KLECTION DE RODOLPHE DE SOUABE
et cufernics dans le cliàlcau do l^euzlxtiir;^ ^. l^e pape cliargeait ses légats d'engager les deux rois Henri et Rodolphe (à cette époque, il mettait toujours le nom d'Henri le premier) à lui fournil- une escorte sûre, afin qu'il put se rendre en Allemagne et décider sur leur diiïcrend avec le conseil des seigneurs laïques et ecclésiastiques. Si l'un des deux rois ne voulait pas se soumettre, il serait privé de l'eucharistie et exclu de l'h'.glise, tandis que l'axitre serait soutenu et sa dignité confirmée en vertu de l'autorité des apôtres Pierre et Paul. La lettre encyclique du pape aux Allemands est conçue dans le même sens; le pape y déclare que les deux rois lui avaient demandé son concours, mais il ne s'était engagé envers aucun des deux, et il espérait, avec le secours de Dieu et les conseils des Allemands, arriver à formuler un jugement équitable pour tous.
Ces missives du pape demeurèrent sans effet : Rodolphe était trop faible pour en imposer l'exécution ; quant à Henri, il n'en tint aucun compte : il fit maltraiter par ses serviteurs les messagers porteurs des lettres du pape, parcourut la Bavière pour se venger de Welf et se prépara à attaquer Rodolphe en Saxe. Celui-ci, à la [109] tête d'une armée, s'était porté à la rencontre d'Henri, et avait entrepris le siège de Wûrzbourg, en attendant que Welf etBerthold lui amenassent un contingent de 5000 hommes. Henri se porta vers eux, puis rétrograda en toute hâte vers le Rhin ^. Ayant appelé des renforts, il repassa de nouveau sur la rive droite du Rhin et s'établit dans une position fortifiée à l'embouchure du Neckar où il attendit l'arrivée des Bohémiens et des Bavarois. Rodolphe le poursuivit dès qu'il eut espéré sa jonction avec Welf et Berthold, mais il se trouva en face d'une position inexpugnable'^.
Henri ayant refusé le combat en champ clos et la bataille
1. Berthold, Annales, ad ann. 1077, dans Mon. Genn. Script., t. v, p. 297 ; Bernold, ad ann. 1077, dans Monum. Genn. hist.. Script., t. v, p. 435. Sur les instances de Hugues de Cluny, les prisonniers furent relâchés en juin 1077 et se retirèrent à Hirsau, Monum. Germ. hist.. Script., t. v, p. 298-434 ; c'est de là que, vers la fin de Tannée, Bernard adressa une lettre circulaire aux évèqnes allemands en faveur de la paix. Sudendorf, Registrum., 1. II, n. 10. S\ir le rôle d'Henri IV dans cette violation du droit des gens, Grégoire VII Registrum, 1. V, n. 7, Mon. Gregor., p. 295 ; Reg. pont, rom., n. 5051. (H. I-.)
2. Voir, en sens contraire, Gfrorer, op. cit.. t. vu, p. 626 ; Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 299, 434.