‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 79 sur 544 · QUATORZIEME SESSION · texte numérisé non relu

QUATORZIEME SESSION

[501] prétendait, mais qu'ils s'étaient contentés de penser que les plus grands torts pouvaient être du côté de ses adversaires.

Les commissaires impériaux firent lire alors le procès-verbal du concile d'Antioche tenu en 445. Ainsi que nous l'avons vu, cette assemblée avait déposé Athanase, parce que, malgré les diverses invitations à lui adressées, il n'était pas venu se justifier des crimes qu'on lui imputait et s'était refusé à une enquête ; à la suite de cette déposition, Jean, métropolitain d'Héliopolis, avait été chargé d'instituer un nouvel évêque à Perrha 4.

Après la lecture de ces actes, qui prit assez de temps, chacun des sept évêques qui avaient assisté au concile d'Antioche, et qui se trouvaient maintenant au concile de Chalcédoine, dut, sur la demande des commissaires impériaux, raconter comment les choses s'élait passées. Tous donnèrent pour motif principal de la déposition d'Athanasc son refus d'obtempérer aux assignations à lui faites. Pour se disculper, Athanase dit que Domnus lui était hostile, et, sur la proposition des commissaires, on passa outre. Sabinien resterait provisoirement en possession du siège de Perrha ; mais l'archevêque d'Antioche examinerait avec son concile, dans les huit mois qui allaient suivre, si les graves accusations qui pesaient sur Athanase étaient fondées: si elles l'étaient, il serait non seulement privé de son siège épiscopal, mais encore livré aux tribunaux civils ; si, dans cet espace de temps, on ne faisait pas d'enquête, ou bien si Athanase était reconnu innocent, il devait être réintégré sur le siège épiscopal de Perrha par Maxime d'Antioche, et Sabinien recevrait une pension prise sur le bien de l'Eglise de Perrha et que Maxime d'Antioche fixerait d'après l'importance des biens de cette Eglise 2.

Ce même jour, 31 octobre, il se tint une seconde session dont les Ballerini ont trouvé le procès-verbal dans des manuscrits grecs de la bibliothèque de Saint-Marc à Venise 3. D'après la manière dont ces codices de Venise avaient numéroté les sessions du concile de Chalcédoine, ce compte rendu de la session dont il nous reste à parler, se trouvait avoir le n. 1G ; mais les Ballerini ont

1. Mansi, op. cit., t. vu, col. 326-354 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 579-595. Voyez plus haut, § 166.

2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 358; Hardouin, op. cit., t. n, col. 598. Walch a donné inexactement la conclusion de cette session. (Ketzerhist., t. vi, p. 384.)

3. Voir leur édit. des OEuvrcs de saint Léon le Grand, t. icr, col. 1490 sq.

remarqué avec justesse que cette session devait être placée immé- [502] diatement après celle qui, dans les collections ordinaires, avait le n. 14. Nous partageons ce sentiment, et c'est pour cela que nous avons placé cette session à la suite de la xive et comme sa continuation ; au contraire, Mansi, induit en erreur par trop de hâte, a considéré cette session comme faisant partie de la dernière de toutes (c'est-à-dire de la seizième, d'après la manière ordinaire de compter) 4.

D'après le procès-verbal de cette session, les légats du pape et en particulier Julien, évêque de Cos, remirent au concile une lettre du pape Léon (sa quatre-vingt-treizième) dans l'original latin et dans une traduction grecque, et les commissaires impériaux en avaient approuvé et ordonné la lecture immédiate ; c'était celle écrite par le pape, le 26 juin 451, lorsqu'il était réglé que le concile devait se réunir à Nicée. Nous en avons fait connaître le contenu. On ne s'explique pas pourquoi cette lettre parvint si tard au concile et à un moment où elle était pour l'assemblée sans aucune utilité.

Les Ballerini et Mansi ont trouvé un autre fragment du procèsverbal traduit en latin d'après lequel il y eut le 31 octobre une troisième session 2. On y voit que ce jour-là Maxime d'Antioche entretint de nouveau le concile de ses deux affaires déjà examinées dans les vne et xe sessions, c'est-à-dire : a) de la session des trois provinces ecclésiastiques de la Palestine à l'évêque de Jérusalem, b) et du traité conclu avec son prédécesseur Domnus. Sur sa proposition et avec l'appui des légats il fut décidé : a) les deux Phénicies et l'Arabie font retour au siège d'Antioche ; par contre, les trois provinces de la Palestine appartiendront au siège de Jérusalem ; b) à l'avenir Domnus ne devra plus avoir que la communion laïque, mais il recevra tous les ans 250 sols d'or.

Les Ballerini ont retrouvé dans le très ancien manuscrit du Vatican, n. 4552, le fragment que nous venons d'analyser, ainsi que les deux autres pièces concernant Maxime d'Antioche, et les deux négociations dont nous venons de parler 3. Ils ont supposé

1. Mansi, op. cit., t. vu, col. 454. Hardouin, op. cit. , n'a pas eu connaissance de cette pièce.

2. Il a été imprimé dans l'édition des OEuvrcs de saint Léon le Grand par les Ballerini, op. cit., t. n, col. 1227 et 1235, et dans Mansi, op. cit., t. vu, col. 722 c.

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