‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 106 sur 505 · Gfrorer, Gre'^or VII, p · texte numérisé non relu

Gfrorer, Gre'^or VII, p

2. Hugues de Flavigny, dans Mon. Germ. hisL, Script., t. viii, p. 435 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 1, col. 1336; Mansi, Conc. ampUss. coll., t. xx, col. 100 ; Watterich, }'ilie pontif. romanor., t. t, p. 381 ; [O. Dclarc, Saint Grégoire VII, t. m, p. 212. (H.L.)]

3. Bertholdus, Chronicon, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. v, p. 284 ; Giesebrerht, Geschirhle der (ïetitsrhen Knisrrzcit. t. m, p. 372. (H. Ti.)

en prison ^ Vers ce même temps, le 24 juin 107G le plus terrible ennemi d'Henri en Allemagne,Burchard,évêque d'IIalberstadt,exilé sur les bords du Danube d'où il devait être transféré en llono-ric, parvint à s'enfuir, avec le secours de son gardien, le comte bavarois Ulrich, regagna sa patrie et put combattre, de toute son énergie et son éloquence, l'ennemi mortel de la Saxe et de l'Église. Henri chercha vainement à jeter la division parmi les Saxons et à les surprendre par une rapide marche de Bohême en Saxe. Les Saxons ne voulurent rien écouter : Otton de Nordheim, gracié l'année précédente, et commandant la place de Harzbourg, trahit le roi qui aurait été fait prisonnier avec ses troupes, si une inondation n'était venue fort à propos pour le sauver ^.

Au milieu de ces émotions intenses Grégoire VII continuait à inviter le roi et les excommuniés à se réconcilier avec l'Église, [SI] et maintenait envers et contre tous sa sentence apostolique. Au chevalier Wilfred de Milan, qui le suppliait de se réconcilier avec le roi d'Allemagne, il répondit qu'il était prêt en effet à faire la paix avec lui, si Henri voulait la faire avec Dieu ^. Comme, dans cette même lettre, Grégoire parle de ses rapports sensiblement meilleurs avec les Normands, il

1. Berthold, Cliroiiicon, dans Mon. (îcrrn. hisl., Script., t. v, p. 284.

2. Mon. Germ. hisi., Script., t. v, p. 247-250, p. 362 sq. Sur la délivrance de Hermann de Billing et de Dietrich de Kallembourg, cf. Floto, Kaiser Heinrich IV, t. ii; p. 104 ; Giesebrecht, Gesch. der deutschen Kaiserzeit, t. m, p. 1136 ; O. Delarc, op. cit., t. m, p. 227. Lambert de Hersfeld, Annales, dans A/on. Germ. hist., Script., t. v, p. 264, nous a raconté cette nouvelle révolte de la Saxe; voir aussi Bruno, De bello Saxonico, n. 80 sq. dans Alan. Germ. Iiist., Script., t. v, p. 362 ; Berthold n'en dit rien ou à peu près rien. Quant à l'invasion de Burchard, voir Lambert, Annales, ad ann. 1076, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 247. (H. L.)

o. Registritm, 1. III, n. 15, Mon. Grcgor., p. 229 ; Jafîé, Reg. pont, rom., n. 4989, mars-avril 1076. « Après sa rupture avec l'emperetir, Grégoire VII se montra beaucoup plus accommodant pour Guiscard et chercha à gagner l'appui du duc de Fouille. La lettre qu'il écrivit, le 14 mars 1076, à l'archevêque d'Acerenza marque une détente considérable, Registrum, 1. III, n. 11; Mon. Gregor., p. 225 ; Reg. pont, rom., n. 4982. Le pape chargeait l'archevêque d'absoudre le comte Roger et ses chevaliers, qui allaient combattre en Sicile et faisait les premiers pas pour se réconcilier avec Guiscard. Il disait à l'archevêque que, dans le cas où le comte lui parlerait de son frère, il devait répondre que la miséricorde de l'Eglise s'étend à tous ceux qui regrettent les scandales dont ils ont été la cause et qu'il était prêt à lever l'excommunication dont Robert était frappé, si celui-ci était disposé à obéir en fils de l'Église romaine. » F. Chalandon, Histoire de la domination normande en halie et en Sicile, t. i, p. 243-244. (H. L.)

