Le dimanche Lielare
3. Paul deBernricd, Vita (ire^orii 1 //, n. xcviii, dans \\ atterich, ViliC puni, runi., t. I, p. 532 sq., ; 15runo, De bello Saxonico, n. xcii, dans Mon. Germ. hisl,. Script., t. V, p. 3G5 ; Bcrthold, Chronicon, ad ann. 1077, dans Mon. Germ. Itiijt., Script. , t. V, p. 292; Bernold, Chronicon, ad ann. 1077, dans Mon. Germ. hiat., Script., t. V, p. 433 ; Ekkehard, Chronicon universale, n. 21, dans Mon. Germ. hist., Script., t. vi, p. 20G ; Sigebcrt, Chronicon, ad ann. 1077, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 3G3. (II. L.)
CoXCfLES - V 1 I
Pâques. Mais alors plusieurs princes de sa coiupagule étant retournés précipitamment en leurs provinces à la nouvelle de l'approche du roi Henri, Rodolphe ne put, faute de soldats, donner au pape le sauf-conduit promis ^. Trois évoques lui étaient restés fidèles, ceux de Wurzbour<i-. de Worms et de Passau ; le j)reniier cependant était dévoué à Henri, et ce ne fut qu'à grand'peine qu'on l'amena à reconnaître Rodolphe du bout des lèvres. Aussitôt après les fêtes de Pâques, Rodolphe se rendit à Constance, dont révè([U(; Otton se réfugia dans un château situé sur le lac (Marktdorf), et refvisa obstinément d'en sortir. Les légats du pape, demeurés avec Rodolphe, le suivirent à Constance et à Zurich, où la cour résida quelque temps; ils y combattirent la simonie et la corruption du clergé, très répandues dans ces pays, et insistèrent pour qu'aucun chrétien n'assistât aux fonctions d'un clerc simoniaque ou marié. Le roi Rodolphe les ayant soutenus dans cette entreprise, et ayant fait preuve d'un grand zèle pour faire exécuter les décrets du pape sur la réforme, eut aussitôt contre lui tout le parti des clercs simoniaques ou concubinaires, ce qui lui valut, en beaucoup d'endroits de la Germanie, une très vive hostilité ^. En particulier, il dut se produire une efl'ervescence dangereuse dans les pays rhénans, car aussitôt après la fête de Pâques, les légats du pape se virent dans l'obligation d'écrire en Alsace, en Lorraine et en Franconie, pour conjurer les inquiétudes, empêcher les troubles et interdire l'obéissance à Henri 'K
1. Rodolphe, revint à Avigsbourg où il voulait Icnii' iiiu; grande arisciublée, mais l'opposition ouverte de l'évêque du lieu et l'hoslililc des habitants l'en empêchèrent. Il désigna Esslingen pour la Icnuo d une diète en mai et se dirigea vers la Bourgogne. Berthold, Annales, ad ann.1077, dans Moti. Gerni. hist., Script., t. v, p. 292 ; Bernold, Cliroiticun, ad ann. 1077, dans Mon. Gerin. Iii.st., Scripl., t. v, p. 434. (H. L.)
2. Bcrtliold, AniuUes, ad ann. 1077, dans Mon. Gain. Iiist.. Script., t. v, p. 294 : Ea tempestate maxinia pars incontinentium clericonim ac sijmoniacorum, contempla apostolica scntentia, pertinaciter, jam reversa est ad vomilum suum, animata rea,is Heinriri nfc non antiepiscoporum illius spc aâjutoria et defensione. Et quia corri'^i per Hoduljuin re<^eni non pariini jormidabant, ipsuin damnando, analhcmatizando, et modis o?nnibus deteslando omnifariam et adversari et calumniari non cessabant. Ces mêmes clercs répandirent dans le peuple les bruits les plus fâcheux, les mensonges les plus odieux contre Rodolphe. (II. L.)
3. Berthold, Annales, ad ann. 1077, dans Monum. Gerni. hist., Scripl., i. v, p. 297 : AposloliCM uatlorilulis iitlene direclm sunl\ et Giesebrcchtj Gt'sc/tic/t/e t/er
5S;!, KI.IX.TION DE IIODOLPIIK JJi; SOVAJU:; 211
Loiscjuc lleui'i, encore en llalie, ajtpriL les évéuenienls
d'AIleniai'ne, il sollicita du pape l'excommunication contre son
^ J compétiteur ; mais Grégoire préféra entendre Rodolphe, qu'il
menaça de la déposition ainsi que ses électeurs, s'ils ne pouvaient justifier leur conduite^. Aussitôt après (Pâques 1077), Henri, bien fourni d'argent et suivi d'une armée considérable, se dirigea vers la Bavière en passant par les Alpes de Carinthie ^, et vit aussitôt ses partisans s'augmenter de renforts qui lui vinrent de la Bohême, et même de la Carinthie et de la Bavière, où beaucoup de comtes et de chevaliers se joignirent à lui par haine contre leur duc. Le ])atriarche Sicard d'Aquilée, jadis légat à Oppenlieim et ennemi déclaré d'Henri, lui fut alors d'un grand secours : gagné par des présents, il était devenu son compagnon et son panégyriste. L'armée d'Henri, portée bientôt à 12.000 hommes ^, se grossit chaque jour, d'anciens amis qui relevaient la tête : évêques, abbés, comtes, magistrats des villes de l'empire et des divers pays du sud de l'Allemagne; ou encore déserteurs qui, après avoir juré fidélité au nouveau roi, l'avaient quitté parce qu'il n'avait pvi satisfaire leur avidité. Parmi eux, on distingua les évêques de Baie, de Constance, de Strasbourg et d'Augsbourg ^. Henri s'avança à travers la Souabe, mettant tout à feu et à sang dans ce pays qui appartenait à son adversaire.
deutschen Kaiserzeit, t. m, p. 11 'i7, fait remarquer que ces lettres ne pouvaient provenir du Saint-Siège, mais seulement des légats. (H. L.)
