G. CONFÉRENCE ET GUERRE CIVILE
du pape, et ses propres ambassadeurs relour de Rome. Il traita le légat de la nuuiière la plus honorable, se montra prêt à satisfaire aux diverses demandes du pape, et invita les Saxons à une entrevue préliminaire à Fritzlar ^ . Dieu, ([ui sonde les reins et les cœurs, sait si Henri a agi sincèrement dans cette circonstance. Quoi qu'il en soit, les partisans de Rodolphe n'entrèrent pas mieux qu'Henri dans les vues de Grégoire et rompirent les premiers la trêve prescrite par le pape. A Pâques de 1078, ils lirent sacrer et tentèrent d'introniser à Augsbourg Wigold, élu par les habitants de cette ville, mais chassé par Henri, en même temps, qu'ils chassaient Siegfried, placé sur ce siège par Henri ^. D'après Berthold, Henri aurait fait échouer l'entrevue projetée à Fritzlar, soit pour retirer les Saxons du parti de Rodolphe, soit pour faire traîner les négociations jusqu'à ce qu'il fût prêt à frapper un grand coup ^. Mais Berthold, toujours partial en faveur de Rodolphe, ])rétend que ce dernier avait appris avec plaisir le projet du pape, de faire décerner la royauté par un congrès de princes, ce qui est le contre-pied de la vérité. En effet, les paroles et les actes des rodolphiens protestent contre cette assertion, et tout d'abord leur première lettre au pape. Ils s'y plaignent de ce que Grégoire traite Henri en roi, lui demande un sauf-conduit pour se rendre en Allemagne, et ne le regarde pas comme hérétique. Ils sont particulièrement surpris de ce que le pape parle de décider cette affaire, alors que Henri a déjà été déposé par un concile romain, et que par l'autorité du pape un autre a été élu à sa place. « Il avait été relevé de l'excommunication (à Canossa) ; mais, touchant l'administration de l'empire, l'ancienne sentence subsistait. » Ils se plaignent, en outre, de ce qu'on ait reçu à Rome avec tant d'honneur les ambassadeurs d'Henri "*, tandis qu'on reprochait au i)arli de Rodolphe de n'envoyer que rarement à Rome, des ambassadeurs et encore médiocres négociateurs. Ignore-t-on donc à Rome que
blessante à lui adressée par les partisans de Rodolphe pour l'inviter à cette conférence. Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 376 ; O. Delarc, op. cit., t. m, p. 424.
1. Berthold, Annales, ad anu. 1078, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 309 ; O. Delarc, op. cit., t. m, p. 41G sq.