. 295-297. E. Le Blant, Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre ère, in-8, Paris, 1893, p. 2; H. Leclercq, Astère d'Amasée, dans le Dictionn. d'archéol. chrét. et de liturgie, t. i, col. 3001-3002. (H. L.)

1. Evagrius, Hist. ecclés. , 1. II, c. ni, P. G., t. lxxxvi, col. 2492 sq.

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