‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 169 sur 505 · M\ HE XXXI · texte numérisé non relu

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exhortons loutes les personnes {|iii oui à lOMir le saint de leur Ame à s'abstenir des fausses pénitences; car. de même qu'un faux baptême n'efîace pas le péché originel, de même les fautes commises après le baptême ne sont pas lavées par une fausse pénitence. Aussi, quiconque se sent coupable d'une faute grave (loii ouvrir son âme à des hommes prudents et pieux, afin d'obtenir ))ar une véritable pénitence la rémission de ses péchés. La véritable ]x'uitence consiste dans l'amendement et dans la restitution; [1''^-] lorsque par exemple, celui (jui s'est rendu coupable d'une faute grave telle que : meurtre volontaire et prémédité, parjure provoqué par l'ambition ou la cupidité, et autres semblables, s'amende ensuite sincèrement et cherche autant ([ue possible à réparer les dommages qu'il a causés. C'est jiourcjuoi, nous exhortons tous les chrétiens à aller consulter, pour l'imposition de la pénitence, non pas ceux <jui ne sont ni |)ieux ni aptes à donner un bon conseil, et qui conduisent les âmes plutôt à leur perte qu'à leur salut, mais bien ceux qui, instruits et croyants, sont à même d'indicjuer le chemin de la vérité et de la vie. 6. A la mort d'un évêque, l'évêcjue nommé par le pape ou par le métropolitain comme visiteur du diocèse du défunt doit s'occuper d'une nouvelle élection ; le clergé et le peuple doivent, dans une pleine indépendance du pouvoir civil, sans aucune crainte et partialité, choisir, avec l'agrément du Siège apostolique ou du siège métropolitain, un pasteur agréable à Dieu. Celui qui abuse de son droit d'élection le perd ; le pape et le métropolitain restant seuls juges de cette question.

Nous avons dit que les ambassadeurs d'Henri et ceux de Rodolphe assistaient au concile; les rodolphiens dirent: « Nous, ambassadeurs du roi Rodolphe et de ses princes, nous nous plaignons à Dieu et à saint Pierre, à toi, Saint-Père, et à tout le vénérable concile, de ce c|ue cet Henri, déjà dépouillé du royaume par toi, en vertu de l'autorité apostolique, continue malgré

107'J el le clcbut do 1080 furent remplis par une série de succès; succès qui anéantissaient tous les plans de Grég^oire VII, lequel voyait le duc devenu plus puissant que jamais, alors que la conduite d'Henri IV était de plus (mi plus mmaçante pour la papauté. A la suite de la victoire de Mùlhausen, Rodolphe envoya des anibassadeurs chars:és de lui recruter des partisans en Italie. Le pape craignit une alliance entre Rodolphe et Guiscard et se hâta de traiter. Didier du Mont- Cassin servit d'intermédiaire. F. Chalandon, Ilisloire de la domination normande en Italie et en Sicile, in-8, Paris, t. i, p. 256-257. (H. L.)

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l'interdit à s'arrotrer le pouvoir et cli'\aste toiil par le glaive, le pillage et le feu. 11 a chassé odieusement les archevêques et les évèques, distribué leurs bénéfices à ses favoris. Il est cause ilu meurtre de l'archevêque Werner, de Magdebourg; il retient depuis longtemps dans un cachot Adalbert, évoque de Worms. Plusieurs milliers d'hommes ont été massacrés ])ar ses partisans ; un grand nombre d'églises ont été pillées, incendiées ou complètement ravagées. On ne peut compter les crimes qu'il a commis sur la personne de nos princes, coupables d'avoir observé le décret du pape, et de n'avoir pas voulu lui obéir c"omme à leur roi. Par sa faute et celle des siens, ce colloque de paix que vous aviez prescrit n'a pu avoir lieu. Aussi demandons-nous humblement justice, à vous ou plutôt à la sainte Eglise de Dieu, contre les sacrilèges dévastateurs des églises.»

Diétrich, évêque de Verdun et partisan déclaré d'Henri, dit ([ue les ambassadeurs de ce dernier prirent la parole et défendirent [143] leur maître, mais le concile refusa de les entendre et les menaça d'être écharpés sur place. (Exagération évidente, qui donne Ja mesure de l'exaspération des esprits).

