CKlicOIUK \ II TKNTE UNE SOLUTION PACIFIQUE
l'arrivée des nouveaux légats du pope on Allemagne. Grégoire se vit donc dans la nécessité d'envoyer au roi Rodolphe et à ses amis une seconde lettre : il les exhorte aiïectueusement à ne pas perdre courage par suite des peines et des maux causés par la guerre, et il les engage à ne pas se laisser tromper par des mensonges déloyaux, son plus vif désir étant toujours de les soutenir ^. Ses lettres et ses légats, si toutefois ces derniers ne sont pas faits prisonniers pendant leur voyage, leur apprendront d'une manière certaine ce qui aura été décidé sur la question du trône. En tout cas, les partisans de Rodolphe connnîtronl luentôt le véritable état des choses \)av les évêques de Metz et de Passau, et l'abbé de Reichenau, qui avaient prolongé leur séjour à Rome pour connaître l'issue de cette affaire. En terminant, le pape revient encore sur la ques- [1361 tion de l'évêché de Magdebourg ^.
On se souvient en effet que Henri et Rodolphe devaient envoyer à Rome, pour la fête de l'Ascension, des députés porteurs de sauf-conduits pour la conférence. Berthold assure ^ qu'on devait tenir, le jour de la Pentecôte, un nouveaus ynode romain en présence de ces députés, dans le but de l'assemblée, on le devine, de préparer l'œuvre de la paix et de choisir des légats aptes à remplir cette mission. I^es deux évêques, Pierre d'Albano et Ulrich de Padoue, devaient traiter avec les deux rois, et exhorter
1. (jiebcbrecht, op. cil., t. m, p. 468, 4^ édit., p. 479, rcproduil ainsi ce passage : yohte, jilii mei, in hoc, qui i^os iam midto lempore e.ragilat, bellico jurore deficere, iiolile per iiUius fallenlis pcrsome memlacia de nosiro fideli adiutorio diibilare, cl lui donne le sens suivant: « Il (le pape) écrivit aussitôt une lettre à Rodolphe cl aux Saxons, les engageant à avoir recours aux armes et leur promettant dune manière formelle de leur accorder une assistance fidèle. « Et il en tiro celte conclusion morale: «Ainsi le pape attisait d'une main le feu de la guerre et de l'autre il agitait la palme de la paix.)' Mais où a-l-il vu que l'expression bellico jurore non deficere constituait un appel aux armes ? [Sur ces deux lettres du pape conservées par Bruno : De bello Saxoiiico, c. cxix, cxx: Moii.Certn. ]iist., Script., t. v, p. 378, 379; Jafl'é, Mon. Cregor., p. 552 : E])ii>loliv collrchr. u. 26, 27. La seconde de ces lettres se trouve également dans le Code:v Udalrici, n. 59, dans Monuiii. JUtinbergcnsia, p. 125 sq. ; O. Delarc. op. ci!.. t. m, p. 465. a élevé des doutes sur l'authenticité de la deuxième lettre. (H. L.)]
2. Bruno, De bello Saxonico, dans Mon. Genn. hist., Scripl., t. v, p. 379 ; JaUé, Mon. Gregor., p. 553.
3. Beillifild. dans Mon. Genti. Iiittl., Scripl., t. v, p. 318.
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Henri à pratiquer l'obéissance si souvent promise, à permettre le retour des évoques exilés et l'envoi à Rome en temps o])portun de sept hommes de distinction qui serviraient de sauvegarde aux légats chargés de se rendre à la conférence. Mais le patriarche d'Aquilée, si généreux de belles promesses, lui précisément celui qui s'employa à faire échouer le plan du pape. Berlhold dit que ce patriarche fiiL député au loi Henri, avec les évêques Pierre cl Ulrich ; nuiis les lettres du pape (16 juin el 1^^ octobre), ne mentionnenl comme légats que les deux évcques ; (Toù l'on peut conclure que Berthold s'égare sur ce pointa. Dans la première de ces lettres, le ])apc permet au ])atriarche de porter le pai!/iu??t aux fctes de saint Llricli et de sainte Afra (le patriarche était né à Augsbourg), en reconnaissance tlu bon accueil fait aux légats et du grand zèle qu'il avait ainsi témoigné pour le rétablissement de la paix. Ce zèle était simulé, car le patriarche, après avoir eu d'Henri l'avis de la prochaine arrivée des légats, retint longtemps ces derniers sous de faux prétextes dans la Haute-Italie, pour les empêcher d'arriver à temps en Germanie. Henri feignit naturellement de ne rien savoir, et envoya aussitôt à Rome Benno, évêque d'Osnabrûek, pour éviter l'excommunication dont on le menaçait '^. Benno ren- [137] contra eu route les légats du pajie. ([ui n'arrivèrent à Ratisbonne auprès du roi Henri cjue le jour (]v la Pentecôte (12 mai). Peu auparavant, Henri avait donné en fief le duché de Souabe au chevalier Frédéric de Beuren, l'aïeul des Hohenstaufen, et fiancé ce chevalier avec sa fille Agnès, encore enfant. 11 donna aussi l'abbaye de Reiehenau, dont l'abbé se trouvait à Rome, à son ami, le belliqueux abbé Ulricli de Saint- Gall, qui poursuivait les partisans de Rodolphe ])ar le fer et le feu, qui brûla Bregenz, Markldorf et Kybourg, et fit
1. Regi.stniin, 1. \'T, n. 38 ; Mon. Gregor., p. o7G ; Reg. pont, rom., n. 5131, Ici Ire (lu K'p juin : -- Hugues de Flavigiiy, Clirunicon , dans Mon. Geriii. Iii.sl., Script., t. VIII, p. 'iSO ; Mo}}. Gregor., p. 557 ; Beg. pont, rom., u. 5137, lettre du l^' octobre; — Berlhold, Annales, ad ann. 1070, dans Mon.Germ. hist., t. v, p. 319. (H. L.)
2. Berthold, dans Mon. Germ. hist., Script., l. v, p. 31'J ; Gi'rorer, op. cit., t. VII, p. G97, suppose qu'aussitôt après le synode du carême de 1079, le pape avait appris qu'Henri et Guibert de Ravenne combinaient une attaque contre les Etats de l'Eglise et que, pour ce motif, il avait menacé le roi de l'excommunication.