‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 199 sur 505 · UEXRI ASSIÈGE ROME ET s'eN EMPARE · texte numérisé non relu

UEXRI ASSIÈGE ROME ET s'eN EMPARE

s'éloigner de Rome, à cause de la haine ({ue soulevait contre lui l'incendie de la ville ^ : il alla d'abord au Mont-Cassin ". où l'abbé Didier mit à sa disposition les riches revenus du monastère ; de là il se rendit [à Bénévent ^], ensuite à Salerne *, où, vers la

évaluer au moins à 30.000 hommes ; Guido de Fcrrare, dans Mon. Genn. hisl., Libelli (le lite, t. i, p. 5'i9. Henri IV n'attendit point le duc de Fouille ; il avait quitté la ville depuis trois jours, quand, le 24 mai, l'armée normande vint camper sous les murs de Rome, devant la porte Saint-Jean, près de l'Aqua Marcia. Guido, op. cil., p. 5-i9; Malaterra, m, 37; Liber pontificalis, édit. Duchesne, l. II, p. 290 ; Berthold de Constance paraît indiquer qu'Henri IV fut battu par Guiscard, Acta sanct., mai, t. vi, p. l'i? ; peut-être une ailairc d'arrière-garde. Les Normands demeurèrent trois jours sans attaquer. La garnison impériale se concentra dans la région du Latran. Tandis que toute l'attention des Allemands était portée de ce côté, Guiscard, sans doute pendant la nuit, tourna la ville et amena ses troupes devant la porte Flaminienne ; en même temps, un corps de cavaliers, aidé par quelques Romains, pénétrait par la porte San Lorenzo et, traversant la ville sans rencontrer de résistance, venait ouvrira l'armée la porte Flaminienne. Au bruit de Fentrée des Normands dans Rome, la garnison allemande se porta du Latran vers les quartiers envahis, tandis que les Romains du parti de l'empereur prenaient les armes. Une bataille terrible s'engagea dans la région du Champ-de-Mars et dans la Via Lata. Les Normands voulaient gagner le château Saint-Ange et, pour empêcher les habitants de leur disputer le passage, ils incendièrent tous les quartiers qu'ils traversèrent. Guido, op. cit., p. 549, Liber pontificalis, t. ii, p. 290. Les Romains ne purent rien et Robert détruisit et réduisit à néant tout le quartier où se trouvent les églises San Silvestro et San Lorenzo in Lucina. Guiscard ayant réussi à atteindre le château Saint-Ange, délivra Grégoire VII qu'il remit en possession des basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Jean. A travers les ruines encore fumantes, le pape, au milieu des escadrons normands, fut conduit au Latran. Ce premier sac de P«.ome devait avoir un lendemain. Guiscard avait établi ses troupes dans les environs du Latran ; il est probable que le pillage de la ville durait toujours quand les Romains se soulevèrent et blessèrent un soldat normand. La lutte reprit alors partout ; on se battit particulièrement du côté du Colisée et du Latran. Guiscard, surpris, ne dut son salut qu'à l'arrivée des cavaliers de Roger ; la ville fut mise à feu et à sang, tous les quartiers avoisinant le Latran et le Colisée furent incendiés. » F. Chalandon, op. cit., t. i, p. 278. (H. L.)

1. D'après Guido de Ferrare, les Romains étaient exaspérés contre Grégoire à cause de la dévastation de leur ville par Robert Guiscard. Mon. Gerni. hist., Script., t. XII, p. IGG; [Hildebcrt de Tours, dans Gregorovius, Storia dclla città di Rorna nel medio evo, Roma, 1900, t. ii, p. 349. P. L., t. clxxi, col. 1409 ; O. Delarc, op. cit., t. m, p. 611-612. (H. L.)]

2. Pierre Diacre, Chronicon Cassin., dans Mon. Gerni. hist., Script., t. vu, p. 741. (H. L.)

3. Annales Bene^'cntani, ad ann. 108'i, dans Mon. Germ. Iiist., Script., t. m, p. 182. (H. L.)

4. Une bulle est datée de Salerne, le 11 décembre P. L., t. cxlvih, col. 710,

LivKE xxxr

fin de l'année 1084. il renouvela dans un synode l'excommunication contre Henri et contre GuiberL ^ Pour promulguer cette sentence, il envoya en France le prince Gisolfe de Salerne, et Pierre, évêque d'Albano ^, en Allemagne, le cardinal-cvêque d'Ostie. A eux tous il remit une lettre adressée à tous les fidèles, la dernière que nous possédions de lui ^: « Les paroles du psalniiste : Quare fremuerunt gentes ^, dit -il, viennent de trouver leur accom[)lissement. Les princes des peuples et les prêtres se sont réunis contre le Christ et contre son apôtre Pierre pour anéantir la religion. Mais, par une expresse permission de Dieu, ils n'ont pu, ni ])ar leurs cruautés, ni par leurs promesses, induire en erreur ceux (|iii avaient mis leur confiance en Dieu. S'ils ont levé la main coulrc nous, c'est uniquement parce que nous n'avons pu garder le silence à la vue des dangers de l'Eglise, ni voulu laisser enchaîner la fiancée de Dieu. Partout, la plus pauvre femme a le droit de choisir elle-même son fiancé ; l'Eglise de Dieu, au contraire, la fiancée du Christ et notre mère, ne peut-elle donc rester sur la terre unie à son fiancé légitime ? Nos légats vous apprendront en détail l'origine de cette triste m 7/] situation ; ils sont restés fidèles à saint Pierre, et aucun mauvais traitement n'a pu les séparer du sein de l'Eglise. Quant à moi, quoique pécheur, je me trouve placé, suivant le mot du luophète, sur une haute montagne, et je n'hésite pas à dire cl à jjroclamer, sans peur ni crainte, (jue la religion chrétienne est devenue, ô douleur ! l'objet du mépris des

mais le pape doit y être venu plus tôt. D'après une indication fournie par Geoffroy Malaterra, on pourrait croire que le pape y vint dès le mois d'août, Historia Siculœ, 1. III, c. xxxix, dans P. L., t. cxlix, col. 1182. (H. L.)

1. Bernold, Chronicon, ad ann. 1084, dans Mon.Germ. hii^t., Script., t. v, p. 441 : Domnus auleni papa collecta sinoâo Salenii iterum sententiam anathematis in (hiihertum lieicsiarchamet Ilcinricum et inrnanes corum fautorcs promulga\'i( ;

quod et infestivitate S. Johannis Baptislx prxterila jnm dudiini Romse fecil,cuin fleinricus adhuc ibi moraretur ; cf. Mon. Gcnn. fiist., Script., t. viii, p. 100, 402, t. XII, p. 165 ; Bonitlio, dans Mon. Gregoriaiui, p. 380 ; Gfrôrer, op. cit., t. vn, p. 947 ; Walterich, op. cit., t. i, p. 307 ; O. Delai"C, op. cit., t. m. p. 615 sq. (H. L.)

2. Giesebrecht, op. cit., t. m, p. 1165; Registrum, I. VIII, n. 23; Mon.Gregor., p. 468. La lettre du pape écrite à l'occasion de cette légation.

3. Regest. pont, rom., n. 5273 ; liibliothcqite de V Ecole des chartes, 1865, t. vi, p. 560 ; Anal, jnris pontifirii, t. x, p. 418. (H. L.)

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