‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 103 sur 505 · Gfrorer, Gregor VII, t. vu, p · texte numérisé non relu

Gfrorer, Gregor VII, t. vu, p

4. Baronius, yl/î/jfl/t's, ad aiui. 107G, n. 34; Bonitho, dans j1/o7). Gregor. p. 670; o sœcido non est auditum, ut lut uno Icmpore inimicus huinani generis mente captos contra sanctam romanam Ecclesiam armasset episcopos. Aruulf, Gesta archiep. Mediolan., v, 7, dans Mon. Germ. Jiist., Script., t. viii, p. 30. (H. L.)

l'installation d'IIilclulf; puis de Cologne à Utrecht où il comptait célébrer les fêles de Pàqnes chez son ami l'évequc Guillaume. Mais l'avant-veille de la fête arriva la novivelle de la décision du concile de Rome qu'il sembla d'abord dédaigner et, nonobstant l'excommunication, il parut dans l'église. Pour affaiblir l'impression que la sentence du pape aurait pu faire sur le peuple, l'évoque Guillaume prononça, à la messe du jour de Pâques, un discours injurieux contre le pape, qu'il cjualifia de parjure, adultère, faux apôtre, dont la sentence était sans valeur parce que lui-môme avait été excommunié par les évoques ', et il renouvela en leur nom cette sentence d'excommunication. Cette initiative de l'évêque manqua le but et fit tort à la cause du roi. Un événement fortuit causa une profonde émotion ; en cetLe môme fôte de Pâques, la foudre frappa la cathédrale d'Utrecht et la réduisit en cendres ; peu après l'évoque Guillaume tomba malade et mourut.

D'Utrecht, Henri se rendit à Worms par la Lorraine; il y avait convoqué les prélats allemands à un concile qui devait se tenir à la Pentecôte (15 mai) dans le but d'élire un nouveau pape que le roi projetait de conduire à Rome. Roland avait parlé de ce projet du roi dans le concile romain du carême, mais la lettre de convocation ne fut envoyée qu'après l'arrivée des nouvelles d'Italie ^. Elle commence par une captatio beneç'olentiœ, et aborde cette thèse : la prospérité de l'Eglise repose sur le principe des deux pouvoirs, sacerdotal et royal, et cette prospérité est compromise si quelqu'un s'arroge les deux pouvoirs. C'était ce qu'a tenté Hildebrand qui, malgré ses habits de pape, n'a pas la sollicitude d'un pasteur, qui se signale sur le Siège apostolicfue par les brutalités d'un malfaiteur, qui, quoique assis sur un siège de paix, s'applique à détruire la paix universelle. Il s'approprie, contre la volonté de Dieu, le pouvoir royal et le pouvoir spirituel, tandis que la sainte b^criture parle symboliquement des deux glaives ^. Hildebrand détruit cet ordre. « Il ne permet à personne, continue Henri, de devenir prêtre sans avoir mendié cette dignité à son orgueil ; il a voulu

1. Mon. Germ. hisL, Script., t. v, p. 243 sq., 283 ; 361 ; t. vr, p. 709 ; Watterich, Vitœ pontif. romanor., t. i, p. 5L1.

2. On a, par erreur, considéré cette lettre de convocation comme appartenant au dossier du conciliabule tenu à Worms, en 1075. (H. L.)

Page 1