HENRI VA EN ITALIE
bienveillant, lui avaient fermé les portes de la ville \ car peu auparavant le ])ape était j)arvenu à les regagner à sa cause, et, sur son conseil, ils restèrent derrière leurs murailles, sans essayer, comme dix-ucul' ans plus lût, contre Cadaloiis, des sorties contre renncnii. Au rajtport de Benzo, Grégoire triomphait parce que la prophétie d'Henri, disant (ju'il se ferait sacrer le jour de la Pentecôte 1081, allait se trouver fausse'^. Le sacre paraissait impossible faute d'église. Mais Benzo tourna la difTiculté : Puisque, dit-il, une inesse solennelle peut se célébrer sous la tente, à plus forte raison un couronnement, cette cérémonie étant moins importante que la messe. Son avis trouva de l'écho, et Tedald. archevêque de Milan, découvrit ({ue le Saint-Esprit avait inspiré à Benzo cette pensée ; aussi Guibert lit-il au jour marqué le couronnement en la forme habituelle et avec toute la pompe possible ^,
Henri, persuadé que les Romains s'empresseraient de lui ouvrir leurs portes, n'avait pas apporté de machines de siège ; aussi dut-il se retirer dès le mois de juin 1081, après avoir ravagé les environs de Rome ; il regagna la Toscane et la Lombardie. Sa tentative pour s'emparer alors de Florence échoua, mais en revanche il enleva Luccjues et Pise, à la marquise Mathilde *. et conclut avec Alexis, empereur de Constantinople,
nis, prœcepit figi casira in pvato Xefoiiis ; Bonitho, Liber ad amicuin, I. IX, dans Mon. Gregor., p. 677, dit qu'Henri IV, ducens secum hestinm (Guibert l'antipape, c'est le ton de la polémique), établit son camp in prato Neronis, la veille de la Pentecôte. Meyer von Khonau, Jahrbiicher, t. m, p. 345, sq. (H. L.)
1. Voir la proclamation d'Henri IV aux Romains, dans Jaffé, Biblioiheca rerum germanicarum, t. v, Monumenta Bambergensia, p. 138, sq., n. 66 du Codex Udalrici, Cf. Watterich, Pontifie, romanor. vilw, t. i, p. 4/i7, note 4. (H.L.)