‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 186 sur 505 · Mansi, Conc. ampliss. coll., l. xx, col · texte numérisé non relu

Mansi, Conc. ampliss. coll., l. xx, col

2. D'Achery, Spicilegiuni , 1. ii, i>. (iO:! ; Lablji', Concilia, t. x, col. ''iOG-'i09 Ilardouin, Conc. coll., t. vi, col. 1617 ; Coleli, Concilia, t. xii, col. 682 ; Mansi Conc. ant])liss. coll., t. xx, col. 610. (H. L.).

3. Dugdale, Monaslicon Anglicaniim, 1611, I. ii, p. 383-386 ; Wilkins, Conc. Britann., 1737, (. i, p. 368; Mansi, Concilia, v^ujtpK-m., t. ii, col. 67 ; Conc. anipliss. coll., 1. XX, col. 603. (11. L.)

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Qu'on le Iciii' pioinàl el ils y consentiraient. Les députés d'Henri rejetèrent (.tMle proposition et demandèrent une suspension d'armes jus([u'à la mi-juiu. Ol ton de Nordheim répondit :« Vous nous tenez donc pour des sots et vous croyez que votre calcul nous échappe. Vous réclamez le droit de maltraiter le pape à loisir, et promettez au corps de le laisser en repos jus([u'à ce ([ue la tète soit coui)ée. Il nous faut ou la paix pour tous, y comri60l P^'^^ ^^ P'^pc, ou pas de paix du tout. Je vous prédis du reste que, si vous allez en Italie, vous trouverez à votre retour que vos possessions auront été mal gardées. Nous ne vous cacherons pas non plus que nous voulons élire un nouveau roi. » Sur de telles assurances, on se borna à décider une paix de sept jours i. Pour échapper au ridicule, Henri partit pour l'Italie, afin d'exécuter les décisions il a conciliabule de Brixen et d'introniser l'antijjapc. Vers la lin de mars 1081 -, il traversa les Alpes, avec une armée assez inférieure à celle qu'il eût souhaité conduire, car une partie de ses troupes dut rester en Allemagne sous la conduite de son gendre Frédéric de Hohenstaufen, pour surveiller les Saxons. Il n'en vainquit pas moins tous ses adversaires de la Haute-Italie, à l'exception de Mathilde;il rallia à sa cause plusieurs vassaux qui avaient trahi cette princesse, et, après avoir célébré les fêtes d<' Pâques à Vérone (4 avril), il se rendit à Milan où, vraisemblablement, il se fit couronner roi de Lombardie. Dans cette lutte où son existence même était en jeu, Grégoire VII se montra héroHjue ; au fort du péril comme en des temps meilleurs, il donna son attention aux moindres besoins des Eglises, des monastères, des individus et n'abandonna pas d'une ligne ses principes. Il persista, avec une dignité et une force vraiment apostoliques, à exhorter et à punir les grands et les puissants de la terre, chaque fois que la cause de Dieu ou le devoir de sa charge l'exigeaient. Vers la fin de 1080, il déposait à tout jamais Manassès I^^", archevêque de Reims, soutenu par le roi de France, pour avoir méprisé le délai de comparution et s'être maintenu par la force en possession de son siège. En même temps, le pape engageait

1. Bruno, dans Mon. Genn. ItisL, Saipt., t. v, p. 382; Giesebrecht, Kaiser geschichle, t. m, p. 523 ; Floto, op. cil., t. ii, p, 232, 235.

2. Henri était certainement à Ratisbonne, le 18 mars 1081, cf. Giesebrecht, op. cil., t. m, p. II.")7 ; E. Kilian, Itiiierar Kaiser Ilcinriclis fV, p. 80, n. 1. (II. L.)

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le roi (If France à se délaclior de Maiiassès cl à no ])as mettre obstacle à rélechoii d un sueeesseur. 11 consentait à pardonner an roi ses lautes de jennessc, s'il se montrait désormais ami de la jtislicc. miséricordieux, protecteur des Eglises et patron des veuves et des orphelins. Toute la lettre est rédigée sur un ton élevé, sans rien qui trahisse un homme préoccupé de se procurer du secours par (juelque condescendance. Au contraire, Grégoire renouvelle ses prétentions à la levée du denier de Saint-Pierre en France ^.