1. Henri IV s'était flatté que la diète de Forschheim n'aboutirait à rien et il apprit soudain en Italie l'élection et le couronnement de Rodolphe. Sa colère celte fois lui inspira inie conduite bien différente de celle (ju'oa croyait devoir attendre de lui. Il montra dès lors et pendant cette crise une décision, une fermeté, un coup d'œil dignes d'une cause plus heureuse. Quittant l'Italie, il se rendit en Allemagne. Avant de s'éloigner, Henri avait été débouté de la demande adressée à Grégoire touchant son compétiteur, cf. Begist)urn, 1. VII, n. 14 a; Mon. Gregor. p. 403; Reg. pont, rom., p. 634 ; Bernold, Chronicon, ad ann. 1077, dans Mon. Genn. hist., Saipt., t. v, p. 434; Bonitho, Liber ad amiciim, dans Alon. Gregor., p. 073. (H. L.)
2. Anncdes Augusiani, ad ann. 1077, dans Mon. Germ. hist., Script., t. ni, p. 129 ; 'Beriho\d, Annales, ad ann. 1077, dans Mo?!. Germ. iiisl., Srripi., t. v, p. 294 ; Ariuilf, Gesla cpiscopor. Mcdiolan., 1. V, c. x, dans Mon. Germ. hist., Script., t. viii, p. 31. D'après Berthold, Henri était à Aquilée à Pâques, et le l*^"" mai à Ratisbonne. (H. L.)
3. Berthold, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 294 sq. : Ad duodecim fcie millia. (H. L.)
4. Berthold, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 293, 297. (H. L.)
2j2 1.1 V H i: XX. Kl
Les Bohémiens ne respeelaient ])us plus les églises que des écuries et violaient publiquement les femmes jusque dans le saint lieu. Henri espérait rencontrer Rodolphe à Sigmaringen, dont ce dernier assiégeait le château situé près du Dannbe ^, et comptait l'y écraser. Mais Rodolphe refusa la Ijataille, licencia ses 5.000 hommes et gagna, avec une faible escorte et en passant par llirsau où il célébra la Pentecôte ^, le pays des Saxons, afin de trouver du secours auprès de ces ennemis mortels d'Henri. Ce dernier réuni l alors une diète à Ulm, plaça de nouveau sur sa tête la couronne d'Allemagne et déclara ses adversaires, Rodolphe, Welf et Berthold de C-arinlhie, avec leurs partisans, déchus de leurs fiefs dont il distribua immédiatement une l)artie. Le patriarche d'Aquilée lui une prétendue lettre du pape [108] en faveur d'Henri ; mais il mourut bientôt après, ainsi que les évêques d'Augsbourg et de Strasbourg qui s'étaient parjurés ; l'évêque d'Augsbourg mourut fou, et beaucoup virent dans ces événements un châtiment de Dieu ^.
Le 31 mai 1077, le pape Grégoire, adressa une lettre circulaire à tous les évêques, princes et fidèles d'Allemagne *, et une seconde lettre à ses deux légats dans ce pays ^ ; il ignorait qu'en cours de route pour regagner Rome, Bernard abbé de Saint- Victor de Marseille et son compagnon le moine Guitmund, avaient été faits prisonniers par Ulrich, comte de Lenzbourg et partisan d'Henri,
1. Casus monasleiii Pelrialniscnsis. 1. II, c. xxxiii, dans Mo}i. Ceint, fiisl., Sciipt., t. XX, y. 6-'iG ; Bernold, Chronicon, ad ann. 1077, dans Mon. Gcrni. hisL,
ScripL, t. V, p. 434. (H. L.)
2. Beniold, dans JMoii. Gerin. hisl., Scripl.. t. v, p. 'i34. PcuL-èlre était-il allé à Hirsau pendant le siège de Sigmaringen ? Gfrorcr, op. cit., l. vu, p. 6.?0 ; y. O. Grund, Die Walil Rudoljs von Rlieinfehifn znni (Icj^enkoni'^, iu-8, Leipzig, 1870. (II. L.)
3. Monum. Gcrm. Jdsf., Scripl., I. \, p. 2'J4, li98, 301, 434 ; J. Voigl, p. 404- 471; Gfrôrer, oji. cit., t. vii, p. 618, croit a ue ces personnages furent empoisonnés ])ar les partisans de Rodolphe.
4. liegislruni, 1. IV, n. 2'i ; .Mon. Grcy,or., p. 277; Reg. pont. roin. ii. 5035; cl. Bruno, De bello ScLxonico, c. cvi. dans Mon. Gerni. hist., Script., t. v, p. 370;édit. Wallembach, p. 76 ; Hugues de Flavigny, Chronicon, dans Mon. Genn. hist., Script., t. VIII, p. 447 ; O. Delarc, op. cit., t. m, p. 312-314. (H. L.)
5. Registruni, 1. IV, n. 23 ; Mon. Gregor., p. 275 ; Regest. pont, rom., n. 5034, cf. Bruno, De bello Saxonico, c. cv, dans Monum. Germ. hist., t. v, p. 369 ; édit. ^^'alLcnd)ach, p. 74 ; Hugues de Flavigny, Chronicon, dans Mon. Germ. hist., Script., t. VIII, p. 'i'i7. (H. L.)