t;uÉc;oiRi; \ ii iiiMTK une solltioiN pacifique
il envoya en Alleiiiague Pierre d'Albauu eL Ulrieli de Padoue ^, porteurs de l'encyclique Quoniam ex lite, reproduction i)res(iue identique des précédentes ^. Le concile et lui-même ont jugé bon d'envoyer en Allemagne des légats, qui, avec des clercs pacifiques et des laïques, réuniront une conférence, où le condit serait vidé, et où sera prononcée la peine canonique contre le coupable. Aux termes des décisions du concile, personne quel que soit son jxiuvoir ou sa situation, ne doit empêcher ces légats de remplir leur mission, et jusqu'à la solution de l'alfaire, il est prescrit d'observer la trêve de Dieu ^, sous peine d'excommunication.
Dans une lettre au roi Rodolphe et à son parti [Quod regnum Theulonicoruni^), le pape disait sa douleur du triste état de l'empire d'Allemagne, jusqu'alors le plus florissant de la terre; il ajoutait qu'Henri lui avait plusieurs fois envoyé des ambas- [134] sadeurs pour le gagner à sa cause, mais l'Eglise romaine suit les règles de la justice. Les légats du pape ajouteraient de vive voix le nécessaire, s'ils parvenaient à gagner hevireusement l'Allemagne. Il mentionne aussi le triste état de l'archevêché de Magdebourg, dont son légat Bernhard l'a entretenu. Depuis longtemps cette église est privée de pasteur^, et l'inconduite de qiichjiies mcchauls a empêché de lui donner nn nouveau prélal. ()ii (le\ra doue selforcer d'arriver ])romplement à une nouvelle cl heureuse élection. Le pape désigne trois candidats ; nuiis si aucun d'eux ne convient aux électeurs, il leur appartiendra d'élire un autre sujet capable et digne ^.
1. t'.erlliold, Annales, ad aiui. lUT'J, dans Mon. (Jeini. /a'i/., Script., [. v, p. 318 sq. , cf. Regintruni, VI, u. 38 ; Mon. Gregor., p. 476 ; lieg. pont, roni., n. 5131. (H. L.)
2. PauldeBerniied, Vita Gregorli, c. 105 dans Waltericli, Pontif.rom.viise, t. I, p. 537; Bruno, De bello Saxonico, c. cxviii, dans Mon.Gerni. liist., ScripL, t. v, p. 378 ; Hugues de Flavigny, Chronique, dans Mon. Germ. hist.., Scripl, t. vui, p. 449; Mon. Gregor., p. 550 ; Reg. pont, rom., n. 510G. (H. L.)
3. Bruno, dans Mon. Germ. Itist., Script., t. v, p. 378. (H. L.)
4. Bruno, De bello Saxonico, c. cxix, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 378; Mon. Gregor., p. 552; Reg. pont, rom., n. 5107; Giesebrecht, op. cit., t. ni, p. 1151, a cru cjue celle Icllre avait clé écrite vers le mois de mai, il est mieux de la maintenir à la mi-février. (II. L.)
5. Larchevèquc Werner avait été lue à la journée de Melrichstadt.
G. Bruno, pour évilci' de rien dire de défavorable au sujet de Magdebourg, a omis ce passage eomnic il a fait une semblable omission dans une autre le lire
25G Li\ lii: xxxi
■ Floto ^ pense que les rodolphiens répondirent à celte missive du pape par les deux lettres Accepimus duduin et Non lalet Sanctilatem Vestram. Ils s'y plaignent amèrement de ce que Grégoire regarde comme encore en litige la question de savoir quel parti possède le roi légitime, alors que, Henri dépossédé trois ans auparavant ])ar un synode romain a été excommunié par le légat Bernliard (|iii a confirmé l'élection de Rodolplic. La question est donc liancliéc, et on ne voit pas l'utilité de la conférence proposée par le })a})c. Conférence inexécutable d'ailleurs. i)uisc[ue la })lupart des évêques favorable au pape ont été chassés de leurs sièges et ne sauraient se réunir à leurs ennemis mortels. Le pape ne peut détruire ce qu'il a édifié. Dans la deuxième lettre, les rodolphiens représentent au pape toutes les persécutions que leur a values leur soumission. Pareils aux agneaux que l'on conduit à la boucherie, ils ont été tournés en dérision. Le pape leur refuse la justice due même à un ennemi. Il laisse leurs adversaires communiquer avec Henri, quoique excommunié, le soutenir, l'aider à garder le pouvoir au grand dommage de la bonne cause. En terminant, ils adjurent le pape, au nom du Christ, si la crainte d'Henri ou de pernicieuses influences l'ont jeté dans une mauvaise voie, de reprendre courage, afin de ne pas se voir reprocher au jour du jugement la chute du parti [135] de Rodolphe ^.
Je crois que Floto s'est trompé sur la chronologie de ces deux lettres, qu'il a eu tort de regarder comme une réponse au concile du carême de 1079. Pour ma part, je serais porté à croire que le début : Accepimus duduin Sanctitatis Vestrœ litteras hoc conti- i
nentes, quod vos in sijnodo Romana decrei'istis, fait allusion au con- '
cile du carême de 1078, d'autant que les Saxons se servent à peu près des mêmes expressions que le concile (par exemple : cui illorum-justitia magis fai^eat). Rien, dans ces deux lettres ne ])ermet de conclure que leurs auteurs aient connu les décrets du synode du carême de 1079. On doit tenir pour certain (pie ces deux lettres destinées, au concile du carême de 1079, auraient dû parvenir à Rome avant le concile pour induencer ses décisions ; elles n'y arrivèrent qu'après, mais avant (jue
de Grégoire. De bello Saxon, dans Mon.Germ. Itisl., Script, t. v, p. 37'J. Jalïé, Mon. Gregor., p. 552 et 554 ; Giesebrccht, op. cil., t. m, p. 111, 4" édit., p. 1151.