Avec la même intransigeance, le i)ape menaça le puissant Lanfranc, ])rimat d'Angleterre, de le suspendre, s'il ne venait bientôt ad liniina Apostolorum, remplir son devoir épiscopal. Il interdit à l'archevêque de Rouen plusieurs fonctions eeclésiaslicjues parce qu'il n'avait pas sollicité le pallium '^. Au roi de Castille, Grégoire s'avoue pécheur, mais il fait observer que la malice de ses ennemis, bien plus que ses fautes, cause la haine injuste dont ils le poursuivent. Il loue le roi d'avoir introduit dans son royaume le rite romain à la place du mozarabe qui n'était pas indemne de toute erreur. En revanche, il le blâme de favoriser les Juifs et rejette l'élection de l'archevêqvie de Tolède, lecjuel n'a pas la capacité nécessaire. Le roi doit, dit le pape, pour des choix de cette sorte, ne pas avoir égard à la naissance ou à la patrie, car l'Eglise romaine s'est toujours bien trouvée d'agir de cette manière ; elle estime que la vertu et les capacités valent mieux que les ancêtres et l'origine ^.

liOrsc[u'on apprit l'arrivée d'Henri IV en Italie, on conjura le pape de se réconcilier avec lui, car toute l'Italie allait se déclarer })Our Henri, à ([ui nul ne sérail en clal de résister. Mais Grégoire, toujours inébranlable, tint au Eatraii, dans les derniers jours de février 1081, uji concile ^, dans lc(iuel il renouvela

1. Rct(islrinii . I. \'1II. n. 21) : Mon. (irei^or., p. 'i.M ; Tieg. pouf, roni., n. 5196.

(II. i..k"

•2. Iiegi!iln(m, I. \llt, n. 2'i (=XI,1); M<'ii. (.irgor., p. WJ-.Bcg. iiuiil.roni., n. 520'i. (H. L.).

3. Begislniii), 1. \ lit, n. 25 {— IX, 2); Mon. Giegor., p. 470; Reg. pont, roin., 11. 5206. (H. L.)

4. Coll. regia, t. xxvi, col. 600 ; Lal)be, Concilia, i. x, col. 3î)8; Hardouin, Conc. coll., t. VI, col. 1607; Coleti, Concilia, l. xii, col. 667; Mansi, Conc. ampliss, coll., t. XX, col. 578; Reg. pont, rom., X. i, p. 638 ; O. Delarc, op. cit., t. ni, p. 546- 5i7.^(H. L.)

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rexcoininuiiiiatlou idiilic I ieiui cl ses i)arlisans, confuniia celle qu'avaient fulminée ses légats contre les archevêques d'Arles et (le Narbonne, anathématisa deux dynasties de tyrans de la Campanie, et suspendit (jueUiues évoques qui, bien ({ue convoqués, ne s'était pas rendus au synode.

Dès avant la célél)ration de ce concile, Grégoire fit demander, par Didier du Mont-Cassin, des secours à Robert Guiscard ^ ; [162| il le priait d'amener lui-même des troupes, ou de les confier à son (ils ; Grégoire désirait aussi savoir de combien de troupes il pourrait disposer -. Pendant le carême les Normands font trêve et le duc, ajoutait le pape, pourrait se rencontrer avec lui ou avec ses légats, afin de forcer quelques reljelles à faire leur soumission à l'Eglise romaine, mais, avant tout, il devait adresser des reproches à son neveu, Robert de Loritello, qui, en dépit des promesses faites, continuait à usurper les possessions du patrimoine, et l'inviter à se tenir tranquille. Les dernières nouvelles d'Allemagne n'étaient pas favorables à Henri, et le duc avait déjà probablement appris l'échec de la conférence de Kaufungen ^.

Quelque temps après, Grégoire écrivit à deux prélats allemands qui lui étaient particulièrement dévoués : Altmann; évêque de

1. En décembre 1080, Guiscard était, à Melli, où il reçut la lettre du pape. Regii neap. arch. monumenta, t. v, p. 430; Registrum, 1. VIII, n. 7; Mon. Gregor., p. 436 ; Reg. pont, rom., n. 5179. Dans les premiers mois de 1081, Guiscard répondit à la demande de Grégoire VII et fit une brève apparition du côté de Tivoli. Il dut laisser au pape quelques troupes que celui-ci lui avait demandées. Annal. Benevent., ad ann. 1080; cf. F. Ilirsch, Desiderius von Monte Cassino als Papst Victor III, dans Forschungen zur deutschen Geschichte, 1867, t. vu, p. 77, n. 1. (H. L.)