Le pape qui, depuis trois ans, différait la condamnation de Henri, qui s'était efforcé par tous les moyens d'arriver à une solution pacifique, et en avait été si blâmé, le pape vaincu ])ar les circonstances, fut contraint de brûler ses vaisseaux. Il prononça l'excommunication et la déposition d'Henri, et reconnut le roi Rodolphe. « 0 Pierre, vénérable prince des apôtres, et toi Paul, vénérable docteur des peuples, daignez m'écouter avec bienveillance... Vous savez que je ne me suis pas introduit de force dans ce ministère ; c'est à contre-cœur que j'ai suivi le pape Grégoire (VI) au-delà des Alpes, et plus encore que je suis revenu avec le pape Léon (IX) dans cette Eglise, où je vous ai servis depuis lors. C'est malgré moi et au milieu de mes gémissements que j'ai dû monter, sur votre trône. Je parle ainsi parce que ce n'est pas moi qui vous ai choisis, mais vous qui m'avez élu et avez placé un lourd fardeau sur mes épaules... Les membres de Satan ronimencent à s'étendre jusqu'à moi, et leurs mains cherchent à verser mon sang... Parmi eux Henri, qu'on appelle roi, le fils de l'empereur Henri, s'est élevé contre votre Eglise ; avec de nombreux évoques d'Italie et des pays d'au-delà des Alpes, il a ourdi une conjuration pour me renverser. Mais votre auto-

rite a résisté à son orgueil. Il est venu plein de honte me trouver en Tj07nl);ir(li(' (à Canossa), et m'a demandé de le relever de l'excommuuicalion. Comme il me paraissait accablé et me promettait de mieux faire à l'avenir, j'ai consenti à le rétablir dans la communion de l'Eglise, sans toutefois le réintégrer à la tête de son royaume et sans obliger les fidèles à lui obéir. J'avais fait ces réserves, afin de ménager une conciliation entre lui et les évoques et princes allemands, qui lui avaient résisté par mon ordre ; et lui-même s'était engagé par serment à r|4/j] accepter cette conciliation, ou la sentence qui serait portée. Mais les évêques el princes de Germanie ayant appris qu'Henri ne lenait pas ses promesses à uioii égard, ils désespérèrent de lui, et sans mon conseil, vous m'en êtes témoins, o saints apôtres, choisirent pour roi le duc Rodolphe. Celui-ci m'informa aussitôt, qu'il n'avait pris que malgré lui les rênes de l'empire, mais qu'il était prêt à m' obéir en tout... Sur ces entrefaites, Henri me demanda de le soutenir contre Rodolphe ; je répondis que je le ferais volontiers, mais que je devais d'abord entendre les deux partis et examiner de quel côté était le droit. Il méprisa ma réponse, espérant que les armes lui donneraient le dessus. Lorsqu'il vit (jue tout n'allait pas selon ses désirs, il envoya les évêques d'Osnabriick et de Verdun à un concile pour demander justice. Les représentants de Rodolphe firent la même demande. Aussi ai-je ordonné dans ce concile de tenir une Conférence en Allemagne, afin d'arriver à un compromis pacifique, ou de se prononcer en faveur du l)on droit, car, vous m'en êtes témoins, mes Pères et maîtres, mon seul but a toujours été de me prononcer en faveur de la justice. Pensant bien que le parti qui n'avait pas pour lui le bon droit ne voudrait pas prendre part aux délibérations destinées à manifester la justice, j'ai excommunié l(»us ceux de n'importe quelle condition, qui s'opposeraient à la réunion de la conférence pacifique projetée. Henri en a empêché la réunion tombant ainsi sous le coup de l'excommunication, lia causé la mort de beaucoup de chrétiens, la destruction de nombreuses églises, le ravage de l'empire d'Allemagne. Pour ces motifs, confiant dans la justice et la charité de Dieu, et m'appuyant sur votre autorité, je le frappe, lui et tous ses partisans, de l'excommunication, et le lie du lien (le fana thème ; au nom du Dieu tout puissant et en votre nom je

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