‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 222 sur 505 · Voir S · texte numérisé non relu

Voir S

3. Le fait que Guitmund a en vue est ignoré et n'est guère admissible, si on réfléchit à l'amitié qui liait Didier et Grégoire VII. Peut être ce moine trop zélé fait-il allusion à ce que Didier était entré en relations avec le roi Henri excommunié, et avait dû tomber lui-même sous le coup de l'excomm-unication. Cf. plus loin la lettre d'Urbain II à Gebhard de Constance. Du reste toute la lettre contient des attaques si malveillantes et de telles faussetés qu'il est difficile d'admettre qu'elle soit l'œuvre de l'archevêque Hugues de Lyon.

à accepter enfin, après ces cruelles avanies, la dignité jusque-là si obstinément refusée. Il semble avoir cédé aux instances des princes normands, et surtout de Roger, qui fut, depuis ce moment, son ami et son soutien ; de son côté, Victor sacra Alfan archevêque de Salerne (Dimanche des Rameaux, 21 mars 1087) '. Aussitôt après Pâques de 1087, les Romains conduisirent Didier à Rome sous une forte escorte, s'emparèrent à main armée de la basilique de Saint-Pierre, dans laquelle Victor fut consacré le 9 mai 1087^. Huit jours après il rega- [191J gna le Mont-Cassin, probablement chassé de Rome par Guibert. Moins d'un mois après, Mathilde vint avec une armée, fut bien reçue par les Romains, rappela le pape à Rome, le mit en possession d'une notable partie de la ville, en particulier du château Saint-Ange ^, tandis que Guibert se retira à Sancta Maria ad martyres (le Panthéon). Mais peu après, au reçu de nouvelles menaces de l'empereur, les Romains abandonnèrent Victor, lui reprirent toutes ses possessions, y compris le château Saint-Ange, et l'obligèrent à s'éloigner (juillet) ^ ; au mois d'août 1087, il célébra un synode à Bénévent ^. Il y exposa les crimes

1. Pierre Diacre, C7i/-on. Cassin., 1. III, c.lxvi sq., àa.n?, Mon.Germ. hist., Script., t. VII, p. 748 sq. ; Hugues de Lyon dans sa lettre à Mathilde. Hugues de Flavigny, Chron., 1. II, dans Mon. Germ. hist., Script., t. viii, p. 466-468, énonce ces deux griefs des relations entretenues par Didier avec Henri IV et de l'encouragement donne à envahir le territoire pontifical ; A. Hauck, Kirchengeschichle Deulschlands, 4eédit.,t. ni, p. 858, s'empresse là-dessus de classer Didier parmi les partisans politiques d'Henri IV. C'est aller vite en besogne. Eernold, ad ann. 1087, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 446, affirme explicitement que le cardinal Didier approuva la décision prise par Grégoire VII, et Jungmann, Dissertationes, t. iv, dissert. XVII, écrit: JEstu quodam ad invectivas ejusmodi abreptus fuit Hugo, qui ipse Pontificatum dicebatur ambire. Hugues de Lyon prit le bon parti, il se calma et fit sa paix; voir une autre lettre de lui à la comtesse Mathilde dans Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 634-636, cf. Hirsch.Destderius von Monte Cassino als Papst Victor III, dius Forschungen zur deutschen Geschichte, 1867, t. vu, p. 1 sq. ; Lûhe, Hugo von Die und Lyon, Légat vonGallien, in-8, Strassburg, 1898. (H. L.)

Page 1