‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 125 sur 505 · HENRI VIOLE LE TRAITE DE CANOSSA · texte numérisé non relu

HENRI VIOLE LE TRAITE DE CANOSSA

rer ^ et Lipsius " pensent que Rodolphe et ses partisans cherchaient à détourner le roi du voyage à Forschheim, ce qui assurait sa perte. Il est certain que le parti de Rodolphe, travaillé par l'ambition, se préoccupait ])lus de la chulo d'Henri que de la prospérité de l'empire, tandis que le ])ape cherchait, dans ses rapports avec le [103J roi, l'intcrct de l'empire^ et celui de la paix publique. Néanmoins les espérances d'une heureuse solution de toutes ces difficultés s'évanouissaient à mesure qu'Henri se laissait prendre davantage dans les filets des Lombards. Grégoire répondit à l'invitation des allemands de se rendre à Forschheim : « Lorsque les évoques lombards apprirent que la décision suprême était remise à une diète et qu'ils ne jouiraient ])as de l'impunité espérée, ils nous donnèrent les lamentables témoignages de leur entêtement et de leur malice. Marqués pour être les colonnes de l'Église, ils en sont devenus les béliers. Quant au roi, nous ne pouvons guère

évincé ; m;iis il ne voulut pas le comprendre. Lui-même nous appi'cncl que, dès le retour de Rapolo, il envoya des messagers à Henri : id ipsiiin per nuiicios noslros eut» rcge statuere alque coaptare operam damus ; c'était trop tard pour s'obstiner à faire observer les stipulations d'Oppenheim que trop de gens avaient intérêt à oublier. Henri, tout le prcinier, ne voulait en aucune façon aller subir cette humiliation nouvelle et s'exposer à trouver des juges moins débonnaires que le pape. Il argua de ses occupations fort absorbantes pendant ce séjour, — le premier de son règne — en Italie, du désir de ne pas quitter trop brusquement les Italiens et de l'impossiljilité matérielle de parcourir une route si longue et si difficile pour être rendu à Forschheim le 14 mars.

Grégoire VII n'avait pas attendu cette réponse pour envoyer en Germanie des légats : Bernard, cardinal-diacre, et Bernard abbé de Saint- Victor de Marseille, accompagnés de Guitmund, plus tard évêque d'Aversa. Les deux légats se mirent en route le dernier jour du mois de février, porteurs d'une lettre du pape, conservée dans la Chronique de Hugues de Flavigny, dans Mon. Germ. hist., Script., t. viii, p. 445, dans Jafîé, Monum. Gregor., Episl. coll., n. xx, p. 545 ; Reg. pont, rom., n. 5019. Cf. Berthold, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 292. L'envoi des légats avec cette sorte de précipitation s'explique par la nécessité d'être à Forschheim au jour marqué. Le pape avait l'intention de suivre à quelques jours de distance, et c'est ce qui explique les instructions probablement insuffisantes et trop écourtécs données aux légats, instructions qui les mirent dans le cas de ne pas se conformer toujours d'assez près à la pensée du pape. O. Delarc, Saint Grégoire VII, t. m, p. 292-294 donne une traduction de la lettre remise au.x légats. (H. L.)

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