CONCILE ROMAI?^ DE NOVEMBRE
sentence qui faillit au contraire être prononcée contre leur maître, pum- su désobéissance, ses sacrilèges et duperies. On lui accorda un délai iuy<(u'uu procliain concile pour s'amender et rendre compte de sa «oiuluilc. Les ambassadeurs d'I^Ieuri rcparlirent pour rAllema<i,iic sans avoir reçu la béncdiclion tlu pape et couverts de honte ^.
On reprit dans ce concile l'afïaire de Bérenoer de Tours. Dès son avènement, Grégoire VII l'avait maintenu dans son canonicat d'Angers, à condition de garder le silence. Bérenger accepta et promit de ne plus parler de sa doctrine qu'avec le pape 2. Vers cette époque. Grégoire chargea Uadulf, archevêque de Tours, et Eusèbe Bruno, évèque d'Angers, de s'entremettre en faveur de Bérenger contre Foulques, comte d'Anjou, t{ui l'avait chassé d'Angers. Il écrivit aussi à son légat pour la France, Hugues évoque de Die, de s'employer en faveur de Bérenger^. Quelque temps après ce tlernier fut cité à comparaître par-devant un concile français ^ ; mais il écrivit au pape s, le priant de le prendre sous sa protection, les prélats français étant mal disposés contre lui et moralement disqualifiés. Comme on ne recevait pas de réponse de Cluny, Hugues, second légat pour la France, crut devoir demander à Rome une lione de conduite à l'égard de Bérenger, et Grégoire répondit qvie : « Les clercs gaulois qui reviendraient de Rome avec Hugues de Die lui transmettraient des instructions sur ce point ^. )) Ces instructions portaient en substance que Bérenger devait venir à Rome '. Plusieurs documents nous apprennent qu'il comparut au concile du carême 1079. Bernold, au contraire,
ï. Mon. Cenn. hist., Script., t. v. p. 314.
2. Voir la lettre de Bérenger, dans Sudendori , op. cit., p. 230. La décision du pape fut rendue publique par les évèques d'Angers et de Nantes à leur retour de Rome. Pour les incidents qui avaient précédé, voir § 574. (H. L.)
3. Hugues de Die igiiorait la décision du pape et s'employait de son mieux à Lùter la destitution de Bérenger, jusquau moment où Grégoire VII, pressé par les ennemis de Bérenger, autorisa Hugues à réunir un concile où Bérenger comparaîtrait. Labbe, Concilia, t. x, p. 193 ; Mansi, op. cit., t. xx, col. 253 sq. (H. L.)