‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 226 sur 505 · LES CINQ PREMIÈRES ANNEES d'uRBAIN II · texte numérisé non relu

LES CINQ PREMIÈRES ANNEES d'uRBAIN II

pape en Allemagne, déclarant, ({u'il suivrait les traces de Grégoire, dont il partageait les idées ^. En effet, il envisagea la chrétienté

?^ous avons déjà fait remarquor l'étrange destinée de ce qu'on pourrait appeler le« rayonnement» de Grégoire VII. Pendant plusieurs pontificats qui précèdent le sien, sa volonté prévaut et sa décision fait règle; son pontificat continue cette politique en l'accentuant, et après lui, loin d'assister à cette réaction ordinaire qui suit un règne très caractérisé, il se trouve une génération de papes admirateurs et continuateurs quand même de l'œuvre entreprise. Urbain II est un de ces convaincus qui ne mettent pas en question la sagesse et l'opportunité de la réforme inaugurée par Grégoire, mais qui apportent des formes extérieures moins cassantes, moins démocratiques dans l'application quotidienne. Au lieu du fils d'un ouvrier de Soano, on a affaire au fils d'un champenois homme de qualité, et leur origine laisse son empreinte sur toute la vie des deux papes. Ordéric Vital décrit ainsi Urbain II : Hic erat natione Callus, nohililate et mansuetudine clarus, civis Remensis, monachus Cluniacensis , asiate mediocris, corporemagnus,modestia discretus, religione maximus, sapieniia et eloquentia prœcipuus. A. Luchaire le représente : « autoritaire et inflexible, le vrai pape intransigeant de cette période. » Ferme, actif, éloquent, avec quelque chose de cette habileté et de cette connaissance des hommes qui aA^ait manqué à Grégoire VII, Urbain II continua l'œuvre commencée. Dès le lendemain de sa consécration, 13 mars 1088, il écrit aux évêque sallemands en communion avec le Siège apostolique : De me ita crédite sicut de beatissimo Gregorio ; cujus ex toto sequi vestigia cupiens , omnia qitx respuil, respuo, damnavit damno, quœ dilexit prorsus amplector, .Jafïé, Bibl. rer. germ., t. V, p. 503, P. L., t. CLi, col. 283 ; Giesebrecht, op. cit., t. m, p. 1167 ; Schefîer- Boichorst, Die iVt'uorc/. d. Papst'^v., p. 77, n. 3 ; Martène et Durand, Veter. script., t. I, p. 520 ; Watterich, Vitee roman, pontif., t. i, p. 576 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. XX, Lol. 703 ; Fragm. dans Coll. Brit., Urb., epist. ii ; Jafïé, Reg. pont, rom., n. 5348. Il écrivit aussitôt en France, en Espagne, en Angleterre, demandant aux personnages notables, tels que Hugues de Cluny, de venir l'assister de leurs conseils afin de remettre à flot le vaisseau désemparé de l'Église : nave apostolica non solum vetusta vehementerque confracta, immo pêne submersa, Neues Archiv, t. vu, p. 164; Jafïé, Reg. pont, rom., n. 5364. Dom Marlot, Hist^ metrop. Remensis, t. ii, p. 180, a supposé que le pape avait également eu recours aux lumières de Renault du Bellay, archevêque de Reims ; mais, outre que la lettre pontificale n'est ni conservée ni attestée, la phrase d'une charte de 1089 qu'exploite dom Marlot est amphibologique et il y a plutôt lieu de supposer que, si Renault fut mandé à Rome, ce ne fut pas pour y être complimenté. Coll. Britann., Urb. epist. 32. Une lettre à la comtesse Mathilde, attestée par Donizo, est également perdue. Tout de suite après son élection le pape se rendit an Mont- Cassin, ce qu'atteste une bulle apocryphe qui ne laisse pas d'oftrir quelque intérêt, F. Chamard, Les reliques de saint Benoît, in-8, Paris, 1882, p. 178; Neues Archii^, t. IX, p. 482; Jafïé, Reg. pont, rom., n. 5447; L. Paulot, Urbain II, p. 68-69. Au Mont-Cassin, le pape entama quelques relations avec les princes normands et fit quelques excursions dans la Pouille, à Bantino et à Troina en Sicile, cf. F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, t. i, p. 296; Malaterra, op. cit., p. 593-594. (H. L.)

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