HENRI ASSIÈGE ROME ET s'eN EMPARE
[1721 Clémcnl m (Ciuiboil), déclaré pape légilimc, se lit sacrer au Latran ^ Les cardinaux-cvcques, auxquels revenait le droit de faire cette ordination, furent remplacés par les évoques excommuniés de Bologne, de Modène et de Cervia ^. La première cérémonie solennelle présidée par l'anlipape eut lieu le jour de Pâques, 31 mars, à Saint-Pierre, où Guibert plaça la couronne impériale sur la Icte d'Henri et de sa femme. Henri continua le siège du château Saint-Ange, jusqu'à l'approche de Robert Guiscard (mai), avec une armée ^. Henri se hâta de quitter Rome
t. Benzo, Ad Ileinricuin l\ , I. VI, c. 6; I. VII, prolog., dans Mon. demi. Itisl., Script., t. XI, p. 669 ; Henri IV dans une lettre à Diétrich de Verdun, Mon. Germ. liisl., Script., 1. vni, p. 185, lui dit à propos de ce conciliabule : qurni Ilildcbranduin leg(di omnium (!) cardinalium ac tolius populi romani acius abjectum et eleclum papam nostrum Clementem in sede apostolica sublimatum omnium romanurutn acclamatione. Cf. Mcyer von Khonau, Jahrbiicher des deutschen Reiches unler Heinrich IV uud Heinrich V, t. m, p. 528 sq. ; Sigebert de Gembloux, Cltronicon, dans Mon. Germ. Iiisl., Script., t. vi, p. 364 ; Bonitho, Liber ad Amicum, 1. IX, dans .l/o/(. Germ. Iiist., Scripl., t. v, p. 679 ; [Guibertus) in sede b. Pelri intronizatus est. Quod fantason a seculo non est auditum. Dehinc in Pasclia a lali (rum uxore sua Bertha) benedictionem accepit imperialem ; sicque civitateni intravit, ducens secum triformem Chimeram et ad Lateranense usque pervenil palatium, cf. Meyer von Khonau, op. cit., l. m, j). 534 ; Giesebrecht, op. cit., 1. III, p. 557 sq. (H. L.)
2. C'est ce que dit Bonitho, dans Mon. Gregoriana, p. 679; Gebhard de Salzl)ourg dans sa lettre à Herniann de Metz, Monum. Bamb., p. 141, dit que les consécrateurs de Guibert furent les évêques de Modène et d'Arezzo; Bernold, Chronicon, ad ann. 1084, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 440: Mutinensis et Arifinus cum reliquis fuereticis Ravennatem illum non in Romanum patriarcham, quod nnllu modo potueninl, scd in damnatissimuin liieresiarcliam promo^'crunt ; ut quanlo altius inler ipsos emineret, tanto majoris damnationis pri^'ilegium possideret. Sur ces événements, cf. O. Kôhncke, ^yibert von Ravenna, p. 52 sq. (H. L.)
3. Pierre de Pise, dans Watterich, op. cit., t. i, p. 306-307. Grégoire VII tenait toujours dans le château Saint-Ange et ses partisans occupaient encore le Palatin et le Capitole. Hugues de Flavigny, dans Mon. Germ. Iiist., Scrijit., I. VIII, p. 482 ; Donizo, ]'ita Mathihlis, ii, 22''i, dans Mon. Germ. Iiisl., Script., I. xu, ]). 384 ; Landulf, llist. mcdiulanensis, dans Mon. Germ. Iiist., Script., l. vm, p. 100. Le pape, voyant l'imminence du danger, envoya à Guiscard Jarcnthon abbé de Saint - Bénigne et quelques cardinaux pour lui demander prompte assistance, Stump Brentano, Die Reichskanzler des x, xi und xir Jahrhunderl, n. 2865. Pendant ce temps Henri IV réussissait à occuper le Palatin et le Capitole. Il lui fallut assez longtemps pour terminer ces sièges et il semble qu'il n'ait pas encore été complètement maître de la ville, quand, au début de la seconde quinzaine de mai, il reçut de lablii' du Monl-Cassin raiiiionce de l'arriNcc prochaine dcGuiscardà
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avec l'antipape, aiïirmant qu'il no larderait pas à revenir. Il comprit ((n'il n'était pas en mesure de lutter contre Robert ; et il re<)aona la Toscane et la Lombardie, ])our y guerroyer contre Mathilde ; mais cette entreprise ne lui réussit pas. Sachant sa présence nécessaire en Allemagne, il donna les instructions nécessaires pour continuer la guerre en Italie, et au mois d'août 1084, repassa les Alpes pour rétablir son autorité en Souabe et en Bavière ^. En route, il écrivit à son fidèle Diétrich, évoque de Verdun '. Après lui avoir prodigué les louanges, il parle de sa glorieuse entrée à Rome, le jour de la fête de saint Benoît (21 mars). Il avait tout espoir de s'em|)arer de la ville, lorsque les Romains lui en ouvrirent les portes et le reçurent avec des cris de joie. C'était un miracle, et Dieu lui avait donné do faire plus avec dix hommes que ses prédécesseurs avec dix mille. Rome entière était entre ses mains, sauf le bourg de Cencius (c'està-dire du ( liàloau Saint-Ange ^), où llihlebrand était enfermé. Celui-ci avait été déposé par le jugement de tous les cardinaux et de tout le peuple, et Clément élu à sa place. Clément avait sacré Henri le jour de Pâques. Henri parle ensuite de son départ de Rome comme s'il avait été absolument volontaire, et demande à l'évé- r|73] que de venir le trouver à Augsbourg le jour de la fête des saints Pierre et Paul.
Robert Guiscard arriva devant Rome quelques jours après le départ d'Henri. Les Romains faisant mine de résister, il s'empara de force de la ville ({u'il pilla et brûla, et ses soldats se livrèrent aux plus épouvantables brutalités, déshonorant les femmes, les filles, les religieuses, brûlant les églises. Puis il vendit comme esclaves plusieurs milliers d'habitants et amena ainsi les Romains à se soumettre de nouveau à Grégoire, qu'il conduisit du château Saint-Ange au Latran. Il réduisit de la même façon plusieurs autres villes et châteaux des Etats de l'b^glise ^.Grégoire voulut
la têlc d'une armée foiinidahle. Désireux do ne pas se compromellre, Didier faisait en même temps avcilir Grégoire VII. F. Chalandon, //(.s7. ile la dominulwti normande en Italie et en Sicile, i. i, p. 276-277. (H. L.)