Mon. Germ. hist., Script., t. xii, p
9. Floto, Kaisci- Ileinridi d. Vierte, t. 11, p. 6, 154, 289 ; Girôrer, Gregor VU, t. VII, p. 780.
10. Gicsebi'echl , dans Sitz.ungsberirlilt' drr Muncliener .ikad., 18G8,1. 11, p. 297-
5'JJ. Moin Dt HOUOLl'HE 27 )
593. Mort de Rodolphe. Alliance de Grégoire avec les Normands.
Henri revint en Allemagne et marcha contre Rodolphe et les Saxons. Le 15 octobre 1080 se livra entre eux une grande bataille sur les bords de l'Elster, entre Naumbourg, Pegau et Zeitz ^. Déjà h\ victoire s'était décidée pour Henri, le roi Rodolphe était tombé frappé à mort et les évêques du camp d'Henri avaient entonné le Te /)??//??, lorsqu'on apporta au camp le cadavre du comte Rapato, l'un des princes les plus considérés du royaume, et les porteurs annoncèrent qu'Otton de Nordheim avait, avec ses paysans saxons, battu la cavalerie royale. Aussitôt princes, évoques, chevaliers d'Henri s'enfuirent dans le plus grand désordre, au-delà de l'Elster. Tout le camp, avec ses grands trésors, tomba entre les mains des Saxons, mais la victoire fvit payée chèrement par la perte du roi Rodolphe. Il avait perdu la main droite, et avait été blessé mortellement au bas- ventre par le fer cl une lance (blessure attribuée à tort à Godefroi de Bouillon) ". Le [151] Saxon Bruno raconte que Rodolphe, ayant appris, avant (le mourir, la victoire des siens, s'écria :« Maintenant, que je vive ou que je meure, j'accepterai avec joie la volonté de Dieu. » Les adversaires prétendent au contraire, qu'ayant vu sa main droite coupée, il dit : « C'est la main avec laquelle j'avais juré fidélité à mon maître le roi Henri. Je laisse le royaume et la vie ; voyez, vous dont j'ai suivi les désirs, si vous m'avez indiqué le droit chemin^. » D'après Bruno, Rodolphe mourut le jour même
1. Vila Ileinrici, dans Mon. Germ. hi.st., Script., t. xii, p. 274 : Annales Lanbienses, iv, 21 ; Anselme de Lucques, dans Mon. Germ. hisL, Scripl., l. xii, p. 18; Boiiitho, dans Motniin. Gregor., p. 677 ; W. Martens, Gregor VU, t. i, p. 221 sq. Sur le- lieu de la bataille, cf. Meyer von Khonau, dans Forsclnmgen zur deidschen Gesdiichte, 1882, p. 215 sq.; sur les chances diverses et les man'EUvres de celte journée, Bruno, De bello Scuonico, c. cxxi, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v; Giesebrecht, Geschichte der deutschen Kaiserzeit, t. m, p. 1145. (H. L.)
2. Albéric des Trois-Fontaines est seul à donner ce détail que rien n'appuie. I.a présence de Godefroid de Bouillon, à cette journée n'est pas prouvée ; le fait que Rodolphe ait été tué par Godefroid paraît tout juste assez historique pour faire figure dans une légende, cf. Sybel, Geschichte des crstcn Kreuzzugs, p. 218 ; Gerbert, De Rudolf o Suevico, p. 74.
3. Ekkehard, Chronica, dans Mon. Germ. hisl., Script. y t. vi, p. 204, cf. t. v, p. 381.
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de la Ijalaille et fut enseveli solennellement dans la cathédrale de Merseboiirg ^. Bien des <i;ens, on le comprend sans peine, virent dans la mort de Rodolphe »in jugement de Dieu, d'autant (ju'elle contredisait la prétendue prophétie de Grégoire VII. L'armée d'Henri avait tant souffert que si elle put encore ravager la Souabe, elle n'était pas de force à continuer la guerre contre les Saxons. La paix fut proposée, à la condition que si les Saxons voulaient absolument avoir un roi. ils choisissent le lils d'Henri. QuanI au roi, il jurait de ne ])lus mettre le pied sur leur territoire. Otton de Nordheim répondit : « D'un nuiuvais bœuf il ne peut naître ({ue de mauvais veaux : je ne veux pas plus du lils que du père "^. »
I^es Saxons étaient bien armés; aussi Henri IV jugea-t-il prudent de quitter l'Allemagne pour l'Italie, où il travaillerait à remplacer Grégoire par Guibert, ce qui avancerait ses affaires en Allemagne. Il comptait sur l'Italie, car Grégoire y était vivement blâmé, par un grand nombre de personnes, du nouvel anathème jeté sur Henri, et on se familiarisait avec l'idée de l'avènement d'un antipape. Les ambassadeurs d'Henri avaient tout employé» au retour du synode du carême de 1080, pour armer leurs partisans en Tuscie et en Lombardie et pour amoindrir l'influence de Mathilde. Aussi Grégoire jugea-t-il ((ue le moment était venu de gagner les Normands à sa cause, en sacrifiant ne fût-ce que quelques possessions de l'Eglise Romaine ; quatre jours après l'élection de Guibert, le 29 juin, il conclut ])ar l'entremise de Didier, abbé [1521 du Mont-Cassin, \\n traité avec le duc Robert Guiscard à Ceprano dans le [jatium ^. Le duc prèla un serment analogue à celui qu'avait reçu, en 1059, le pape Nicolas II ^. En retour, Grégoire lui donna en ffef toutes les possessions concédées par ses prédécesseurs, et y ajouta Salerne, Amalfi, une partie de la Marche de Fermo, quoique ces contrées eussent été injustement acquises, dans l'espoir que désormais le duc aurait à cœur l'honneur de Dieu et celui de l'Eglise, ainsi que l'exigeait le salut de son
1. Le cénotaphe est cojiservé, cl. l'uUrich, DciiUmale der Baukunsl des Mitlelalters in Sachseii, t. i, part. 2, p. 19, pi. 8 ; Mittheilungen des thûrlngisch-sàchsischcn Vereins, t. i, part. 2, p. 22.