Lipsius, op. cit., p
3. C'est possible, mais il aboutissait à un résultat opposé, l'intérêt véritable de l'empire demandait la déposition d'Henri IV. (II. L.)
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avoir confiance à rexécution de ses promesses, car, depuis qu'il est ici, tous les méchants ont montré une nouvelle hardiesse contre nous et contre le Siège apostolique. Vous nous avez fait dire par Rapoto de venir vous trouver et, })our plus grande sûreté, de le faire avec l'autorisation et l'assistance du roi (qui à Canossa s'est engagé envers nous). Nous enverrons donc vers lui, mais, avant le retour de nos envoyés, nous ne pouvons rien dire sur ses dispositions. Qu'il l'approuve ou non, nous irons vers vous, si cela est possible. »
Avec cette lettre, le pape envoya à Forschhcim deux légats, le cardinal-diacre Bernard et l'abbé Bernard de Marseille. Ils ex])liqueraient comment Henri avait fait garder tous les défilés, rendant impossible au pape le voyage d'Allemagne ou le retour à Rome; cependant Grégoire demandait aux princes allemands de sauvegarder les intérêts de l'empire jusqu'à son arrivée. C'est par ces paroles que Lambert de Hersfeld termine ses Annales. Paul de Bernried et Berthold disent que Grégoire engagea les princes allemands à ne pas élire de nouveau roi (avant son arrivée) mais à supporter Henri; il ne les empêchait pas toutefois de prendre des mesures pour le bien de l'empire ^.
[Le l^ï" mars] Grégoire apprit de Mangold, comte de Bôhringen (frère d'Hermann Contract), que les Allemands s'occupaient
1. l'ii vrrilô ! Il suUil do lire les documents de celte époque pour voir à quel point la conception ihéocratique de Grégoire VII était irréalisable. Deux conditions dominent et entravent tout grand essai politique au moyen-âge : la difficulté des communications et l'abus de l'anathème. Remettre à un prince lointain, parfois. inabordable, la solution d'une situation qu'il ne connaît que par des rapports tendancieux, introduire dans la vie sociale et politique d'un peuple et d'une nation l'autorité prépondérante en principe d'un personnage étranger par son origine et ses intérêts à ce qui passionne ce peuple, c'est accumuler à plaisir les impossibilités. Quant à cette profusion danathèmes qui caractérise les dissentiments au moyen-âge, il est difficile de no pas convenir (ju'on énerve une force en la prodiguant comme on le fait. Tel personnage historique est bardé d'excommunications dont il n'a cure. Il trouve toujours quelque évoque pour l'admetlrc à sa communion, recevoir sa pénitence, distribuer ses charités et célébrer ses vertus. On en arrive à ne plus savoir très bien ce que pensaient excommuniants, excommuniés et le public sur ces incapacités formidables. Ainsi lié, un prince aurait dû être un objet d'épouvante, cependant il avait sa cour, ses domaines, ses peuples qu'il gouvernait. En réalité, le particularisme national était alors bien peu différent de ce qu'il est de nos jours et la prétention du pape à une sorte de république chrétienne universelle est aussi chimérique au xi*^ siècle que la inonarohio universelle au xvi° et au xvii° siècle. (H. L.)