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faut en coiu'luic qu'elle a dû être écrite au piiuleinps de 107G '. Par une lettre à Henri, cvcquc de Trente, Grégoire cherche à s'attacher cet évêque, et lui dit qu'avant la fête de saint Pierre (saint Pierre-cs-liens, l^'^ août) chacun pourrait se convaincre que la sentence portée contre le roi était équitable ^. Comme l'édit Audwimus était rédigé dans ce but, on doit naturellement le placer avant le l^^" août de l'année 1076. « Nous avons appris, dit le pape, ipie plusieurs d'entre vous ont des doutes sur la légitimité de l'excommunication prononcée contre le roi. Je vous montrerai donc comment j'y ai été contraint; mais, sans énumérer toutes mes raisons bien connues, je m'adresserai à ceux qui m'accusent d'avoir trop tôt usé du glaive ecclésiastique, et d'avoir agi par colère plus que par justice Au temps où je n'étais que diacre (cardinal-archidiacre), j'ai souvent exhorté par lettres le roi à un changement de vie et à une conduite convenable à son rang, et, si Dieu le voulait, à un futur empereur. Quand je fus élevé, malgré mon indignité, sur le Siège apostolique, les iniquités du roi augmentèrent avec les années ; ayant donc réfléchi que ce serait surtout à moi que Dieu demanderait compte de son âme, je l'ai exhorté, blâmé et conjuré avec plus d'instances et de toute façon. Dans plusieurs de ses lettres il s'excuse sur la légèreté de son âge, se disant entraîné par les autres; puis il promet de suivre mes exhortations, ce qu'il n'a jamais fait. Sur ces entrefaites, j'ai invité à faire pénitence et à rendre les biens des églises qu'ils avaient aliénés, quelques-uns rg9] de ses conseillers intimes, sur les avis desquels il avait vendu à des loups, d'une manière simoniaque, des évêchés et des abbayes. Ces conseillers n'ayant tenu aucun compte de mes admonestations, je les ai exclus de la communion de l'Eglise, et j'ai engagé le roi à les éloigner de lui. Comme la révolte des Saxons jetait le roi dans de grands embarras, il m'envoya une lettre fort humble dans laquelle, reconnaissant ses torts envers Dieu, envers l'apôtre Pierre et envers moi, il me supplia de corriger ce que, dans les affaires de l'Église, il avait fait de contraire aux lois canoniques,

1. Epist. collecL, Mon. Gregor., p. 534 ; Reg. ponl. rom., n. 4997 ; Hahn, Coll. mon., t. I, p. IIG ; Ughclli, Ilalia sacra, t. v, p. 593 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. XX, col. 375.

2. Mansi, Conc. ampliss. cuil., t. xx, col. 375 ; Mon. Ciegor., p. 534. Les membres du premier conciliabule de Wornas avaient jusqu'au 1'^'" août pour se rendre à Rome.

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et enfin me pronieltail de ni'obéir et de m'aider fidèlement. Dans la suite il a renouvelé ces promesses à mes légats, Humbert de Palestiina et Gérald d'Ostie, qui l'invitaient à faire pénitence. Mais, après sa victoire sur les Saxons, il a aussitôt, comme pour montrer à Dieu sa reconnaissance, oublié ces engagements ; il a rappelé les excommuniés et remis le môme désordre dans l'Eglise... Je l'ai averti une fois de plus et lui ai envoyé trois hommes pieux, ses propres ambassadeurs, pour l'exhorter en secret à faire pénitence de fautes que l'on ose à peine nommer, et qui cependant étaient notoires. Le droit civil et humain sont d'accord pour dire qu'il a par là même mérité la déposition. Je lui fis dire également que, s'il n'éloignait pas les excommuniés, je serais forcé de l'excommunier lui-même ; mais qu'en revanche, s'il voulait écouter mes avertissements et s'amender. Dieu m'était témoin que j'en concevrais la plus grande joie et ({uc je le recevrais de grand cœur dans le sein de l'Église. A])rès avoir fait le plus fâcheux accueil à mes reproches, non seulement il ne s'est pas amendé, mais il a décidé presque tous les évêques de l'Italie (la Haule-Italie) et un grand nombre d'évcques allemands, à refuser l'obéissance due au pape. Le voyant donc combler la mesure, je l'ai, par décision synodale, excommunié, d'abord à cause de ses rapports avec des excommuniés, puis parce qu'il ne voulait faire ni même promettre aucune })énitence pour ses fautes, enfin parce qu'il cherchait à détruire l'unité de l'Église ; j'ai cherché ainsi à le remettre par la sévérité dans le chemin du salut, puisque la douceur n'avait l)u l'y faire rentrer... Je ne crois pas que quiconque connaît les statuts de l'Église blâme cette mesure. Mais, eussé-jc excommunié le roi sans motif suffisant, il n'aurait pas dû mépriser mon jugement, mais bien demander humblement son absolution. Quant à vous, qui ne voulez i)as abandonner la cause de Dieu par crainte de la colère du roi, vous devez mépriser toutes ces arguties. Je demande sans cesse à Dieu qu'il incline le cœur du roi à la pénitence. S'il se convertit, il nous trouvera toujours prêt à l'admettre à la communion ^. »

1. Regisirum, 1. IV, ii. 1 ; Mon. Gregor., p. 238; Reg. pont, roni., n. 4998; Hugues de Flavigny, Chronicon, dans Mon. Germ. Iii-st., Script., t. viii, p. 440; cf. t. V, p. 354; t. VI, p. 708. Floto, Jleiniich IV, t. ii, p. 93 sq., a voulu trouver dans celte lettre du pape plusieurs inexactitudes et invraisemblances :

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