CONCILES A GIRONE ET A SOISSONS
cérémonie était sans valeur. 12. Les clercs étrangers ne doivent pas être reçus sans lettres de leur évêque. 13. Les laïques ne
la validité des ordinations faites en dehors de l'f glise ; 4° Deusdedit pensait comme son collègue Amat, évêque d'Oléron et légat du Saint-Siège, agissait. Cet Amat ne badinait pas avec les simoniaques . Dans le diocèse d'Albi, il avait eu à faire exécuter la sentence portée contre l'évèque simoniaquc, Frotard, par un concile de Toulouse. L'évèque excommunié continuait à remplir ses fonctions. Amat, s'étant arrêté aux Avalats, fut prié de baptiser un enfant. Comme on lui présentait pour la cérémonie des huiles consacrées par l'évèque excommunié, le légat dixit chrisma illud non consecratum sed execrandum, asinorum magis unctioni convenire quam christianorum, et in circumslcnifium e.rpectu in terram, verso vasculo, distillando effudit (Xotitia de ecclesia S. E^ugenii de Viancio, dans Recueil des historiens des Gaules, t. xiv, p. 50). Malheureusement on manque de renseignements précis sur la manière dont Amat appréciait les ordinations simoniaques, au cours de ses légations en dehors de l'Espagne.
« La décision d'Amat à Girone engage-t-elle l'autorité de Grégoire VII ? Il est sûr que, par excès de zèle, les légats de ce pape ont sovivent outrepassé leurs instructions, et ont dû être rappelés à l'ordre. Il est fort vraisemblable que les décisions de Girone sont imputables au seul Amat. Elles ne sauraient être identifiées avec celles que Grégoire VII prenait, à Rome, dans les deux synodes de cette année 1078. Et d'abord, d'une façon générale, il faut renoncer à tirer parti des canons conciliaires où il est question d'ordinationes irritse. Ce dernier terme appartient à la langue juiùdique et exprime avant tout une décision pratique. De telles ordinations sont considérées comme pratiquement nulles. Que, dans certains cas, le mot irritus ait été employé pour désigner une ordination réellement nulle, cela est certain : mais pareille interprétation ne doit être acceptée que sur de bonnes preuves. Le mot considéré seul est un indice insuffisant, et qui conduirait à voir des ordinations nulles partout. Aussi je renonce à me servir des décisions des deux conciles romains de 1078, P. L., t. cxlviii, col. 798, 801, où les ordinations faites par les simoniaques et les excommuniés sont dites inilœ. — En second lieu, il n'y a rien à conclure du passage suivant de la lettre à Hermann de Metz, Epist. iv, 2 ; P. L., t. cxi.viii, col. 455) : Episcoporum auteni qui excommunicato régi communicare prœsumunt, ordinatio et consecratio apud Deum, teste beato Gregorio, fit exsecrntio... Ut autem maledicti et excommunicati possint benedicere et divinam gratiam quam non liment operibus denegare, alicui largiri, in nuUius sanctorum Patrum prseceplo potest inveniri.
«L'acte d'Amat n'en est pas moins instructif. Il doit sans doute s'expliquer ainsi: les règlements pontificaux excluaient de tout ministère les simoniaques et les clercs ordonnés par eux. Mais appliquer ces règles en Espagne eût été déposer la plus grande partie du clergé. Pour continuer le culte, le légat aura prescrit les réordinations. Amat aura donc lait face à une situation exceptionnelle (qu'on se rappelle la décision du concile de Lanfranc, en 1076), situation que les canons de Grégoire VII ne prévoyaient pas. Mais Amat n'aurait donc pas suivi cette procédure, s'il n'avait été assuré d'obtenir, pom' le moins, une bonne minorité en sa faveur, dans la curie, et la tolérance de Grégoire VIL » L. Saltet, Les réordinations, in-8, Paris, 1907, p. 207-208). (IL L.)
doivent pas posséder des églises ; toutefois, si on ne peut éviter cet abus, ils n'ont droit ni à ce cjui est offert à la messe ou sur les autels, ni aux prémices ni à aucnne rétribution ou pour la sépulture et pour l'administration du baptême.
On place ordinairement en 1078 un concile tenu à Soissons sous la présidence de Manassès P'", archevêque de Reims, et dans lequel l'évêque de Noyon donna une église au monastère de Saint- Thierry ; mais ce concile a eu lieu au mois d'avril 1079 ^.