‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 191 sur 505 · HENRI ASSIÈGE ROME ET s'eN EMPARE · texte numérisé non relu

HENRI ASSIÈGE ROME ET s'eN EMPARE

tout occupé de sa lutte contre les Byzantins, laissa s'écouler trois années entières avant de porter secours au jiape dans sa grande détresse ^.

[166] 596. Henri assiège Rome et s'en empare. Grégoire à Salerne.

Pendant le séjour d'Henri dans la Haute-Italie (été 1081), ses adversaires de la Germanie avaient élu, dans les premiers jours d'août, un nouveau roi, le comte Hermann de Luxembourg-, qui battit le 11 août à Hochstâdt sur le Danube, les partisans d'Henri'-. Il traversa ensuite la Souabe en vainqueur et après avoir oragné à sa cause Otton de Nordheim. qui tout d'abord avait

une lettre du pape qui lui rappelait qu'il devait ses succès à l'Église et réclamait son secours contre Henri. La lettre qu'il envoya n'était pas scellée de sa bulle, car il craignait, explique-t-il, que si la lettre tombait aux mains de ses ennemis, ceux-ci n'abusassent de son sceau. Registrum, 1. VIII, n. 40 (al. IX, 17) ; Mon. (iregor., p. 491 ; Reg. pont, rom., n. 5225 ; Giesebrecht, Gesch. d. deutsch. Kaiserz., 1. III, p. 1159 : Geoffroy Malaterra, Hjs/oria 6'icuZe, 1. III, c. xxxiii: dans Muratori, Rer. italicar. script., t. v, p. 506 ; Suger, ^'ita Ludovici régis, édit. Molinier, 1887, p. 28. Il semble bien que Grégoire VII ait offert à Guiscard la couronne impériale, mais nous ne savons à cet égard rien de précis, Guillaume de Fouille, Gesfa Roberli Wiscnrdi, 1. IV, 31-32, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. ix, p. 280. Robert se vit donc arrêté au moment même oîi il croyait tenir le triomphe. Il partit, laissant le commandement de l'expédition à Bohémond, Guillaume de Fouille, op. cit., IV, 524, ibid. p. 289. Ce départ nous reporte à avril-mai 1082, cf. F. Chalandon. Essai sur le règne d'Alexis I^^ Comnène, 1900, p. 84 : « Ainsi les habiles néïociations des basiliens obligeaient le duc de la Fouille triomphant à abandonner le profit de sa victoire. Henri IV ne devait pas réaliser complètement les espérances qu'Alexis avait fondées sur lui ; mais son apparition devant Rome délivrait l'empire de son redoutable ennemi, et la révolte italienne devait durer assez longtemps pour retenir celui-ci en Italie ». Cf. A. Di Meo, Annali criticodiplomatici del régna di Xapoli délia mezzanaetà, etc., in-4, Napoli, 1795, t. viii, p. 288. Dès qu'il eut touché l'Italie, à Otrante, Robert courut à Rome, mais Henri IV était déjà parti pour la Lombardie. Le péril dune jonction avec les rebelles de la Fouille se trouvait écarté. (H. L.)

1. Guiscard avait assez à faire dans ses états pour l'instant; cf. F. Chalandon, Hi.it. de la domination normande en Italie et en Sicile, t. i, p. 274. (H. L.)

2. Bernold, Chronicon, ad ann. 1081, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 437; Bruno, De bello Saxonico, cxxx, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. v, p. 384 ; Marianus Scotus, Chronicon, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 562; Annales August., ad ann. 1081, dans Mon. Germ. hist., Script., t. m. p. 130. (H. L.)

hésité à le reconnaître, il se rendit en Saxe, fut sacré à Goslar, le 26 décembre, par Siegfried, archevêque de Mayence, et reconnu ])ar les Saxons. Le parti d'Henri était alors en minorité et aurait élé vaincu, si llcrmann de Luxembourg avait été plus capable et eûl su gagner l'estime de son propre parti. Ce parti prétendait « combat Iro pour la cause de l'Eglise, » mais c'était là vme vaine parole, car les cœurs étaient remplis d'égoïsme, et pour ce motif ne se désistaient ])as de leurs querelles privées.

Au milieu de l'hiver, Henri, accompagné de l'antipape, s'était porté en Romagne d'où il s'avança sur Rome, ravageant tout sur son passage^; il arriva devant la ville au commencemenl du carême de 1082 ^. Il adressa au clergé et au peu])le une nouvelle proclamation ^, qui, comme la première, demeura sans elfet. Il trouva de nouveau les portes fermées et dut entamer un siège régulier. Mais les Romains opposèrent une résistance inattendue. C'est en vain qu'il mit le feu à l'église Saint-Pierre ^, pour profiter du trouble, lorsque les Romains seraient occupés à l'éteindre et s'emparer de la ville ; mais Grégoire retint les soldats sur les remparts et éteignit l'incendie, d'après la tradition, en faisant le signe de la croix ^, Henri fit alors prisonniers Bonitho, évêque de Sutri et biographe de Grégoire, Odon, cardinal-évêque d'Ostie (le futur Urbain II), envoyé auprès de lui en qualité de légat, et plusieurs autres partisans de Grégoire. Vers Pâques (24 avril), le roi s'éloigna de nouveau avec une grande partie de son armée et rançonna tout le pays voisin, tandis que [1671 l'antipape Guibert demeurait à Tivoli avec une petite armée pour surveiller Rome ^, Les négociations d'Henri avec les Nor-

1. Le t7 mars, il se trouvait à l'abbaye de Farfa ; il donna aux moines le château de Fara qui était tout proche, et dont il avait chassé un des partisans de Grégoire, le puissantRusticus: « Quo facto Romnm perrexit,-» Chronicon Farfense, dans Mon. Germ. ItisL, Scripl., t. xi, p. 561; Bonitho, dans Mon.Gregov., p. G78; Bernold, dans Mon. Gcrm. hist., t. v, p. 437, [Sur l'itinéraire et le passage de la Néra, cf. E. Kilian, Ilincrar Kaiser Heinrichs IV, p. 90. (II. L.)]

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