DE GRÉGOIRE Vil A LA MORT DE VICTOR III
de cardinaux, le préfet de Rome Cencio, le duc Roger et le prince Jourdain de Capoue, firent auprès de lui de telles instances, qu'ils le décidèrent à accepter le pontificat ^ A l'instant éclata une division. Le cardinal-évêque d'Ostie et Hugues de Lyon, signalés tous les deux par Grégoire comme aptes à occuper la chaire de Saint-Pierre, déclarèrent, de concert avec le cardinal Richard, abbé de Saint-Victor de Marseille, et quelques autres, ne pas reconnaître l'élection de Didier, s'il ne se disculpait de [190] certains bruits fâcheux qui couraient sur lui. L'archevêque de Lyon, l'âme de cette opposition, dit, dans sa lettre à la marquise Mathilde, qu'il cherchait à indisposer contre Didier : « A Rome, j'avais reconnu l'élection de Didier, à laquelle je n'avais pas assisté. Mais depuis, j'ai appris de sa bouche, qu'il avait promis son appui au roi Henri pour la couronne impériale, et lui avait conseillé d'attaquer les biens de Saint-Pierre (?). En outre, Didier avait qualifié de beatus le cardinal Atton de Milan, excommumunié parGrégoire et mort impénitent. Didierne se contentait pas de blâmer les ordonnances de Grégoire et des autres Pères, il les transgressait aussi par ses actes.» En présence des attaques de Hugues de Lyon et de ses amis, Didier déclara qu'il ne répondrait pas ni n'accepterait la tiare ; par conséquent qu'il fallait songer à une autre élection. L'abbé du Mont-Cassin s'étant retiré, le moine Guitmund, depuis évêque d'Aversa et adversaire de Bérenger '■^, lui cria : « Un infâme ne peut être pape ; or Didier, excommunié par le pape Grégoire, et resté un an sans faire pénitence ^, est infâme.» Le concile se sépara, mais le cardinal-évêque d'Ostie abandonna bientôt l'opposition et se rallia à Didier dont il devait être le consécrateur. On ignore les motifs qui déterminèrent ce dernier
1. Roger assistait au concile, il ne s'associa pas à l'incartade de Hugues de Lyon, il se borna à demander au pape de désigner Alfan pour l'archevêché de Salerne; le pape refusa, Roger alors s'éloigna. Puis, pendant la nuit, Victor III se ravisa, fit appeler Roger et lui accorda la demande. Fort de son appui, il prit les insignes pontificaux. (H. L.)