2. Le inoment était mal choisi. La chute de Michel VII, empereur de Byzance, (mars 1078) avait fourni à Robert Guiscard un prétexte pour intervenir dans les affaires d'Orient, cf. F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, t. i, p. 265. Avi printemps de 1081, Guiscard était tout entier à son cntre})rise d'expédition cl l'apjjcl du paj)e noifrait rien d'assez séduisant pour l'en (lélouiner, Registrum, I. \lll, ii. 3'i (al., ix, 11); Mon. Gregor., p. 485 ; Reg. pont, rom., n. 5218 ; Guillaume dv INiuilic, Gesta Roberli \\ iscardi, dans Mon. Germ. hist., Script., l. ix. (H. L.)

3. Le pape parut un instant redouter cjue le duc de Pouillc n'en vint à traiter avec Henri. Ce dernier avait envoyé à Robert, dans les premiers mois de 1081, une ambassade lui demander la main d'une de ses filles pour son liis Conrad. Guiscard refusa et fit connaître au pape celte demande en même temps fju'il exprimait son regret de ne pouvoir détacher de l'expédition un contingent destiné au service pontifical. (H. Jj.)

coxc, I Li:s - v — in

Passau, et Guillaume, abbé d'Hirsau ^ Il les remercie de leurs communications sur l'état des affaires en Allemagne, ne leur cache pas qu'on lui a conseillé de tous côtés de se réconcilier avec Henri, mais qu'il ne craint rien de son expédition et inéi)rise son orgueil. En revanche, il souhaite voir l'Allemagne venir au secours de Mathilde et au jeune duc Welf de remplir sa promesse et de se dévouer à la cause de saint Pierre ; Altmann s'emploiera à lui trouver des imitateurs; on pourrait espérer moins d'enthousiasme des Italiens pour Henri que pour saint Pierre. Que les Allemands ne se pressent pas d'élire un nouveau roi, de peur de faire vm mauvais choix ; en toute hypothèse l'élu aura à prêter ce serment "^ : « Dès ce moment, je jiromets d'être fidèle à l'apôtre Pierre et à son vicaire, le pa]>c actuel, et de me conformer exactement à ce qu'il me prescrira, per verain obedientiaiit, comme il convient à un chrétien. En ce qui concerne la collation des églises, et pour tous les biens de l'Église romaine qui sont maintenant en ma possession, ou y viendront, je promets de m'entendre avec le pape. Je rendrai, avec le secours de Dieu, l'honneur dû à saint Pierre, et je le soutiendrai ainsi que je le dois, et dès ma première entrevue avec le pape, je promettrai par serment à saint Pierre et au ])ape de lui consacrer mes services {per ntanus inecis miles S. Pelri et illiiis efficiar). » A ce serment, l'évoque Altmann pourra, s'il le juge nécessaire, apporter quelque changement. Néanmoins, [1631 il devra maintenir ce qui a trait à la fidélité et à l'obéissance (surtout le miles efficiar, qui signiliait « prêter serment de lidélité»). Le pape termine en communiquant à l'évêque les décisions du dernier synode romain ^.

Par une seconde lettre ^, le pape nomma Altmann son vicaire pour l'Allemagne et le chargea de recevoir avec bienveillance, en prenant conseil de l'archevêque de Salzbourg, les prélats qui, comme l'évêque Benno d'Osnabrûck, consentaient à se séparer de la cause d'Henri. Il l'invita également à terminer

1. Hegi.slniin . I. VIll, ii. 'IG (al. ix, 3); Mon. (Jiegur., p. 'i73 ; Reg. pont.vom., n. 5206; A. Di'larc, op. cil., t. in, p. 548-551. (H. L.)

2. Cette formule de serment se trouve dans Deusdedit, Coll. canonum, IV, c. IGl, édit. Martinucci, p. 502. (H. L.)

:',. Girorer, Gregor VII, l. vu, p. 799. ■

4. Regisfntm, 1. VllT, ii. :)3 (al. IX, 10) ; Mon. Cregor., p. 484 ; Reg. pont, roin., 11. 5217.

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