l'opimon salvegaude le pai'k
avait déposé le roi des Francs (Childéric III) et délié ses sujets du serment de fidélité ; l'autre avait excommunié l'empereur Théodose ^. Viennent ensuite des arguments de dialectique : puisque Jésus-Christ a donné à Pierre la mission de paître ses [85] brebis, avec le pouvoir de lier et de délier, il n'y a qvi'une alternative possible : ou ce pouvoir s'étend aussi jusqu'aux princes, ou les princes n'appartiennent pas à l'Éolise. Grégoire combat ensuite le sentiment de ceux qui veulent que le pouvoir royal soit au-dessus du pouvoir spirituel, et dit que, dans un édit antérieur, il a donné aux évêques pleins pouvoirs pour absoudre les partisans du roi excommuniés par lui qui s'étaient ensuite convertis. Au sujet du roi. il n'a pas donné semblable autorisaliuu. au contraire, il a expressément défendu de l'absoudre avant qu'il n'eût regu lui-même des renseignements certains sur sa conversion. Il sait très bien, en effet, ({ue certains évêques allemands se permettraient d'absoudre le roi sans cette opposition formelle... Quant à la marquise Mathilde, cette lidèle servante de Pierre, que l'évêque et lui regardent comme leur fille, elle est entièrement d'accord avec l'éveque, mais elle ne sait pas encore dans quel état elle doit servir Dieu (si c'est comme veuve) ; il prie très souvent pour l'âme de son mari Gottfried, quoique ce prince eût été son ennemi ^.
L'instruction pontificale à laquelle fait allusion la lettre précédente, et qui réservait au pape l'absolution du roi, fut publiée quelques jours plus tard, 29 août 1076. Elle nous a été conservée par Hugues de Flavigny ^ ; elle portait qu'aucun évêque ne pouvait absoudre le roi, sinon in articula mords. Une autre lettre aux évêques et aux princes allemands (3 septembre) ^, les engage à bien recevoir le roi, s'il revenait à Dieu, et à user envers lui, non de rigueur, mais de charité, car la charité couvre beaucoup de fautes. Ils devaient se souvenir du père et de la mère du roi, qui avaient été les meilleurs princes de leur époque. Mais avant tout, il fallait éloigner les conseillers excommuniés pour