‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 21 sur 505 · Coleti, Concilia, l. xii, col · texte numérisé non relu

Coleti, Concilia, l. xii, col

5. Cîottfried 111 le Bossu, duc de Basse-Lorraine et marquis de Toscane, comte de Verdun, duc do Spolète, enfin marquis d'Anvers, mort peu après, assassiné le 2G février 107() ; il était marié à la comtesse Mathilde et aussi dévoué au roi de Germanie Henri IV que sa femme l'était au Saint-Siège otà Grégoire VIT ;

CO.NCILLS — V — 1

des félicitations reçues de lui au sujet de son élection à la papauté ; il lui avoue l'anxiété avec laquelle il a accepté cette charge, en l'état du clergé; ajoute qu'en de pareilles circonstances, il ne peut ni remplir son devoir comme il le voudrait, ni s'en afl'ranchir complètement {acto deserere), et expose au duc la ligne de conduite qu'il com])te suivre à l'égard du roi Henri ^. « Nul, dit-il, n'est soucieux plus que moi de sa gloire présente et future, à la première occasion je lui enverrai des nonces pour m'entendre amicalement avec lui sur ce qui peut procurer l'avancement de l'Eglise et l'honneur de la dignité royale. S'il nous écoute, nous nous réjouirons de tout ce qui lui arrivera de bon, comme si cela nous était arrivé à nous-même; ... mais si, contre notre attente, il nous rend la haine pour l'amour et méprise le Dieu tout-puissaul au lieu de l'adorer, nous ne nous laisserons pas atteindre par cette menace : maudit soit l'homme qui retient son glaive pour qu'il ne verse [13] pas le sang ^, car nous devons faire passer la loi de Dieu avant la déférence que l'on doit à un homme.»

Gfrôrer ^ croit que Gottfried devait se trouver alors en Allemagne, et non en Italie, parce ([ue le pape ne lui adressa aucune salutation pour Béatrix et pour Mathilde ■*. Mais il ne

cf. Th. Lindiier, dans Allgemeine deiUsche Biographie, 1879, t. ix, p. 470-471 ; A. Wauters, dans Biogr. Belgique, 1886, t. vu, p. 894-898, Giesebrecht, Gescliichte der deutschen Kaiserzeit, t. m, p. 1 ; Pannenborg, Studien ziir Geschichie der Herzogin Mathilde l'on Canossa, Gôttingen, 1872. (H. L.)

1. Bien certainement la lettre de félicitations du duc devait contenir une demande à ce sujet, les paroles suivantes de Grégoire l'indiquent clairement : De rege vero mentem nostram et desiderium plene cognoscerc potes. Jalïé, Monum. Gregor., p. 19, 20 ; Registr., 1. I, 9 ; Delarc, op. cit., t. m, p. 11-12.

2. Jérém., xlviii, 10. Voir plus loin, § 571 ; Mansi, op. cit., t. xx, col. 60 ; Hardouin, op. cit., t. vi, part. 1, col. 1201 ; Jafté, Monum. Gregoviana, p. 18.

Page 1